{"id":1268,"date":"2023-06-29T15:19:16","date_gmt":"2023-06-29T15:19:16","guid":{"rendered":"https:\/\/m3c.universita.corsica\/lumi\/?p=1268"},"modified":"2025-03-03T23:27:55","modified_gmt":"2025-03-03T23:27:55","slug":"notabilite-littorale-et-revolutions-1729-1815-lexemple-des-giuliani-dalgajola","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/m3c.universita.corsica\/lumi\/notabilite-littorale-et-revolutions-1729-1815-lexemple-des-giuliani-dalgajola\/","title":{"rendered":"Notabilit\u00e9 littorale et r\u00e9volutions (1729-1815)\u00a0: l\u2019exemple des Giuliani d\u2019Algajola."},"content":{"rendered":"\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Un cheminement politique reflet des enjeux du XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-28f84493 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:75%\">\n<p>La pr\u00e9sence des Giuliani, originaires du Cap Corse, est attest\u00e9e \u00e0 Algajola, capitale de la province de Balagne, dans la seconde moiti\u00e9 du XVII<sup>e<\/sup>. Lors du d\u00e9nombrement de 1670, Gio Andrea<a id=\"_ftnref1\" href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>, \u00e0 la diff\u00e9rence des membres des autres familles de notables d\u2019Algajola, ne porte pas de patronyme. L\u2019ascension sociale de cette famille est rapide et confort\u00e9e par le double mariage de deux de ses fils, Francesco et Pietro Maria, avec les filles du n\u00e9gociant Fabrizio Tomasini, au tournant des XVII<sup>e<\/sup> et XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cles. Le premier a deux gar\u00e7ons, le cap. Fabrizio et le <em>dottor<\/em> Giuliano&nbsp;; le second a deux enfants Pietro Paolo et Angelo Mauro. La premi\u00e8re branche para\u00eet plus affirm\u00e9e et est aussi mieux document\u00e9e car le fonds priv\u00e9 utilis\u00e9 provient des descendants de Giuliano. Parmi ces archives, bien fournies, plus de 350 courriers dont une centaine concerne les ann\u00e9es 1790. Cette p\u00e9riode est donc mieux document\u00e9e que celle qui s\u2019\u00e9tend du d\u00e9but de la R\u00e9volution corse \u00e0 1789.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce corpus permet de suivre le parcours d\u2019une famille de la notabilit\u00e9 littorale durant un si\u00e8cle riche en \u00e9v\u00e8nements. Il s\u2019agira d\u2019en pr\u00e9senter les principaux aspects car la documentation ne permet pas toujours de saisir dans le d\u00e9tail l\u2019\u00e9volution du positionnement des Giuliani et le format de la communication d\u2019en expliciter toutes les nuances.<br>Les Giuliani subissent des dommages d\u00e8s les premiers assauts des Naziunali contre la capitale de la province de Balagne. Plusieurs se r\u00e9fugient dans le pr\u00e9side de Calvi avant de revenir \u00e0 Algajola. Durant la R\u00e9volution fran\u00e7aise, Antonio et Giuliano, petits-fils du <em>dottor<\/em> Giuliano Giuliani, prennent part aux luttes politiques. Ils s\u2019opposent aux Arena qui rejoignent le parti jacobin. Leurs prises de position ne sont pas sans risque&nbsp;: Giuliano est arr\u00eat\u00e9 en 1791 et doit quitter la Corse en 1798 pour \u00e9chapper \u00e0 une nouvelle arrestation. Opposants au Premier Empire, ils soutiennent la Restauration.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">1. <strong>Une famille proche des autorit\u00e9s (1729-1789)<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Au XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, les Giuliani ont des relations \u00e9troites avec les autorit\u00e9s g\u00e9noises. Francesco participe \u00e0 l\u2019organisation de la <em>composta<\/em>. Il semble avoir pris la suite de son beau-p\u00e8re Fabrizio Tomasini. Dans un document qui n\u2019est pas dat\u00e9, Fabrizio<a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\">[2]<\/a>, fils de Francesco, est, avec le Calvais Giacomo Maria Brunelli, <em>oratore<\/em> pour pr\u00e9senter les registres des <em>tratte<\/em> et des gabelles devant le <em>Magistrato di Corsica<\/em>. Plusieurs Giuliani ont occup\u00e9 des charges militaires&nbsp;: Pietro Maria (<em>capitano<\/em>), ses fils Pietro Paolo<a href=\"#_ftn3\" id=\"_ftnref3\">[3]<\/a> (<em>capitano<\/em>) et Angelo Mauro<a href=\"#_ftn4\" id=\"_ftnref4\">[4]<\/a> (<em>tenente<\/em>)&nbsp;; Fabrizio<a href=\"#_ftn5\" id=\"_ftnref5\">[5]<\/a>, est <em>capitano<\/em>, tout comme son fils Gio Battista<a href=\"#_ftn6\" id=\"_ftnref6\">[6]<\/a>. Hormis Pietro Maria, ils ont tous pu \u00eatre en activit\u00e9 durant la R\u00e9volution corse.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s le d\u00e9but des \u00e9v\u00e9nements, Algajola est assaillie par les <em>ribelli<\/em><a href=\"#_ftn7\" id=\"_ftnref7\">[7]<\/a> lors de la <em>ribellazione<\/em><a href=\"#_ftn8\" id=\"_ftnref8\">[8]<\/a>, en f\u00e9vrier, mars et septembre 1730, puis au printemps 1731<a href=\"#_ftn9\" id=\"_ftnref9\">[9]<\/a>. Les documents n\u2019indiquent pas avec pr\u00e9cision \u00e0 quelles dates les biens des Giuliani ont \u00e9t\u00e9 endommag\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"203\" src=\"https:\/\/m3c.universita.corsica\/lumi\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/castellani_1-1024x203.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1269\" srcset=\"https:\/\/lumi.univ-corse.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/castellani_1-1024x203.png 1024w, https:\/\/lumi.univ-corse.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/castellani_1-300x59.png 300w, https:\/\/lumi.univ-corse.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/castellani_1-768x152.png 768w, https:\/\/lumi.univ-corse.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/castellani_1.png 1390w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Figure 1&nbsp;: D\u00e9g\u00e2ts subis par les Giuliani (1731) (Fonds Marcelli)<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image alignleft size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/m3c.universita.corsica\/lumi\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/castellani_2.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1270\" width=\"356\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/lumi.univ-corse.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/castellani_2.jpg 711w, https:\/\/lumi.univ-corse.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/castellani_2-300x281.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 356px) 100vw, 356px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Figure 2&nbsp;: La maison des Giuliani \u00e0 Algajola en 1761 (ASG, 2095)<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Un courrier de septembre 1730 mentionne des dommages sur plusieurs de leurs maisons, des magasins des <em>scali<\/em> d\u2019Algajola et de l\u2019Ile Rousse, des \u00e9difices ruraux et des biens fonciers. Ils signalent \u00e9galement la perte de b\u00e9tail et de r\u00e9serves (huile et vin). Dans un autre document de mai 1731, qui pourrait concerner une autre attaque car il est pr\u00e9cis\u00e9 qu\u2019il s\u2019agit du \u00ab&nbsp;dernier assaut&nbsp;\u00bb, de nombreux d\u00e9g\u00e2ts sont \u00e9num\u00e9r\u00e9s&nbsp;: six magasins, une chapelle, quatre maisons (incendi\u00e9es) dont la <em>migliore <\/em>avec des r\u00e9serves et des ustensiles ont \u00e9t\u00e9 endommag\u00e9es&nbsp;; la plupart de leurs animaux de trait et un cheval ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s<a href=\"#_ftn10\" id=\"_ftnref10\">[10]<\/a>. Ils craignent d\u2019\u00eatre priv\u00e9s du produit de leurs oliveraies car ils redoutent que leurs arbres n\u2019aient \u00e9t\u00e9 coup\u00e9s. Le Lieutenant de Balagne pr\u00e9cise qu\u2019il s\u2019agit de \u00ab&nbsp;fedelissimi&nbsp;al loro Principe&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;non avendo voluto aderire d<sup>i <\/sup>principali di questo luogo alla felonia della Balagna ribella ad imitazione dell\u2019altri principali di questa Provincia&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn11\" id=\"_ftnref11\">[11]<\/a>. En janvier 1732, suite \u00e0 une supplique qui leur a \u00e9t\u00e9 adress\u00e9e, les <em>Serenissimi Collegi<\/em>, prennent en consid\u00e9ration le fait que le <em>dottor<\/em> Giuliani a \u00e9t\u00e9 plus impact\u00e9 que les autres habitants d\u2019Algajola. 50 <em>lire<\/em> mensuelles lui sont allou\u00e9es et il est autoris\u00e9 \u00e0 concourir aux vicariats en Terra Ferma<a href=\"#_ftn12\" id=\"_ftnref12\">[12]<\/a>. D\u2019autres d\u00e9g\u00e2ts sont signal\u00e9s en 1736&nbsp;: le mur et les <em>volte<\/em> de leur maison ainsi que deux fenils sont endommag\u00e9s. Outre l\u2019atteinte \u00e0 leurs biens, les \u00e9v\u00e8nements ont probablement affect\u00e9 les revenus de ces commer\u00e7ants<a href=\"#_ftn13\" id=\"_ftnref13\">[13]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces attaques ont amen\u00e9 la plupart des membres de cette famille \u00e0 s\u2019installer dans le pr\u00e9side<a href=\"#_ftn14\" id=\"_ftnref14\">[14]<\/a>&nbsp;: Francesco vit \u00e0 Calvi lorsqu\u2019il \u00e9tablit son testament en 1736&nbsp;; son fils le <em>dottor<\/em> Giuliano<a href=\"#_ftn15\" id=\"_ftnref15\">[15]<\/a>, r\u00e9side dans la cit\u00e9 d\u00e8s 1732 et y d\u00e9c\u00e8de en 1761&nbsp;; son petit-fils, Francesco<a href=\"#_ftn16\" id=\"_ftnref16\">[16]<\/a> se marie \u00e0 Calvi en 1747. Les enfants de Francesco de Giuliano comme ceux de son fr\u00e8re Felice ou de son oncle Fabrizio naissent dans le pr\u00e9side<a href=\"#_ftn17\" id=\"_ftnref17\">[17]<\/a>. Giuliano habite un <em>palazzo<\/em> dans la citadelle, quartier du Sprono<a href=\"#_ftn18\" id=\"_ftnref18\">[18]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Giuliani servent d\u2019\u00e9missaires entre les autorit\u00e9s g\u00e9noises et les Naziunali. En 1744, un Giuliani d\u2019Algajola apporte une lettre du Prete Gio Battista Croce, un des principaux leaders de la r\u00e9volte en Balagne, au Commissaire G\u00e9n\u00e9ral \u00e0 Bastia. Celui-ci charge Giuliani de faire accepter les concessions g\u00e9noises par les Balanins<a id=\"_ftnref19\" href=\"#_ftn19\">[19]<\/a>. En f\u00e9vrier 1753, apr\u00e8s \u00ab&nbsp;l\u2019evacuazione de Francesi&nbsp;\u00bb, le <em>dottor <\/em>Giuliano Giuliani a rencontr\u00e9 le Rev. P. Mariani \u00ab&nbsp;de minori osservanti&nbsp;\u00bb<a id=\"_ftnref20\" href=\"#_ftn20\">[20]<\/a>&nbsp;: \u00ab&nbsp;h\u00e0 molto di simplicit\u00e0 e di virt\u00f9 cristiana&nbsp;\u00bb. Il peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un homme de confiance. G\u00eanes esp\u00e8re pouvoir n\u00e9gocier avec les Corses<a id=\"_ftnref21\" href=\"#_ftn21\">[21]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image alignleft size-large is-resized\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/m3c.universita.corsica\/lumi\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/castellani_3-1024x344.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1271\" width=\"512\" height=\"172\" srcset=\"https:\/\/lumi.univ-corse.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/castellani_3-1024x344.jpg 1024w, https:\/\/lumi.univ-corse.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/castellani_3-300x101.jpg 300w, https:\/\/lumi.univ-corse.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/castellani_3-768x258.jpg 768w, https:\/\/lumi.univ-corse.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/castellani_3.jpg 1115w\" sizes=\"(max-width: 512px) 100vw, 512px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Figure 3 : Lettre de Giuliano Giuliani (ACdCB, 59J51).<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Vivant \u00e0 Calvi, Giuliano est probablement en contact r\u00e9gulier avec le commissaire. Dans les archives familiales, un sonnet en l\u2019honneur de la Gran piet\u00e0 dell\u2019Illustrissimo Signor Giuseppe Maria Mambilla Comissario in Calvi datant des ann\u00e9es 1740<a id=\"_ftnref22\" href=\"#_ftn22\">[22]<\/a> t\u00e9moigne de cette proximit\u00e9. Dans les ann\u00e9es 1760, Francesco envoie son fils Giuseppe Luigi \u00e9tudier en Ligurie o\u00f9 il garde des attaches<a id=\"_ftnref23\" href=\"#_ftn23\">[23]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Giuliani, avec les Padroni, les Castagnola et les Bagnara n\u2019auraient pas accept\u00e9 de c\u00e9der leur port \u00e0 Pascal Paoli<a href=\"#_ftn24\" id=\"_ftnref24\">[24]<\/a>. Pourtant en juillet 1767, Pietro Antonio Balestrino, proche des Giuliani, Giuseppe Maria Castagnola et Antonio Francesco Padroni, <em>principali d\u2019Algajola<\/em>, \u00e9crivent \u00e0 Pascal Paoli pour lui indiquer que les Fran\u00e7ais ont \u00e9vacu\u00e9 la place et qu\u2019ils sont heureux \u00ab&nbsp;d\u2019essere in libert\u00e0&nbsp;\u00bb. Ils regrettent de ne pas avoir pu lui montrer \u00ab&nbsp;quando eramo capici di fare a pro della Patria, se i Genovesi s\u2019erano qui presentati&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn25\" id=\"_ftnref25\">[25]<\/a>. Malgr\u00e9 leur installation \u00e0 Calvi, dans les ann\u00e9es 1760, les Giuliani sont oblig\u00e9s de composer avec les autorit\u00e9s corses. Ainsi, l\u2019\u00e9pouse de Francesco, Anna Maria Negretti d\u2019Aregno, leur adresse une requ\u00eate. Elle \u00e9crit \u00ab&nbsp;Ora che sono corsi dieci mesi circa che ritrovasi [\u00e0 Aregno] con lo sposo e famiglia amessi \u00e0 l\u2019onore d\u2019esse considerati membri della padria [sic]&nbsp;\u00bb, elle demande \u00ab colle lagrime alli occhj \u00bb (avec les larmes aux yeux) la restitution de ses biens dotaux. Apr\u00e8s \u00eatre rest\u00e9e deux ans dans son village natal, \u00ab&nbsp;un timor feminile&nbsp;\u00bb l\u2019a conduite \u00e0 se r\u00e9fugier de nouveau \u00e0 Calvi<a href=\"#_ftn26\" id=\"_ftnref26\">[26]<\/a>. Les Giuliani saisissent le <em>Magistrato di Balagna<\/em> dans le cadre de litiges familiaux<a href=\"#_ftn27\" id=\"_ftnref27\">[27]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s 1769, les familles de Francesco et de Felice reviennent \u00e0 Algajola&nbsp;; une partie de leurs cousins restent \u00e0 Calvi<a href=\"#_ftn28\" id=\"_ftnref28\">[28]<\/a>. Les Giuliani entament des d\u00e9marches pour \u00ab&nbsp;ottenere le patenti e lettere di Nobilezza&nbsp;\u00bb. Mais cette demande ne semble pas faire l\u2019unanimit\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;E ben disgraziata la sorte d\u2019una famiglia avendo erreditato fr\u00e0 la societ\u00e0 dalla fortuna i caratteri, che ponno distinguerla ed illustralla, fr\u00e0 tanti che vi sono viventi, i quali tutti unitamente dovrebbero averne la pi\u00f9 grande ambizione&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Parall\u00e8lement, Gio Battista Giuliani, ancien capitaine de l\u2019arm\u00e9e g\u00e9noise est arr\u00eat\u00e9 en 1774. Bien qu\u2019il ne paraisse pas impliqu\u00e9 dans la r\u00e9sistance, des armes ont \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9es \u00e0 son domicile et il est emprisonn\u00e9 dans la Grosse Tour de Toulon. Il est d\u00e9crit comme \u00ab plus&nbsp;ent\u00eat\u00e9 et avare, que criminel, il a d\u00e9sob\u00e9i&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn29\" id=\"_ftnref29\">[29]<\/a>. Il est lib\u00e9r\u00e9 six mois plus tard avec d\u2019autres Balanins<a href=\"#_ftn30\" id=\"_ftnref30\">[30]<\/a>. D\u2019ailleurs, un po\u00e8me intitul\u00e9 <em>Glorie immortali di Sua Eccellenza Il Sig. Luigi Renato Comte di Marbeuf<\/em> peut t\u00e9moigner d\u2019une certaine proximit\u00e9 avec les autorit\u00e9s fran\u00e7aises des membres de la branche de Francesco, cousin germain de Gio Battista.<\/p>\n\n\n\n<p>A la fin des ann\u00e9es 1780, Francesco passe le relai \u00e0 ses fils Antonio et Giuliano qui s\u2019imposent comme les hommes forts de la famille.<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column has-text-color has-small-font-size is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"color:#a15428;flex-basis:25%\">\n<p><a id=\"_ftn1\" href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> Il a 48 ans en 1670.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\">[2]<\/a> D\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 1756.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref3\" id=\"_ftn3\">[3]<\/a> Vers 1707-1761.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref4\" id=\"_ftn4\">[4]<\/a> D\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 1763.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref5\" id=\"_ftn5\">[5]<\/a> Vers 1697-1756.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref6\" id=\"_ftn6\">[6]<\/a> N\u00e9 en 1738. Il est capitaine dans l\u2019arm\u00e9e g\u00e9noise, Poli Jean-Pierre, <em>1769-1789&nbsp;: Vingt-ans de r\u00e9sistance<\/em>, Alain Piazzola, 2019, p. 309.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref7\" id=\"_ftn7\">[7]<\/a> Ces attaques sont men\u00e9es par les Niolins mais des individus des villages voisins y participent. En 1736 et 1738, la maison du <em>nobile<\/em> Gio Marcelli d\u2019Aregno est prise pour cible par des individus de Cateri, Aregno, Lavatogggio et Sant\u2019Antonio. Pietro q Agostino (Mariani) d\u2019Aregno est un des <em>capi ribelli<\/em>. Il mentionne aussi Gio Battista Croce de Lavatoggio. L\u2019attaque de 1736 survient apr\u00e8s sa d\u00e9signation comme \u00ab&nbsp;procuratore dalli popoli della Balagna&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;per causa di voler riconciliarsi con suo Principe&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref8\" id=\"_ftn8\">[8]<\/a> Terme employ\u00e9 par le <em>nobile <\/em>Gio Marcelli d\u2019Aregno cf. supra.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref9\" id=\"_ftn9\">[9]<\/a> Pomponi Francis, \u00ab&nbsp;\u00c9meutes populaires en Corse : aux origines de l&rsquo;insurrection contre la domination g\u00e9noise (D\u00e9cembre 1729 &#8211; Juillet 1731)&nbsp;\u00bb, <em>Annales du Midi<\/em>, 1972, p. 158.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref10\" id=\"_ftn10\">[10]<\/a> En 1768, les Giuliani poss\u00e8dent une vingtaine de parcelles&nbsp;dont une dizaine se situent sur le territoire d\u2019Aregno (certaines \u00e0 la limite du territoire d\u2019Algajola, d\u2019autres au centre de la plaine d\u2019Aregno), six sur le territoire d\u2019Occi \u00e0 proximit\u00e9 d\u2019Algajola. En 1770, un cheval est mentionn\u00e9, ACdCA, Recensements de population.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref11\" id=\"_ftn11\">[11]<\/a> Fonds Marcelli. Sauf mention particuli\u00e8re, les citations sont tir\u00e9es de la documentation priv\u00e9e de la famille Giuliani.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref12\" id=\"_ftn12\">[12]<\/a> ACdCB, Fonds Giuliani, 1J277.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref13\" id=\"_ftn13\">[13]<\/a> Lors du g\u00e9n\u00e9ralat de Paoli, le commerce avec les pr\u00e9sides est prohib\u00e9. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref14\" id=\"_ftn14\">[14]<\/a> Les fils de Pietro Maria Giuliani restent \u00e0 Algajola, Fabrizio fait des va-et-vient. Des Corses s\u2019installent \u00e0 Algajola. Certains sont des soldats, ACdCB, registres paroissiaux. Des notables des communaut\u00e9s rurales peuvent aussi s\u2019installer \u00e0 Calvi comme Gio Marcelli d\u2019Aregno, Fonds Marcelli.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref15\" id=\"_ftn15\">[15]<\/a> Il a \u00e9t\u00e9 dipl\u00f4m\u00e9 \u00e0 Rome en 1722, la m\u00eame ann\u00e9e qu\u2019Antonio Leonardo Belgodere, p\u00e8re de Luigi, cinq ans apr\u00e8s Erasmo Orticoni. Ses enfants naissent \u00e0 Calvi entre 1732 et 1751.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref16\" id=\"_ftn16\">[16]<\/a> Il semble avoir un fr\u00e8re pr\u00e9nomm\u00e9 Francesco Maria qui est aussi mari\u00e9 \u00e0 Calvi, mais il pourrait s\u2019agir d\u2019une erreur (ACdCB, relev\u00e9s sur les registres paroissiaux de Calvi).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref17\" id=\"_ftn17\">[17]<\/a> Respectivement entre 1748 et 1765, en 1764,&nbsp;et entre 1732 et 1747.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref18\" id=\"_ftn18\">[18]<\/a> Selon F. F. Battestini ce quartier se situe \u00e0 proximit\u00e9 du \u00ab&nbsp;ch\u00e2teau&nbsp;\u00bb, <em>Calvi au XVIe si\u00e8cle, 1563-1607<\/em>, Editions N. Ambrosini, 1968, p. 34-35.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref19\" id=\"_ftn19\">[19]<\/a> Beri Emiliano, <em>Le operazioni militari in Corsica durante la guerra di Successione Austriaca&nbsp;: Politica, eserciti, guerra ed ordine pubblico (1741\u20131748)<\/em>, Tesi di Laurea in Storia moderna, Universit\u00e0 degli Studi di Genova, 2005-2006, p. 276.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref20\" id=\"_ftn20\">[20]<\/a> Francesc\u2019Antonio&nbsp;Mariani (?). &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref21\" id=\"_ftn21\">[21]<\/a> Courrier dat\u00e9 du 5 f\u00e9vrier&nbsp;1753, ACdCB, 59J51, pi\u00e8ce 34. Il existe des tensions entre les chefs balanins.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref22\" id=\"_ftn22\">[22]<\/a> Il est en poste \u00e0 Calvi \u00e0 partir de 1742.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref23\" id=\"_ftn23\">[23]<\/a> Sa pr\u00e9sence est attest\u00e9e \u00e0 Savone en 1763 et chez les J\u00e9suites \u00e0 San Geromino \u00e0 G\u00eanes en 1767. Les Giuliani peuvent compter sur le soutien de Fedele Fedeli, oncle de Francesco, ou du n\u00e9gociant Vincenso Maro de Sestri, Fonds Marcelli.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref24\" id=\"_ftn24\">[24]<\/a> Cet \u00e9pisode a marqu\u00e9 les esprits. Jean-Ange Galetti \u00e9crit que cette d\u00e9cision a conduit Pascal Paoli \u00e0 vouer une \u00ab&nbsp;haine&nbsp;\u00bb tenace \u00e0 l\u2019encontre de la cit\u00e9, <em>Histoire illustr\u00e9e de la Corse<\/em>, 1863, p. 118.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref25\" id=\"_ftn25\">[25]<\/a> Docteur Perelli, <em>Lettres de Pascal Paoli<\/em>, 3<sup>\u00e8me<\/sup> s\u00e9rie, Ollagnier, 1884-1899, p. 191.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref26\" id=\"_ftn26\">[26]<\/a> ACdCB, 1J277. Il n\u2019y a pas de naissances recens\u00e9es \u00e0 Calvi entre 1759 et 1765. Giuliano serait n\u00e9 \u00e0 Aregno vers 1769. A noter qu\u2019un Negretti d\u2019Aregno, qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9, occupe des responsabilit\u00e9s importantes en Balagne durant le G\u00e9n\u00e9ralat de Paoli. Francesco, le cousin au 3<sup>\u00e8me<\/sup> degr\u00e9 d\u2019Anna Maria, est probablement proche des Paolistes.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref27\" id=\"_ftn27\">[27]<\/a> Si en 1762, ils ont recours au lieutenant de Balagne, en 1768, c\u2019est le <em>Magistrato di Balagna<\/em> qui est en charge de d\u00e9signer les juges arbitres dans une affaire d\u2019h\u00e9ritage.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref28\" id=\"_ftn28\">[28]<\/a> Ils tissent des alliances matrimoniales avec les Giubega, les Arena, les Ceccaldi et les Castelli.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref29\" id=\"_ftn29\">[29]<\/a> Courrier du major Meunier \u00e0 Narbonne cit\u00e9 par Jean-Pierre Poli, <em>op. cit.<\/em>, p. 331.<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"_ftn30\" href=\"#_ftnref30\">[30]<\/a> Pasquale Fondacci, Pietro Belgodere, cur\u00e9 d\u2019Occhiatana.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-28f84493 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:75%\">\n<h3 class=\"wp-block-heading\">2. <strong>La R\u00e9volution fran\u00e7aise&nbsp;: un \u00e9quilibre fragile (1789-1815)<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>La situation \u00e0 Algajola refl\u00e8te les tensions et les oppositions micro-r\u00e9gionales et r\u00e9gionales. Les contours des partis en pr\u00e9sence fluctuent en fonction des \u00e9v\u00e8nements. Leur opposition aux Arena est sans ambig\u00fcit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Amici \u00e8 nemici<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les partis se dessinent plus pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 partir de 1791. Les Giuliani sont proches de Pietro Antonio Balestrino<a id=\"_ftnref31\" href=\"#_ftn31\">[31]<\/a> et des Bagnara. Ces notables s\u2019appuient sur des membres de familles plus modestes&nbsp;: Luigi et Valerio Valeri&nbsp;; Giovanni et Pietro Maria Fasce, Protasio et Francesco Bertoni<a id=\"_ftnref32\" href=\"#_ftn32\">[32]<\/a>. Le second parti est dirig\u00e9 par les de La Rosat, Luigi et Giuseppe Maria sont les fils d\u2019un ancien officier fran\u00e7ais qui s\u2019est install\u00e9 \u00e0 Algajola et a \u00e9pous\u00e9 Marta Giuliani. Ils sont plus \u00e2g\u00e9s que les fr\u00e8res Giuliani. Giuseppe Maria a \u00e9pous\u00e9 Maria Vittoria Giubega, fille de Damiano. Le parti de la Rosat agr\u00e8ge les Padroni, mais \u00e9galement des individus appartenant \u00e0 des cat\u00e9gories sociales plus modestes&nbsp;: Antonio Francesco Genovini, Gio Francesco Aitelli, Giovanni Sudetti, Luiggi Magaria ou encore Domenico Orsino Zaccaria<a id=\"_ftnref33\" href=\"#_ftn33\">[33]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Les membres du parti oppos\u00e9 sont d\u00e9sign\u00e9s comme \u00e9tant des \u00ab&nbsp;nemici&nbsp;\u00bb, ceux du m\u00eame camp comme des \u00ab&nbsp;amici&nbsp;\u00bb. Les tensions et les animosit\u00e9s sont fortes. En 1791, Giuliano \u00e9crit que les divisions qui r\u00e8gnent dans toutes les communes se sont accentu\u00e9es \u00ab&nbsp;siamo arrivati insomma al momento di farci fuoco l\u2019un con l\u2019altro per esser loro del partito opposto&nbsp;\u00bb. Lorsqu\u2019il \u00e9voque ses \u00ab&nbsp;nemici&nbsp;\u00bb apr\u00e8s son arrestation Giuliano d\u00e9crit Angelo Francesco Padroni, qui l\u2019aurait d\u00e9nonc\u00e9, comme un de ces \u00ab&nbsp;nemici capitali&nbsp;\u00bb&nbsp;; Antonio Francesco Genovini est un \u00ab&nbsp;ladro&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;birdante&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;cattivo soggetto&nbsp;\u00bb et Gian Francesco Aitelli, un \u00ab&nbsp;assassin di strada&nbsp;\u00bb et un \u00ab&nbsp;ladro&nbsp;\u00bb. En juillet 1790, Annetta Canelli d\u00e9nonce le manque de courage de leurs ennemis&nbsp;: \u00ab&nbsp;al cane che puo abaiare e mordegli non gli anno fatto alcun male&nbsp;\u00bb. Les Giuliani sont r\u00e9guli\u00e8rement sollicit\u00e9s par leurs amis pour appuyer une candidature ou intervenir aupr\u00e8s des autorit\u00e9s. Durant la R\u00e9volution fran\u00e7aise, Antonio a des responsabilit\u00e9s dans l\u2019administration des douanes&nbsp;; Giuliano occupe diff\u00e9rentes fonctions&nbsp;: capitaine des gardes nationales, substitut du procureur syndic du district, membre du Comit\u00e9 de Salut ou encore repr\u00e9sentant du canton de Sant\u2019Angelo.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019opposition aux Arena&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les de la Rosat sont les relais \u00e0 Algajola des Giubega et des Arena. L\u2019opposition entre les Giuliani et les Arena est durable.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s 1790, le contr\u00f4le des Gardes nationales induit des tensions. En juin, Giuliano, qui en est capitaine, re\u00e7oit un courrier de Bartolomeo Arena<a href=\"#_ftn34\" id=\"_ftnref34\">[34]<\/a> qui sonne comme un avertissement. Giuliano rechigne&nbsp; \u00e0 int\u00e9grer dix \u00e0 douze hommes de Giuseppe Maria de la Rosat<a href=\"#_ftn35\" id=\"_ftnref35\">[35]<\/a> car ils sont arm\u00e9s alors que les siens le sont peu<a href=\"#_ftn36\" id=\"_ftnref36\">[36]<\/a>. En juillet, des violences ont lieu au cours desquelles des biens sont d\u00e9grad\u00e9s et un homicide aurait \u00e9t\u00e9 commis<a href=\"#_ftn37\" id=\"_ftnref37\">[37]<\/a>. Giuliano accuse Giuseppe Maria de la Rosat d\u2019en \u00eatre responsable, il aurait agi avec le soutien de son beau-p\u00e8re Damiano et son beau-fr\u00e8re Francesco Saverio Giubega<a href=\"#_ftn38\" id=\"_ftnref38\">[38]<\/a>. En septembre, Pietro Antonio Balestrino et de la Rosat revendiquent tous deux d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 d\u00e9sign\u00e9s repr\u00e9sentants d\u2019Algajola, le proc\u00e8s-verbal de Balestrino est refus\u00e9<a href=\"#_ftn39\" id=\"_ftnref39\">[39]<\/a>. Pour peser davantage, Giuliano doit \u00e9tendre son r\u00e9seau et \u00eatre prudent, son fr\u00e8re le conseille&nbsp;: \u00ab&nbsp;cercate a farvi degli amici (\u2026) avanti di partir di Bastia&nbsp;\u00bb. Les Giuliani se m\u00e9fient du colonel Filippo Antonio Fondacci ou de Leoni, ils recherchent l\u2019appui de de Petriconi, de l\u2019abb\u00e9 Varese, de Limperani, de Ponte ou encore de Quenza. Antonio recommande \u00e0 son fr\u00e8re de garder ses distances avec Buttafogo<a href=\"#_ftn40\" id=\"_ftnref40\">[40]<\/a> et Poletti \u00ab&nbsp;si contano come perduti e che vi sono de guai per elli e per suoi partisani&nbsp;\u00bb. En ao\u00fbt, Antonio s\u2019entretient avec Pascal Paoli \u00e0 Bastia pendant les travaux de l\u2019assembl\u00e9e. Cette entrevue s\u2019inscrit dans une double optique&nbsp;: d\u00e9fendre la repr\u00e9sentation d\u2019Algajola et lui transmettre un courrier de Giuliano. Il semble avoir r\u00e9ussi \u00e0 convaincre Paoli de la n\u00e9cessit\u00e9 de valider la pr\u00e9sence des \u00e9lecteurs d\u2019Algajola. Antonio semble honor\u00e9 et \u00e9mu de l\u2019avoir rencontr\u00e9 : \u00ab&nbsp;Presentai la vostra lettera al signore Generale, la lesse alla mia Presenza e mi disse che non aveva l\u2019onore di conosciere chi scrivevo (..) mi prese due volte per la mano&nbsp;\u00bb. Les deux Giuliani sont jeunes. Antonio \u00e9tait enfant durant la fin de son g\u00e9n\u00e9ralat, Giuliano n\u2019\u00e9tait pas encore n\u00e9. Pourtant, un peu plus d\u2019un mois apr\u00e8s cette rencontre Antonio \u00e9crit \u00e0 son fr\u00e8re&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;ricordatevi che siamo corsi, e non bisogna contare piu sopra la Francia&nbsp;\u00bb. L\u2019incarc\u00e9ration de leur oncle \u00e0 Toulon, voire la r\u00e9pression qui a suivi la conqu\u00eate, est inscrite dans la m\u00e9moire familiale&nbsp;: \u00ab&nbsp;e dopo formati i distretti credo che molti anderanno a veder la Torre di Tolon. \u00bb. D\u2019ailleurs, Antonio croit savoir que \u00ab&nbsp;Nostro Generale&nbsp;\u00bb a en main \u00ab&nbsp;molte patenti da capitani&nbsp;\u00bb exp\u00e9di\u00e9es par la R\u00e9publique de G\u00eanes.<\/p>\n\n\n\n<p>En juillet 1791, Giuliano est arr\u00eat\u00e9 avec Balestrino suite \u00e0 une d\u00e9nonciation du parti de la Rosat. Peu apr\u00e8s Balestrino, membre de l\u2019assembl\u00e9e qui a d\u00e9sign\u00e9 les d\u00e9put\u00e9s<a href=\"#_ftn41\" id=\"_ftnref41\">[41]<\/a>, explique qu\u2019Arena a eu des difficult\u00e9s \u00e0 \u00eatre \u00e9lu et que leur \u00ab&nbsp;parti&nbsp;\u00bb a r\u00e9ussi \u00e0 faire \u00e9lire Panattieri et Dutillet&nbsp;[sic]<a href=\"#_ftn42\" id=\"_ftnref42\">[42]<\/a>, contre l\u2019abb\u00e9 Andrei et Casabianca, candidats de leurs adversaires. En janvier 1792, Balestrino \u00e9crit qu\u2019il apprend avec \u00ab&nbsp;dispiacere&nbsp;<em>\u00bb<\/em> que la \u00ab&nbsp;casa Arena fa sempre delle sue<em>&nbsp;\u00bb<\/em>. En f\u00e9vrier, lors de troubles \u00e0 L\u2019Ile-Rousse, leur maison est incendi\u00e9e. Les tensions et les divisions qui secouent la r\u00e9gion sont \u00e9voqu\u00e9es par leur cousin Franceschini qui vit \u00e0 G\u00eanes&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Non mi sorprende che finalm<sup>te<\/sup> i falsi n. n. siano stati riconosciuti. L\u2019impostura, e la mensongera puonno avere talvolta le sue prosperit\u00e0 criminali, ma non per lungo tempo. (\u2026) La sola virt\u00f9, caro cugino, \u00e8 quella ch\u00ec ha le sue basi permanenti. Ma la seduzzione, l\u2019inganno non puonno avere che un regno mommentaneo.&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image alignleft size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/m3c.universita.corsica\/lumi\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/castellani_4.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1272\" width=\"411\" height=\"339\" srcset=\"https:\/\/lumi.univ-corse.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/castellani_4.jpg 821w, https:\/\/lumi.univ-corse.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/castellani_4-300x248.jpg 300w, https:\/\/lumi.univ-corse.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/castellani_4-768x634.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 411px) 100vw, 411px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Figure 4&nbsp;: Lettre de Pascal Paoli aux officiers municipaux (29 octobre 1792) (Fonds Marcelli)<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>En octobre 1792, les officiers municipaux d\u2019Algajola, dont un Giuliani, \u00e9crivent une lettre \u00e0 Pascal Paoli pour le f\u00e9liciter de sa nomination, le 11 courant, comme lieutenant g\u00e9n\u00e9ral de la 23<sup>e<\/sup> division. Celui-ci r\u00e9pond&nbsp;: \u00ab&nbsp;il solo amore del ben pubblico mi ha indotto ad accettarla&nbsp;\u00bb, Algajola pourra compter sur son soutien. Au Conseil g\u00e9n\u00e9ral, Giuliano est le porte-parole de sa cit\u00e9. Il obtient la r\u00e9ouverture d\u2019une antenne des douanes, qui sera dirig\u00e9e par son fr\u00e8re Antonio, et l\u2019ouverture d\u2019un bureau de la sant\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>En novembre, Giuliano, repr\u00e9sente le canton de Sant\u2019Angelo, \u00e0 l\u2019assembl\u00e9e \u00e9lectorale de Corte. Il \u00e9crit \u00e0 Antonio&nbsp;: les membres du Directoire sont \u00ab&nbsp;dei nostri&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn43\" id=\"_ftnref43\">[43]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>En avril 1793, Pascal Paoli est mis en accusation par la Convention, Balestrino est aussi mis en cause. Les tensions s\u2019accroissent. Le 24 avril des incidents ont lieu \u00e0 Calvi, Corte ou encore L\u2019Ile-Rousse. Un courrier datant du 9 mai, sign\u00e9 par les officiers municipaux d\u2019Algajola, Felice, oncle des fr\u00e8res Giuliani, Francesco Bagnara et Francesco Bertoni \u00e9voque les troubles de L\u2019Ile-Rousse. Selon les r\u00e9dacteurs de la missive, les gardes nationales civiques en sont enti\u00e8rement responsables. Elles ont fait na\u00eetre la \u00ab&nbsp;terreur&nbsp;\u00bb, des boutiques de marchands et de quelques artistes ont \u00e9t\u00e9 \u00e9vacu\u00e9es, des maisons abandonn\u00e9es, des incendies ont \u00e9clat\u00e9, la salle des audiences du tribunal, occup\u00e9e, a subi des d\u00e9gradations. Le tribunal a d\u00fb cesser toute activit\u00e9<a href=\"#_ftn44\" id=\"_ftnref44\">[44]<\/a>. Le climat est lourd. En septembre, Olivieri de Montemaggiore \u00e9crit : \u00ab&nbsp;i cattivi trovano troppo facilit\u00e0 nel governo a credere a le loro malizie. Dopo la cauzione data, quei, che per l\u2019innanzi ne mostravan sospetto doveano finir di sospettare&nbsp;\u00bb. Il attend impatiemment l\u2019arriv\u00e9e des Anglais, demande o\u00f9 sont leurs bateaux en utilisant l\u2019expression \u00ab&nbsp;nostre nave&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn45\" id=\"_ftnref45\">[45]<\/a>. Ces \u00e9v\u00e8nements soul\u00e8vent des inqui\u00e9tudes. Dans un courrier dat\u00e9 du 17 septembre adress\u00e9 \u00e0 Francesco Saverio Frediani, Vittoria Giubega \u00e9pouse de la Rosat \u00e9crit qu\u2019elle a appris que son oncle Lorenzo est arriv\u00e9 \u00e0 Calvi \u00ab&nbsp;in un stato lagrimevole tanto e abbatuto dal male&nbsp;\u00bb. Inqui\u00e9tude aussi dans une lettre de Fiorentona Balestrino, fille de Pietro Antonio, du 19 d\u00e9cembre, adress\u00e9e \u00e0 Giuliano. Elle a appris que les \u00ab&nbsp;Sanculotti&nbsp;\u00bb ont br\u00fbl\u00e9 le village et le couvent de Farinole<a href=\"#_ftn46\" id=\"_ftnref46\">[46]<\/a>. Ils ont demand\u00e9 300&nbsp;000 francs au \u00ab&nbsp;Cap Corse&nbsp;\u00bb. De plus, ils auraient pris \u00e0 Bastia de petites pi\u00e8ces d\u2019artillerie et un mortier qu\u2019ils auraient plac\u00e9s sur les cimes du Montebello<a href=\"#_ftn47\" id=\"_ftnref47\">[47]<\/a> dans le but d\u2019attaquer Murato voire la Balagne.<\/p>\n\n\n\n<p>Durant le Royaume anglo-corse, Pietro Antonio Balestrino est d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 d\u2019Algajola et membre du gouvernement<a href=\"#_ftn48\" id=\"_ftnref48\">[48]<\/a>. Les Giuliani ont un r\u00f4le de premier plan dans leur commune. Giuliano est commissaire aux vivres, a en charge la gestion des travaux des fortifications, g\u00e8re le recrutement des<em> granatieri <\/em>et est en lien direct avec les autorit\u00e9s militaires anglaises<a href=\"#_ftn49\" id=\"_ftnref49\">[49]<\/a>. Antonio conserve son poste \u00e0 la douane. Ce soutien \u00e0 Paoli et \u00e0 l\u2019intervention anglaise est c\u00e9l\u00e9br\u00e9 par un long po\u00e8me, conserv\u00e9 dans les archives de la famille, qui met en sc\u00e8ne les deux camps, intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;sestine sulla presa di Bastia fatta dagl\u2019inglesi unitamente al partito patriottico che aveva per capo l\u2019Immortale Pasquale de Paoli \u00bb&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;(\u2026) Gl\u2019empj repubblicani intimoriti<\/p>\n\n\n\n<p>Non resistono pi\u00f9 dell\u2019arte&nbsp;(?) a fronte<\/p>\n\n\n\n<p>Dai bravi corsi son tanto inseguiti<\/p>\n\n\n\n<p>Che abbandonano la spiaggia al\u2019alto monte<\/p>\n\n\n\n<p>E si richuidon con vil codardia<\/p>\n\n\n\n<p>Ah se incalzati allor dentro le brevi mure di Bastia (\u2026)&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column has-text-color has-small-font-size is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"color:#a15428;flex-basis:25%\">\n<p><a id=\"_ftn31\" href=\"#_ftnref31\">[31]<\/a> Ou Balestrini, n\u00e9 en 1740.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref32\" id=\"_ftn32\">[32]<\/a> Les plus ais\u00e9s, les Valeri, sont de petits propri\u00e9taires.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref33\" id=\"_ftn33\">[33]<\/a> Sudetti est un Amadei, Sudetti et Zaccaria sont employ\u00e9s des douanes, les autres sont journaliers ou issus du milieu de l\u2019artisanat.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref34\" id=\"_ftn34\">[34]<\/a> 1753-1832, fils d\u2019Anton Matteo, colonel de la Garde nationale. Son fr\u00e8re Filippo Antonio a \u00e9pous\u00e9 une cousine au 3<sup>\u00e8me<\/sup> degr\u00e9 de Giuliano.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref35\" id=\"_ftn35\">[35]<\/a> Dans un courrier, (Louis&nbsp;?) de La Rosat, qui r\u00e9side \u00e0 Bastia est invit\u00e9 \u00e0 se rendre dans sa commune pour mettre \u00ab&nbsp;fin aux rumeurs&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;tranquilliser les esprits&nbsp;\u00bb. Les membres du comit\u00e9 comptent sur son z\u00e8le, sa prudence et son patriotisme.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref36\" id=\"_ftn36\">[36]<\/a> Leurs armes leur ont \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9es en f\u00e9vrier. Arena arme ses partisans. Le contr\u00f4le des Gardes nationales entra\u00eene des tensions importantes en Balagne, Pomponi Francis, \u00ab&nbsp;La Garde nationale en Corse, de la R\u00e9volution fran\u00e7aise au lendemain des Trois Glorieuses&nbsp;\u00bb, <em>La Garde nationale entre Nation et peuple en armes<\/em>, Presses universitaires de Rennes, 2008, p. 413-439.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref37\" id=\"_ftn37\">[37]<\/a> Ces \u00e9v\u00e9nements sont \u00e9voqu\u00e9s dans la correspondance du Comit\u00e9 sup\u00e9rieur, Letteron Lucien Auguste, <em>Correspondance du comit\u00e9 sup\u00e9rieur si\u00e9geant \u00e0 Bastia : du 2 mars au 1er septembre 1790 et 7 septembre 1790<\/em>, Bulletin de la Soci\u00e9t\u00e9 des sciences historiques et naturelles de la Corse, Ollagnier, 1881.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref38\" id=\"_ftn38\">[38]<\/a> Responsable de la garde nationale \u00e0 Calvi. Il est mari\u00e9 avec une cousine au 3<sup>\u00e8me<\/sup> degr\u00e9 des fr\u00e8res Giuliani.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref39\" id=\"_ftn39\">[39]<\/a> Letteron Lucien Auguste, <em>Pi\u00e8ces et documents divers pouvant servir \u00e0 l\u2019histoire de la Corse<\/em>, BSSHNC, 1894, p. 13-14. L\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, Balestrini, Poletti et Franceschini, ont contest\u00e9 l\u2019\u00e9lection d\u2019Arena, comme d\u00e9put\u00e9 du tiers.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref40\" id=\"_ftn40\">[40]<\/a> Les tensions avec le parti paoliste s\u2019accroissent au cours de l\u2019\u00e9t\u00e9 1790 et \u00e0 l\u2019automne.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref41\" id=\"_ftn41\">[41]<\/a> Il cite&nbsp;: Leonetti (Felice Antonio), Pozzo di Borgo (Carlo Andria), Boero (Pietro Giovanni), Arena (Bartolomeo), Mario Peraldi et Fozanino (Francesco Maria Pietri ?). Le 22 septembre deux suppl\u00e9ants ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9sign\u00e9s. Dans ce courrier, il \u00e9voque les absences qui peuvent fragiliser les partis en pr\u00e9sence, lors de l\u2019\u00e9lection d\u2019Arena six \u00e9taient manquants du fait des vendanges, d\u2019autres \u00e9taient malades. Balestrino lui-m\u00eame n\u2019a pas assist\u00e9 \u00e0 la totalit\u00e9 de la session car il \u00e9tait indispos\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref42\" id=\"_ftn42\">[42]<\/a> Honor\u00e9-Marie R\u00e9gnier du Tillet.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref43\" id=\"_ftn43\">[43]<\/a> La lettre n\u2019est pas dat\u00e9e. Francesco Panattieri, Pietro Ordioni, Giacomoni et Balestrino, docteur Antonio Felice Ferrandi, Matteo Filippi, Muratino, Luigi Ciavaldini.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref44\" id=\"_ftn44\">[44]<\/a> Les auteurs du courrier proposent que l\u2019ex-palais d\u2019Algajola accueille le tribunal car les audiences se tiennent dans l\u2019ancien couvent des capucins de Santa Reparata distant de 2 lieues de L\u2019Ile-Rousse.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref45\" id=\"_ftn45\">[45]<\/a> Le 15 septembre trois bateaux anglais se pr\u00e9sentent devant Bastia, ils arrivent \u00e0 proximit\u00e9 de Saint-Florent le jour o\u00f9 la lettre est \u00e9crite.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref46\" id=\"_ftn46\">[46]<\/a> L\u2019attaque a eu lieu le 15 novembre.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref47\" id=\"_ftn47\">[47]<\/a> Situ\u00e9 \u00e0 proximit\u00e9 du col de Teghime.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref48\" id=\"_ftn48\">[48]<\/a> Le cousin au 3<sup>\u00e8me<\/sup> degr\u00e9 d\u2019Anna Maria Giuliani, m\u00e8re d\u2019Antonio et de Giuliano, est d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 d\u2019Aregno.<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"_ftn49\" href=\"#_ftnref49\">[49]<\/a> Smith et Buckholm.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-28f84493 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:75%\">\n<figure class=\"wp-block-image alignleft size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/m3c.universita.corsica\/lumi\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/castellani_5.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1273\" width=\"360\" height=\"345\" srcset=\"https:\/\/lumi.univ-corse.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/castellani_5.png 480w, https:\/\/lumi.univ-corse.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/castellani_5-300x288.png 300w\" sizes=\"(max-width: 360px) 100vw, 360px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Figure 5&nbsp;: Lettre du 3 thermidor an VI (21 juillet 1798) du ministre de la Guerre au Directoire ex\u00e9cutif (AN).<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>En 1796, la fin du Royaume anglo-corse marque une mise \u00e0 l\u2019\u00e9cart momentan\u00e9e des Giuliani. Un des Padroni remplace Antonio Giuliani comme receveur. En mars 1797, la commune est dirig\u00e9e par Francesco Padroni et Domenico Orsino Zaccaria. A la fin de l\u2019ann\u00e9e 1797 et au d\u00e9but de 1798, la r\u00e9gion est touch\u00e9e par la r\u00e9volte de la Crocetta. Il est possible que la tentative d\u2019arrestation de Giuliano soit li\u00e9e \u00e0 ces \u00e9v\u00e9nements dont les soubresauts perdurent pendant plusieurs ann\u00e9es. Cette implication est sugg\u00e9r\u00e9e par un feuillet intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;Lettere, scritti raporto al mio impiego colla mia commissione ed altri affari successi nella rivoluzione&nbsp;dalle Croce&nbsp;\u00bb, mais il ne contenait aucun document.<\/p>\n\n\n\n<p>Les royalistes sont \u00ab&nbsp;pers\u00e9cut\u00e9s&nbsp;\u00bb par l\u2019administration. Ainsi, dans <em>La majorit\u00e9 des habitants de la Balagne \u00e0 leurs compatriotes<\/em> Simone Fabiani \u00e9voque, outre les \u00e9v\u00e9nements de 1798, l\u2019ann\u00e9e 1800 \u00ab&nbsp;\u00e9poque plus terrible encore que la premi\u00e8re&nbsp;\u00bb, il pr\u00e9cise qu\u2019\u00ab&nbsp;ind\u00e9pendamment d\u2019une contribution forc\u00e9e de deux millions dont les Braves royalistes furent impos\u00e9s avec violence&nbsp;; sans entrer dans les menus d\u00e9tails des horreurs attent\u00e9es par les troupes de sc\u00e9l\u00e9rats dans les maisons des citoyens pacifiques et jusque dans les sanctuaires&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn50\" id=\"_ftnref50\">[50]<\/a>. Les propos de Fabiani sont corrobor\u00e9s par un brouillon de lettre. Les Giuliani ont \u00e9chapp\u00e9 \u00ab&nbsp;per la Gracia del signore&nbsp;\u00bb aux \u00ab&nbsp;guai grandi&nbsp;\u00bb et notamment \u00e0 l\u2019imposition de deux millions. Mais certains de leurs proches sont touch\u00e9s, leur oncle et leur cousin (Angelo Francesco et Simon Giovanni Franceschini de Corbara) doivent verser chacun la somme de 20&nbsp;000 francs. Les villages de Cateri, Avapessa et Lavatoggio ont \u00e9t\u00e9 les plus \u00ab&nbsp;maltrait\u00e9s&nbsp;\u00bb. Trois hommes ont \u00e9t\u00e9 \u00ab&nbsp;massacrati dal furore delle truppe&nbsp;\u00bb. A Avapessa, au couvent de Marcasso et \u00e0 Lavatoggio, les assaillants ont forc\u00e9 le tabernacle et ont renvers\u00e9 les \u00ab&nbsp;sagre particole&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019opposition au Premier Empire<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Durant le Premier Empire, les Giuliani soutiennent l\u2019opposition monarchiste. En 1807, L. Poli de Calvi \u00e9crit qu\u2019il travaille \u00ab&nbsp;ardemment&nbsp;\u00bb avec d\u2019autres. Ils esp\u00e8rent \u00ab&nbsp;que bient\u00f4t la Balagne sera lib\u00e9r\u00e9e d\u2019un monstre qui l\u2019afflige depuis tant d\u2019ann\u00e9es&nbsp;\u00bb, il vise probablement Francesco Saverio Giubea sous-pr\u00e9fet de Calvi<a id=\"_ftnref51\" href=\"#_ftn51\">[51]<\/a>. Ce dernier propose en 1812 \u00e0 Giuliano la charge de maire qu\u2019il refuse&nbsp;: il doit s\u2019occuper de ses affaires familiales et ne souhaite pas faire de tort \u00e0 Luigi Padroni qui veut \u00eatre maintenu \u00e0 cette fonction. Cette nomination peut s\u2019inscrire dans une strat\u00e9gie des Bonapartistes de rallier ou de neutraliser certains de leurs opposants. M\u00eame s\u2019il est f\u00e9licit\u00e9 par son \u00ab&nbsp;parent&nbsp;\u00bb Giacinto<a id=\"_ftnref52\" href=\"#_ftn52\">[52]<\/a>&nbsp; pour cette nomination qui est une reconnaissance de son z\u00e8le, de son attachement \u00e0 la chose publique et au gouvernement, Giuliano ne para\u00eet pas exercer la fonction de maire. Les Giuliani restent fid\u00e8les \u00e0 leur camp. Le 6 juillet 1814, les officiers municipaux d\u2019Algajola, dont Giuliano, sont f\u00e9licit\u00e9s pour leur z\u00e8le par le garde commandant de l\u2019artillerie de Calvi. Ils ont pu conserver les pi\u00e8ces d\u2019artillerie qui ne sont pas tomb\u00e9es aux mains des insurg\u00e9s. Un compte-rendu de leur patriotisme sera fait au roi Louis XVIII. En ao\u00fbt 1815, le nouveau commandant sup\u00e9rieur de la province de Balagne, Simone Fabiani, convie Giuliano afin de discuter des mesures les plus opportunes pour maintenir l\u2019ordre public et faire triompher la royaut\u00e9 dans la province. Cependant, les Giuliani ne sont pas mentionn\u00e9s par Simone Fabiani comme \u00e9tant des soutiens actifs des royalistes<a id=\"_ftnref53\" href=\"#_ftn53\">[53]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">3. Une p\u00e9riode risqu\u00e9e&nbsp;pour Giuliano Giuliani : l\u2019arrestation de 1791&nbsp;et sa fuite en 1798.<\/h3>\n\n\n\n<p>L\u2019arrestation de Giuliano en 1791 est abord\u00e9e de fa\u00e7on tr\u00e8s d\u00e9taill\u00e9e dans la documentation. Pour l\u2019accusation, elle est li\u00e9e \u00e0 \u00ab&nbsp;l\u2019attentat&nbsp;\u00bb commis le 5 juin 1791 \u00e0 l\u2019annonce des \u00e9v\u00e9nements de Bastia<a href=\"#_ftn54\" id=\"_ftnref54\">[54]<\/a>. Il aurait pris possession du Palazzo avec des hommes arm\u00e9s. Les autorit\u00e9s mettent cependant 25 jours pour ordonner son arrestation et de celle de Balestrino, pr\u00e9fet d\u2019Algajola<a href=\"#_ftn55\" id=\"_ftnref55\">[55]<\/a>. Le premier juillet \u00e0 minuit la maison des Giuliani est entour\u00e9e par un d\u00e9tachement de gardes du Directoire<a href=\"#_ftn56\" id=\"_ftnref56\">[56]<\/a> du district, de soldats du r\u00e9giment et des gardes suisses. Parmi eux, des habitants d\u2019Algajola&nbsp;: Giovanni Suditti et Luiggi Magaria<a href=\"#_ftn57\" id=\"_ftnref57\">[57]<\/a>. L\u2019ordre d\u2019arrestation \u00e9mane d\u2019Arena, Leoni et Ambrosini.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image alignleft size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/m3c.universita.corsica\/lumi\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/castellani_6.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1274\" width=\"405\" height=\"255\" srcset=\"https:\/\/lumi.univ-corse.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/castellani_6.jpg 809w, https:\/\/lumi.univ-corse.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/castellani_6-300x189.jpg 300w, https:\/\/lumi.univ-corse.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/castellani_6-768x484.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 405px) 100vw, 405px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Figure 6&nbsp;: Extrait du m\u00e9moire de Giuliano Giuliani (Fonds Marcelli)<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Giuliano d\u00e9nonce son incarc\u00e9ration&nbsp;: elle est arbitraire et non conforme aux d\u00e9lib\u00e9rations de l\u2019Assembl\u00e9e nationale. Sa supplique d\u00e9montre une bonne connaissance des textes et des principes de la R\u00e9volution fran\u00e7aise. Il proteste en tant que \u00ab citoyen fran\u00e7ais \u00bb et \u00ab libre \u00bb. Les lois ne doivent pas \u00eatre utilis\u00e9es pour couvrir des int\u00e9r\u00eats particuliers. L\u2019attitude de ses accusateurs contrevient aux \u00ab sacrosanti del uomo e del citadino \u00bb. Il enjoint aux membres du directoire de revenir \u00e0 la raison et \u00e0 l\u2019observance de la loi dont ils sont les d\u00e9fenseurs et les gardiens. Il leur rappelle que nul ne peut \u00eatre accus\u00e9, arr\u00eat\u00e9, d\u00e9tenu en dehors des cas d\u00e9termin\u00e9s par la loi et selon les formes qu\u2019elle prescrit<a id=\"_ftnref58\" href=\"#_ftn58\">[58]<\/a>. Il pr\u00e9cise notamment que tout d\u00e9tenu doit compara\u00eetre devant un juge dans les 24 heures. Il essaie de relever des contradictions dans les t\u00e9moignages et leur partialit\u00e9 car selon lui les t\u00e9moins sont les auteurs de la lettre de d\u00e9nonciation. Il soul\u00e8ve des irr\u00e9gularit\u00e9s au niveau de la proc\u00e9dure<a id=\"_ftnref59\" href=\"#_ftn59\">[59]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Il se d\u00e9fend et fait valoir ses arguments. Contrairement \u00e0 la th\u00e8se de l\u2019accusation, il s\u2019est \u00e9vertu\u00e9 \u00e0 \u00e9viter des incidents et \u00e0 ramener l\u2019ordre. D\u2019ailleurs un officier qui commandait un d\u00e9tachement de passage \u00e0 Algajola a poursuivi son chemin. De m\u00eame, Savelli, l\u2019un des membres du directoire du District, venu \u00e0 Algajola apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 inform\u00e9 par une lettre que les officiers municipaux et les fonctionnaires avaient \u00ab&nbsp;fait une contre r\u00e9volution&nbsp;\u00bb n\u2019a pas donn\u00e9 suite. Pourtant, selon les t\u00e9moins Giuliano est \u00ab&nbsp;poco bon patrioto&nbsp;\u00bb, son p\u00e8re et lui auraient tenu des propos mettant en cause la l\u00e9gitimit\u00e9 des autorit\u00e9s&nbsp;: \u00ab&nbsp;il Direttorio non comanda pi\u00f9 e comanda quanto il mio culo&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;piu non comandava ne dipartamento ne Distretto&nbsp;\u00bb ou encore \u00ab&nbsp;non vi \u00e8 piu Distretto ne niente e comandano quanto alle mie scarpe toccandosi i piedi&nbsp;\u00bb. Damiano Giubega demande le d\u00e9ferrement de Giulano. L\u2019accus\u00e9 remet en cause son impartialit\u00e9&nbsp;: il est le beau-p\u00e8re de de la Rosat, l\u2019a aid\u00e9 l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente afin de favoriser ses \u00ab&nbsp;tr\u00e8s injustes pr\u00e9tentions&nbsp;\u00bb et il est constamment r\u00e9cus\u00e9 lors des affaires civiles impliquant les Giuliani. D\u2019ailleurs, Belgodere, commissaire du roi, demande sa lib\u00e9ration. Giuliano finit par \u00eatre \u00e9largi.<\/p>\n\n\n\n<p>Sept ans plus tard, il est malais\u00e9 de comprendre les raisons de la tentative d\u2019arrestation de Giuliano au mois de f\u00e9vrier 1798<a href=\"#_ftn60\" id=\"_ftnref60\">[60]<\/a>. Antonio d\u00e9crit dans le d\u00e9tail l\u2019attaque dont sa famille a \u00e9t\u00e9 victime alors que les habitants d\u2019Algajola avait accueilli \u00ab&nbsp;fraternellement&nbsp;\u00bb les R\u00e9publicains. Leur maison a \u00e9t\u00e9 ruin\u00e9e, leur r\u00e9serve de nourriture br\u00fbl\u00e9e, leur mobilier vol\u00e9 et son fr\u00e8re Giuliano, craignant pour sa vie, \u00ab&nbsp;voyant que la m\u00e9chancet\u00e9 triomphait&nbsp;\u00bb a fui et a d\u00e9cid\u00e9 de s\u2019embarquer pour G\u00eanes. En effet, il venait d\u2019apprendre qu\u2019un de ses oncles avait \u00e9t\u00e9 arbitrairement massacr\u00e9 \u00e0 L\u2019Ile-Rousse apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9. Cette crainte est d\u2019autant plus forte que selon lui, \u00ab&nbsp;les passions particuli\u00e8res&nbsp;\u00bb, les \u00ab&nbsp;animosit\u00e9s&nbsp;\u00bb ou encore \u00ab&nbsp;la col\u00e8re&nbsp;\u00bb motivaient les assaillants. Cette version diff\u00e8re de celle expos\u00e9e par Antonio \u00e0 son cousin&nbsp;: les Giuliani ont \u00e9t\u00e9 avertis par les Arena de l\u2019arrestation \u00e9minente de Giuliano. Dans ce courrier destin\u00e9 \u00e0 Filippo Antonio Arena, Antonio h\u00e9site sur les moyens \u00e0 utiliser pour permettre le retour de son fr\u00e8re. Doit-il demander un passeport pour couvrir le retour de son fr\u00e8re, qui serait antidat\u00e9 (\u00ab&nbsp;si potrebbe datare il Passaporto di quel tempo medesimo incui voi inseguito rincontri di vostro fratello mi scriveste di far partir Giuliano&nbsp;\u00bb), faire croire que Giuliano n\u2019a pas quitt\u00e9 la Corse, obtenir des attestations prouvant son patriotisme ou s\u2019enqu\u00e9rir de l\u2019appui des administrateurs. Il reproche \u00e0 Filippo Antonio de ne pas avoir tenu parole&nbsp;: \u00ab&nbsp;voi stesso o ous-m\u2019avete sempre fatto sperare questo Passaporto (\u2026) e f\u00f9 s\u00f9 questa fiduccia che si fece partir Giuliano&nbsp;\u00bb. Ce brouillon de lettre contient une autre information&nbsp;: l\u2019administration aurait d\u00e9livr\u00e9 des passeports \u00e0 des personnes qui sont suspect\u00e9es d\u2019avoir pris part \u00e0 la r\u00e9volte. Antonio obtient les certificats pour Giulano. Le premier de Domenico Orsino Zaccaria<a href=\"#_ftn61\" id=\"_ftnref61\">[61]<\/a>, agent de la commune, atteste de son patriotisme durant la r\u00e9volte. Le second \u00e9manant du chef du d\u00e9tachement pr\u00e9sent au moment de \u00ab&nbsp;l\u2019invasion&nbsp;\u00bb, indique qu\u2019il a toujours \u00e9t\u00e9 anim\u00e9 par \u00ab&nbsp;les sentiments de bon r\u00e9publicain&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"368\" height=\"142\" src=\"https:\/\/m3c.universita.corsica\/lumi\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/castellani_7.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1275\" srcset=\"https:\/\/lumi.univ-corse.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/castellani_7.jpg 368w, https:\/\/lumi.univ-corse.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/castellani_7-300x116.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 368px) 100vw, 368px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Figure 7&nbsp;: Certificat de Domenico Orsino Zaccaria, 19 pluvi\u00f4se an 6 (21 juillet 1798) (Fonds Marcelli)<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"253\" height=\"268\" src=\"https:\/\/m3c.universita.corsica\/lumi\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/castellani_8.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1276\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Figure 8&nbsp;: Certificat de non-inscription sur la liste des \u00e9migr\u00e9s, 1799 (Fonds Marcelli)<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>En mars 1799, Antonio obtient, de son cousin Fabrizi, un certificat de non-inscription sur la liste des \u00e9migr\u00e9s et en mai un passeport.<\/p>\n\n\n\n<p>Le temps a pass\u00e9 et Giuliano a peut-\u00eatre pris go\u00fbt \u00e0 sa vie en Italie dont son cousin Franceschini d\u00e9crivait en 1791 le caract\u00e8re paisible et raffin\u00e9 en l\u2019opposant \u00e0 la situation en Corse&nbsp;o\u00f9 <em>\u00ab&nbsp;<\/em>non si vede che miseria e guai&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;ove nell\u2019adunanza di quattro persone vi \u00e8 sempre qualche contrasto&nbsp;\u00bb. Cet exil lui permet aussi de retarder les alliances matrimoniales impos\u00e9es par ses proches. En 1801, il \u00e9crit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je ne compte pas me marier, (\u2026) Il est inutile de m\u2019interpeller \u00e0 ce sujet.&nbsp;\u00bb. Il pr\u00e9cise aussi qu\u2019il aurait pu trouver lui-m\u00eame un bien meilleur parti.<\/p>\n\n\n\n<p>Giuliano rentre en Corse entre juillet 1801 et juin 1802. Lors de la Restauration, il s\u2019investira pleinement au sein du conseil d\u2019arrondissement et d\u00e9fendra vigoureusement les int\u00e9r\u00eats de sa cit\u00e9. Cette branche des Giuliani s\u2019\u00e9teint.<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column has-text-color has-small-font-size is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"color:#a15428;flex-basis:25%\">\n<p><a id=\"_ftn50\" href=\"#_ftnref50\">[50]<\/a> <em>La majorit\u00e9 des habitants de la Balagne \u00e0 leurs compatriotes<\/em>, p. 2, information fournie par Jean-Pierre Poli.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref51\" id=\"_ftn51\">[51]<\/a> Il est en poste de 1800 \u00e0 1814. Il est ensuite nomm\u00e9 Pr\u00e9fet de la Corse.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref52\" id=\"_ftn52\">[52]<\/a> Il pourrait s\u2019agir du fils de Francesco Saverio.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref53\" id=\"_ftn53\">[53]<\/a> Renseignement fourni par Jean-Pierre Poli.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref54\" id=\"_ftn54\">[54]<\/a> Les 2 et 3 juin un mouvement contre-r\u00e9volutionnaire \u00e9clate \u00e0 Bastia. Bartolomeo Arena, Francesco Panattieri et Filippo Buonarroti sont embarqu\u00e9s de force.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref55\" id=\"_ftn55\">[55]<\/a> Il est arr\u00eat\u00e9 \u00e0 Calvi. Selon un t\u00e9moin, Balestrino aurait fourni des fusils aux partisans de Giuliano.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref56\" id=\"_ftn56\">[56]<\/a> Le mot \u00ab&nbsp;Nationales&nbsp;\u00bb a \u00e9t\u00e9 barr\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref57\" id=\"_ftn57\">[57]<\/a> Il y a aussi&nbsp;le beau-fr\u00e8re de Suditti.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref58\" id=\"_ftn58\">[58]<\/a> Il cite plusieurs articles du d\u00e9cret des 8 et 9 octobre 1789 sur la r\u00e9forme de la jurisprudence criminelle.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref59\" id=\"_ftn59\">[59]<\/a> Absence du nom de l\u2019officier public ayant proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 l\u2019interrogatoire, de certaines signatures ou encore interrogatoires men\u00e9s en pr\u00e9sence du secr\u00e9taire de La Rosata [sic] et en pr\u00e9sence du directoire [sic].<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref60\" id=\"_ftn60\">[60]<\/a> Il semblerait qu\u2019Arena veuille obtenir par la force des t\u00e9moignages contre Giuliano et sa fuite est concomitante \u00e0 celle du marchand Matteo Santini. Il semble \u00eatre d\u00e9biteur envers Arena.<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"_ftn61\" href=\"#_ftnref61\">[61]<\/a> Le document est contresign\u00e9 par Avazeri, secr\u00e9taire du canton du Regino, le 4 juin.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un cheminement politique reflet des enjeux du XVIIIe si\u00e8cle La pr\u00e9sence des Giuliani, originaires du Cap Corse, est attest\u00e9e \u00e0 Algajola, capitale de la province de Balagne, dans la seconde moiti\u00e9 du XVIIe. Lors du d\u00e9nombrement de 1670, Gio Andrea[1], \u00e0 la diff\u00e9rence des membres des autres familles de notables d\u2019Algajola, ne porte pas de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":31,"featured_media":1533,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[17],"tags":[],"class_list":["post-1268","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-varia2"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/m3c.universita.corsica\/lumi\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1268","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/m3c.universita.corsica\/lumi\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/m3c.universita.corsica\/lumi\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/m3c.universita.corsica\/lumi\/wp-json\/wp\/v2\/users\/31"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/m3c.universita.corsica\/lumi\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1268"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/m3c.universita.corsica\/lumi\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1268\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3843,"href":"https:\/\/m3c.universita.corsica\/lumi\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1268\/revisions\/3843"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/m3c.universita.corsica\/lumi\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1533"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/m3c.universita.corsica\/lumi\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1268"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/m3c.universita.corsica\/lumi\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1268"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/m3c.universita.corsica\/lumi\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1268"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}