{"id":223,"date":"2022-11-06T08:00:13","date_gmt":"2022-11-06T08:00:13","guid":{"rendered":"https:\/\/lumi.albaagency.fr\/?p=223"},"modified":"2025-07-21T21:45:26","modified_gmt":"2025-07-21T21:45:26","slug":"napoleon-le-dernier-romain","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/m3c.universita.corsica\/lumi\/napoleon-le-dernier-romain\/","title":{"rendered":"Napol\u00e9on, le dernier Romain"},"content":{"rendered":"\t\t<div data-elementor-type=\"wp-post\" data-elementor-id=\"223\" class=\"elementor elementor-223\" data-elementor-post-type=\"post\">\n\t\t\t\t<div data-particle_enable=\"false\" data-particle-mobile-disabled=\"false\" class=\"elementor-element elementor-element-b1be6bd e-flex e-con-boxed e-con e-parent\" data-id=\"b1be6bd\" data-element_type=\"container\" data-e-type=\"container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"e-con-inner\">\n\t\t<div data-particle_enable=\"false\" data-particle-mobile-disabled=\"false\" class=\"elementor-element elementor-element-ef11030 e-con-full e-flex e-con e-child\" data-id=\"ef11030\" data-element_type=\"container\" data-e-type=\"container\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-d8adb10 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"d8adb10\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"1\" data-mfn-post-scope=\"00000000000004c60000000000000000_223\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000000004c60000000000000000_223-1\">1<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000000004c60000000000000000_223-1\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"1\">Jacques-Olivier Boudon, <em>Napol\u00e9on, le dernier Romain<\/em>, Paris, Les Belles Lettres, 2021.<\/span><p>Les contemporains de Napol\u00e9on Bonaparte sont p\u00e9tris de culture antique. Ils ont appris \u00e0 lire et \u00e0 \u00e9crire en latin et connaissent parfaitement l\u2019histoire de la Rome ancienne. Au moment de la R\u00e9volution et particuli\u00e8rement apr\u00e8s la chute de la monarchie, les r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 la R\u00e9publique romaine abondent, plusieurs hommes politiques arborant m\u00eame un pr\u00e9nom romain, \u00e0 l\u2019image de Lucien Bonaparte se faisant appeler Brutus ou de Babeuf adoptant le pr\u00e9nom de Gracchus. L\u2019arriv\u00e9e au pouvoir de Napol\u00e9on renforce ce lien avec le pass\u00e9, d\u2019autant que le nouvel homme fort du pays entend englober dans un m\u00eame ensemble r\u00e9publique et empire romain.<\/p><div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\"><div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\"><p><strong>Les r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 la Rome antique<\/strong><\/p><p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 En foulant le sol de la Lombardie au printemps de 1796, Bonaparte a clairement conscience de se placer dans les pas de Jules C\u00e9sar, m\u00eame si, en ces temps r\u00e9publicains, il lui est peu ais\u00e9 de se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 un dictateur. Il pr\u00e9f\u00e8re dans ses proclamations \u00e0 l\u2019arm\u00e9e faire r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Brutus ou \u00e0 Scipion qui vainquit les Carthaginois au cours de la deuxi\u00e8me guerre punique.\u00a0 Mais le souvenir de C\u00e9sar, gouverneur de la Gaule cisalpine d\u2019o\u00f9 il lance la conqu\u00eate de la Gaule, est lancinant, au point que le jeune g\u00e9n\u00e9ral en chef de l\u2019arm\u00e9e d\u2019Italie lance \u00e0 ses troupes : \u00ab R\u00e9tablir le Capitole, y placer avec honneur les statues des h\u00e9ros qui se rendirent c\u00e9l\u00e8bres, r\u00e9veiller le peuple romain engourdi par plusieurs si\u00e8cles d\u2019esclavage, tel sera le fruit de vos victoires \u00bb<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"2\" data-mfn-post-scope=\"00000000000004c60000000000000000_223\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000000004c60000000000000000_223-2\">2<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000000004c60000000000000000_223-2\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"2\">Proclamation \u00e0 l\u2019arm\u00e9e, 20 mai 1796, dans\u00a0<em>Napol\u00e9on Bonaparte, Discours de guerre<\/em>, pr\u00e9sent\u00e9s par Jacques-Olivier Boudon, Paris, Editions Pierre de Taillac, 2021, p. 34.<\/span>. Depuis Milan, Bonaparte assigne ainsi \u00e0 ses soldats le but \u00e0 atteindre, Rome, capitale d\u2019un empire qui a domin\u00e9 le monde et qui continue \u00e0 fasciner. Deux ans plus tard, Bonaparte est sur le point d\u2019aborder en Egypte et rappelle \u00e0 l\u2019arm\u00e9e d\u2019Orient que l\u2019Egypte fut une des plus belles provinces de l\u2019Empire romain. Elle est surtout le lieu de confrontation des grands conqu\u00e9rants que furent Alexandre le Grand, Jules C\u00e9sar, et Bonaparte, lequel ne manque pas de revendiquer cet h\u00e9ritage, d\u00e8s la campagne elle-m\u00eame comme plus tard \u00e0 Sainte-H\u00e9l\u00e8ne, quand r\u00e9digeant un pr\u00e9cis sur C\u00e9sar, il ne manque pas de comparer sa strat\u00e9gie \u00e0 celle d\u2019Alexandre et \u00e0 la sienne propre. Par-del\u00e0 C\u00e9sar et Alexandre, ce sont aussi les pharaons qui apparaissent. \u00ab Du haut de ces pyramides, quarante si\u00e8cles d\u2019histoire vous contemplent \u00bb. Il n\u2019est pas anodin que Bonaparte ait choisi une terre charg\u00e9e d\u2019histoire comme terrain d\u2019action. La comparaison entre Bonaparte, C\u00e9sar et Alexandre est formul\u00e9e d\u00e8s cette \u00e9poque. Souvenons-nous des premi\u00e8res lignes de <em>la Chartreuse de Parme<\/em> : \u00ab Le 15 mai 1796, le g\u00e9n\u00e9ral Bonaparte fit son entr\u00e9e dans Milan \u00e0 la t\u00eate de cette jeune arm\u00e9e qui venait de passer le pont de Lodi, et d\u2019apprendre au monde qu\u2019apr\u00e8s tant de si\u00e8cles, C\u00e9sar et Alexandre avaient un successeur<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"3\" data-mfn-post-scope=\"00000000000004c60000000000000000_223\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000000004c60000000000000000_223-3\">3<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000000004c60000000000000000_223-3\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"3\">Stendhal,\u00a0<em>La Chartreuse de Parme<\/em>, dans\u00a0<em>Romans et nouvelles<\/em>, t. 2, Paris, Gallimard, \u00ab\u00a0Biblioth\u00e8que de la Pl\u00e9iade\u00a0\u00bb, 1948, p. 25.<\/span>. \u00bb<\/p><p>D\u00e9j\u00e0, \u00e0 la fin de 1800, paraissait un ouvrage au titre \u00e9vocateur,\u00a0<em>Parall\u00e8le entre C\u00e9sar, Cromwell, Monk et Bonaparte<\/em>. Inspir\u00e9 par Lucien Bonaparte, il est r\u00e9dig\u00e9 par Charles de Lacretelle et Louis de Fontanes, deux repr\u00e9sentants du courant n\u00e9o-monarchiste qui pr\u00f4ne le r\u00e9tablissement de la royaut\u00e9 en France. Le parall\u00e8le insiste sur les points de comparaison entre C\u00e9sar et Bonaparte, pour \u00e9tablir une diff\u00e9rence principale. C\u00e9sar a \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9 pour avoir tent\u00e9 de s\u2019appuyer exclusivement sur le peuple, alors que le programme de Bonaparte vise \u00e0 d\u00e9gager un consensus national qui conduit \u00e0 rapprocher hommes du peuple et notables. Le\u00a0<em>Parall\u00e8le\u00a0<\/em>propose donc de p\u00e9renniser le pouvoir de Bonaparte, ce qui m\u00e9contente certains hommes de son entourage \u00e0 commencer par Fouch\u00e9, ministre de la Police g\u00e9n\u00e9rale, qui signale au Premier consul que le pamphlet circule dans toute la France. De fait, ministre de l\u2019Int\u00e9rieur, Lucien l\u2019a largement fait diffuser dans le pays. Bonaparte, sentant que l\u2019affaire est partie trop pr\u00e9cocement, tance son fr\u00e8re et lui retire le minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur pour l\u2019envoyer comme ambassadeur en Espagne. Mais le pamphlet impose d\u2019autant mieux la comparaison entre C\u00e9sar et Bonaparte que depuis le 18 brumaire tout est fait pour rapprocher les deux hommes tout en montrant que Bonaparte est sup\u00e9rieur \u00e0 son mod\u00e8le.<\/p><p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Napol\u00e9on Bonaparte franchit le Rubicon le 19 brumaire, en se pr\u00e9sentant en armes, accompagn\u00e9 de grenadiers, devant les assembl\u00e9es, alors que l\u2019acc\u00e8s des assembl\u00e9es est interdit aux militaires. Il tr\u00e9pigne \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de voir que les d\u00e9bats n\u2019avancent pas et que s\u2019\u00e9loigne la perspective d\u2019un coup d\u2019\u00e9tat parlementaire. En for\u00e7ant la porte des assembl\u00e9es, il force aussi son destin et aurait pu le payer cher devant le Conseil des 500 quand plusieurs d\u00e9put\u00e9s de la mouvance jacobine demandent sa mise hors-la-loi et crient au tyran. Bouscul\u00e9, il doit quitter l\u2019Orangerie de Saint-Cloud o\u00f9 se tenaient les d\u00e9bats, encadr\u00e9 par ses grenadiers. Quelques gouttes de sang perlent \u00e0 son cou. Lucien, qui pr\u00e9side alors les 500, abandonne un instant son fauteuil de pr\u00e9sident pour aller \u00e0 la rencontre de son fr\u00e8re, d\u00e9contenanc\u00e9, sinon boulevers\u00e9 par les \u00e9v\u00e9nements qu\u2019il vient de vivre. Lucien sauve la mise en s\u2019adressant aux troupes pr\u00e9sentes dans la cour, leur expliquant que des d\u00e9put\u00e9s ont cherch\u00e9 \u00e0 assassiner leur g\u00e9n\u00e9ral. Le mythe des poignards est n\u00e9 alors qu\u2019aucun t\u00e9moin n\u2019en a vu sortir. Mais ce mythe, tr\u00e8s vite r\u00e9pandu par l\u2019imagerie populaire, r\u00e9sonne, aux oreilles des contemporains, comme une r\u00e9miniscence de l\u2019assassinat de C\u00e9sar le jour des ides de mars 44. Tous les contemporains ont cette repr\u00e9sentation \u00e0 l\u2019esprit. Le message est clair. Bonaparte a surmont\u00e9 l\u2019\u00e9preuve qui se pr\u00e9sentait devant lui. Chemin faisant, il impose aussi l\u2019image du chef invincible, que rien ne peut atteindre.<\/p><\/div><\/div>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<div data-particle_enable=\"false\" data-particle-mobile-disabled=\"false\" class=\"elementor-element elementor-element-c6ba55e elementor-hidden-mobile e-con-full elementor-hidden-tablet e-flex e-con e-child\" data-id=\"c6ba55e\" data-element_type=\"container\" data-e-type=\"container\">\n\t\t<div data-particle_enable=\"false\" data-particle-mobile-disabled=\"false\" class=\"elementor-element elementor-element-7fc55ec e-con-full e-flex e-con e-child\" data-id=\"7fc55ec\" data-element_type=\"container\" data-e-type=\"container\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-2221953 elementor-widget-divider--view-line_text elementor-widget-divider--element-align-center elementor-widget elementor-widget-divider\" data-id=\"2221953\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" 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eael-tooltip-bottom\" role=\"tooltip\"><p>Jacques-Olivier Boudon, <em>Napol\u00e9on, le dernier Romain<\/em>, Paris, Les Belles Lettres, 2021.<\/p><\/span>\n  \t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-cd458e9 eael-tooltip-align-left eael-tooltip-text-align-left elementor-widget elementor-widget-eael-tooltip\" data-id=\"cd458e9\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"eael-tooltip.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"eael-tooltip\">\n\t\t\t\t\t<p class=\"eael-tooltip-content\" tabindex=\"0\" aria-describedby=\"tooltip-text-cd458e9\"><p>[2] Proclamation \u00e0 l\u2019arm\u00e9e, 20 mai 1796...<\/p><\/p>\n  \t\t\t<span id=\"tooltip-text-cd458e9\" class=\"eael-tooltip-text eael-tooltip-bottom\" role=\"tooltip\"><p>Proclamation \u00e0 l\u2019arm\u00e9e, 20 mai 1796, dans\u00a0<em>Napol\u00e9on Bonaparte, Discours de guerre<\/em>, pr\u00e9sent\u00e9s par Jacques-Olivier Boudon, Paris, Editions Pierre de Taillac, 2021, p. 34.<\/p><\/span>\n  \t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-9889900 eael-tooltip-align-left eael-tooltip-text-align-left elementor-widget elementor-widget-eael-tooltip\" data-id=\"9889900\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"eael-tooltip.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"eael-tooltip\">\n\t\t\t\t\t<p class=\"eael-tooltip-content\" tabindex=\"0\" aria-describedby=\"tooltip-text-9889900\"><p>[3] Stendhal,\u00a0<em>La Chartreuse de Parme...<\/em><\/p><\/p>\n  \t\t\t<span id=\"tooltip-text-9889900\" class=\"eael-tooltip-text eael-tooltip-bottom\" role=\"tooltip\"><p>Stendhal,\u00a0<em>La Chartreuse de Parme<\/em>, dans\u00a0<em>Romans et nouvelles<\/em>, t. 2, Paris, Gallimard, \u00ab\u00a0Biblioth\u00e8que de la Pl\u00e9iade\u00a0\u00bb, 1948, p. 25.<\/p><\/span>\n  \t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<div data-particle_enable=\"false\" data-particle-mobile-disabled=\"false\" class=\"elementor-element elementor-element-bcfa60b e-flex e-con-boxed e-con e-parent\" data-id=\"bcfa60b\" data-element_type=\"container\" data-e-type=\"container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"e-con-inner\">\n\t\t<div data-particle_enable=\"false\" data-particle-mobile-disabled=\"false\" class=\"elementor-element elementor-element-aa601ad e-con-full e-flex e-con e-child\" data-id=\"aa601ad\" data-element_type=\"container\" data-e-type=\"container\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-1e6a6a1 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"1e6a6a1\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p>Au soir du 19 brumaire, les bases des institutions provisoires sont plant\u00e9es. Le Directoire laisse place \u00e0 un Consulat provisoire qui, fort de ses trois consuls, arrive tout droit de la Rome antique. L\u00e9gitim\u00e9e par la constitution de l\u2019an VIII, cette forme de gouvernement coll\u00e9gial, mais en r\u00e9alit\u00e9 reposant sur un unique homme fort, rappelle les derniers temps de la R\u00e9publique romaine, quand C\u00e9sar imposait sa loi. La constitution cr\u00e9e une assembl\u00e9e cens\u00e9e repr\u00e9senter le peuple, le Tribunat, tandis qu\u2019un S\u00e9nat conservateur, compos\u00e9 de membres nomm\u00e9s \u00e0 vie, veille \u00e0 la constitutionnalit\u00e9 des lois. Les emprunts \u00e0 la Rome antique sautent aux yeux. Les lois qui fondent les institutions du nouveau r\u00e9gime ne d\u00e9rogent pas \u00e0 cette r\u00e8gle. En f\u00e9vrier 1800, la loi sur l\u2019organisation administrative conserve le d\u00e9partement comme base de l\u2019administration territoriale, mais place \u00e0 sa t\u00eate un unique repr\u00e9sentant de l\u2019Etat, le pr\u00e9fet. En 1802, en cherchant \u00e0 consolider son r\u00e9gime, le Premier consul cr\u00e9e la l\u00e9gion d\u2019honneur, non sans quelques r\u00e9sistances au sein des assembl\u00e9es. Il s\u2019agit de forger une milice pr\u00eate \u00e0 d\u00e9fendre le r\u00e9gime. Les l\u00e9gionnaires sont organis\u00e9s en cohortes. C\u2019est l\u2019arm\u00e9e romaine qui s\u2019avance en plein c\u0153ur du Consulat. En cette m\u00eame ann\u00e9e, Bonaparte fait valider le concordat sign\u00e9 avec le pape et peut appara\u00eetre en pacificateur des religions d\u2019autant que la loi du 18 germinal an X qui contient le concordat comprend aussi des articles organiques qui organisent les cultes protestants. L\u2019homme qui a r\u00e9tabli la paix religieuse dans le pays peut se pr\u00e9senter en nouveau Constantin. Au m\u00eame moment, le Premier consul participe activement aux s\u00e9ances du Conseil d\u2019Etat au cours desquelles se pr\u00e9pare le nouveau Code civil annonc\u00e9 d\u00e9j\u00e0 dans la constitution de 1791. Homme de la M\u00e9diterran\u00e9e, p\u00e9tri de droit romain, Bonaparte sait l\u2019importance du droit et des lois pour imposer sa marque. En digne h\u00e9ritier de Th\u00e9odose, il impose le Code civil en 1804 avant de le rebaptiser de son nom, trois ans plus tard. Le Code Napol\u00e9on a vocation \u00e0 s\u2019imposer \u00e0 l\u2019Europe.<\/p>\n<p><strong>Le culte imp\u00e9rial<\/strong><\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 De la Rome antique et plus particuli\u00e8rement de l\u2019empire romain, Napol\u00e9on retient l\u2019id\u00e9e que le pouvoir doit s\u2019incarner dans un homme. Il a \u00e9t\u00e9 sensible, comme beaucoup de ses contemporains, au fait que la R\u00e9volution paraissait d\u00e9sincarn\u00e9e, ce que Germaine de Sta\u00ebl traduisit par cette formule \u00e0 l\u2019annonce du coup d\u2019\u00e9tat de brumaire : \u00ab C\u2019\u00e9tait la premi\u00e8re fois depuis la R\u00e9volution que j\u2019entendais un nom propre dans toutes les bouches<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"4\" data-mfn-post-scope=\"00000000000004c60000000000000000_223\"><a href=\"javascript:void(0)\" refnum=\"4\" role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000000004c60000000000000000_223-4\">4<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000000004c60000000000000000_223-4\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"4\">Germaine de Sta\u00ebl,\u00a0<em>Dix ann\u00e9es d\u2019exil<\/em>, \u00e9dition critique par Simone Balay\u00e9 et Mariella Vianello Bonifacio, Paris, Fayard, 1996, p. 68.<\/span>. \u00bb\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Cette incarnation passe d\u2019abord par la rencontre avec le peuple. Chaque semaine, les revues militaires qui se d\u00e9roulent au palais des Tuileries sont l\u2019occasion d\u2019associer le peuple de Paris ou les visiteurs venus de province. C\u2019est pendant ces revues que l\u2019on peut transmettre une supplique au chef de l\u2019Etat. Il en est de m\u00eame au cours des chasses dont Napol\u00e9on Bonaparte est tr\u00e8s friand. Mais c\u2019est surtout \u00e0 l\u2019occasion des voyages dans le pays que le Premier consul puis l\u2019empereur, peut tester sa popularit\u00e9. Le c\u00e9r\u00e9monial, emprunt\u00e9 aux souverains de l\u2019ancienne France, est partout le m\u00eame. Le long de la route, la foule est invit\u00e9e \u00e0 se masser au bord de la route. Des arcs de triomphe \u00e9ph\u00e9m\u00e8res ont \u00e9t\u00e9 \u00e9rig\u00e9s \u00e0 l\u2019entr\u00e9e des principaux bourgs. L\u2019accueil est encore plus solennel \u00e0 l\u2019entr\u00e9e des villes pr\u00e9fectures, surtout si le chef de l\u2019Etat y s\u00e9journe. Toutes les autorit\u00e9s du lieu sont pr\u00e9sentes, la population \u00e9galement. D\u00e8s l\u2019un des premiers voyages que Bonaparte effectue, en Normandie en novembre 1802, il est frapp\u00e9 par l\u2019enthousiasme qu\u2019il suscite. L\u2019accueil est en revanche un peu moins ardent dans les d\u00e9partements belges l\u2019ann\u00e9e suivante. Mais l\u2019essentiel est pour Napol\u00e9on de se montrer et de recueillir les hommages que les diff\u00e9rents acteurs rencontr\u00e9s ne manquent pas de lui adresser. Ainsi commence \u00e0 se d\u00e9velopper un culte de la personnalit\u00e9 qui contribue \u00e0 placer le chef de l\u2019Etat en majest\u00e9 avant m\u00eame qu\u2019il ne soit empereur.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 L\u2019incarnation passe aussi par l\u2019usage des monnaies. Bonaparte profite de la r\u00e9forme du franc en germinal an XI pour r\u00e9introduire sur les monnaies son visage, comme c\u2019\u00e9tait le cas sous l\u2019Ancien R\u00e9gime. D\u2019abord Premier consul de la R\u00e9publique fran\u00e7aise, il figure en empereur apr\u00e8s 1804, mais avec la mention de \u00ab\u00a0R\u00e9publique fran\u00e7aise\u00a0\u00bb. Elle dispara\u00eet apr\u00e8s Tilsit, quand, s\u00fbr de son pouvoir, Napol\u00e9on, dont la t\u00eate est d\u00e9sormais ceinte d\u2019une couronne de lauriers, peut lui substituer la mention \u00ab\u00a0empire fran\u00e7ais\u00a0\u00bb. Au fur et \u00e0 mesure de la diffusion de la monnaie, chaque Fran\u00e7ais a en poche le portrait de Napol\u00e9on.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 La personnalisation du pouvoir s\u2019accro\u00eet naturellement avec le passage \u00e0 l\u2019Empire dont la proclamation est directement inspir\u00e9e de la Rome antique. Encore Napol\u00e9on se m\u00e9fie-t-il d\u2019une association trop pr\u00e9cise avec tel ou tel empereur romain. \u00ab On ne voit rien dans le souvenir des empereurs romains que l\u2019on puisse envier. (\u2026). Quel horrible souvenir pour les g\u00e9n\u00e9rations que celui de Tib\u00e8re, Caligula, N\u00e9ron, Domitien et de tous ces princes qui r\u00e9gn\u00e8rent sans lois l\u00e9gitimes, sans transmission d\u2019h\u00e9r\u00e9dit\u00e9, et par des raisons inutiles \u00e0 d\u00e9finir, commirent tant de crimes et firent peser tant de maux sur Rome ! Le seul homme, et il n\u2019\u00e9tait pas empereur, qui s\u2019illustra par caract\u00e8re et par tant d\u2019illustres actions, c\u2019est C\u00e9sar<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"5\" data-mfn-post-scope=\"00000000000004c60000000000000000_223\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000000004c60000000000000000_223-5\">5<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000000004c60000000000000000_223-5\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"5\">. Note sur des inscriptions propos\u00e9es pour l\u2019Arc de triomphe, 3 octobre 1809, dans Correspondance de Napol\u00e9on Ier publi\u00e9e par ordre de Napol\u00e9on, Paris, Tchou, 2001, t. 10, p. 545.<\/span>. \u00bb Il est int\u00e9ressant que Napol\u00e9on mette en avant la question de l\u2019h\u00e9r\u00e9dit\u00e9 au moment o\u00f9 il sait qu\u2019il peut avoir des enfants et s\u2019appr\u00eate \u00e0 divorcer de Jos\u00e9phine. En fondant l\u2019Empire en effet, il avait envisag\u00e9 que la transmission de son tr\u00f4ne, en principe d\u00e9volu \u00e0 l\u2019un de ses fr\u00e8res, puisse s\u2019op\u00e9rer via l\u2019adoption de l\u2019un de ses neveux ou petits-neveux. Cet enfant adopt\u00e9 doit avoir plus de dix-huit ans et ce choix peut \u00eatre remis en cause si, apr\u00e8s avoir adopt\u00e9 un de ses neveux, Napol\u00e9on devient p\u00e8re. C\u2019est en vertu de cette disposition que Napol\u00e9on avait song\u00e9 adopter le fils a\u00een\u00e9 de Louis Bonaparte et Hortense de Beauharnais. De m\u00eame, apr\u00e8s avoir d\u00e9sign\u00e9 Eug\u00e8ne de Beauharnais comme vice-roi d\u2019Italie, il l\u2019adopte et le choisit comme son successeur \u00e0 la t\u00eate de ce royaume.<\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<div data-particle_enable=\"false\" data-particle-mobile-disabled=\"false\" class=\"elementor-element elementor-element-0b53917 elementor-hidden-mobile e-con-full elementor-hidden-tablet e-flex e-con e-child\" data-id=\"0b53917\" data-element_type=\"container\" data-e-type=\"container\">\n\t\t<div data-particle_enable=\"false\" data-particle-mobile-disabled=\"false\" class=\"elementor-element elementor-element-8030df2 e-con-full e-flex e-con e-child\" data-id=\"8030df2\" data-element_type=\"container\" data-e-type=\"container\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-8f80f40 elementor-widget-divider--view-line_text elementor-widget-divider--element-align-center elementor-widget elementor-widget-divider\" data-id=\"8f80f40\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"divider.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-divider\">\n\t\t\t<span class=\"elementor-divider-separator\">\n\t\t\t\t\t\t\t<p class=\"elementor-divider__text elementor-divider__element\">\n\t\t\t\tPage 2\t\t\t\t<\/p>\n\t\t\t\t\t\t<\/span>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-ac82d54 eael-tooltip-align-left eael-tooltip-text-align-left elementor-widget elementor-widget-eael-tooltip\" data-id=\"ac82d54\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"eael-tooltip.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"eael-tooltip\">\n\t\t\t\t\t<p class=\"eael-tooltip-content\" tabindex=\"0\" aria-describedby=\"tooltip-text-ac82d54\"><p>[4] Germaine de Sta\u00ebl,\u00a0<em>Dix ann\u00e9es...<\/em><\/p><\/p>\n  \t\t\t<span id=\"tooltip-text-ac82d54\" class=\"eael-tooltip-text eael-tooltip-bottom\" role=\"tooltip\"><p>Germaine de Sta\u00ebl,\u00a0<em>Dix ann\u00e9es d\u2019exil<\/em>, \u00e9dition critique par Simone Balay\u00e9 et Mariella Vianello Bonifacio, Paris, Fayard, 1996, p. 68.<\/p><\/span>\n  \t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-9fa4d57 eael-tooltip-align-left eael-tooltip-text-align-left elementor-widget elementor-widget-eael-tooltip\" data-id=\"9fa4d57\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"eael-tooltip.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"eael-tooltip\">\n\t\t\t\t\t<p class=\"eael-tooltip-content\" tabindex=\"0\" aria-describedby=\"tooltip-text-9fa4d57\"><p>[5] Note sur des inscriptions propos\u00e9es...<\/p><\/p>\n  \t\t\t<span id=\"tooltip-text-9fa4d57\" class=\"eael-tooltip-text eael-tooltip-bottom\" role=\"tooltip\"><p>Note sur des inscriptions propos\u00e9es pour l\u2019Arc de triomphe, 3 octobre 1809, dans\u00a0<em>Correspondance de Napol\u00e9on I<sup>er<\/sup>\u00a0publi\u00e9e par ordre de Napol\u00e9on<\/em>, Paris, Tchou, 2001, t. 10, p. 545.<\/p><\/span>\n  \t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<div data-particle_enable=\"false\" data-particle-mobile-disabled=\"false\" class=\"elementor-element elementor-element-3e94320 e-flex e-con-boxed e-con e-parent\" data-id=\"3e94320\" data-element_type=\"container\" data-e-type=\"container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"e-con-inner\">\n\t\t<div data-particle_enable=\"false\" data-particle-mobile-disabled=\"false\" class=\"elementor-element elementor-element-d8d7e20 e-con-full e-flex e-con e-child\" data-id=\"d8d7e20\" data-element_type=\"container\" data-e-type=\"container\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-d0bbf66 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"d0bbf66\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p>Pour Napol\u00e9on, le passage \u00e0 l\u2019Empire doit favoriser la formation d\u2019une quatri\u00e8me dynastie qui apr\u00e8s les M\u00e9rovingiens, les Carolingiens et les Cap\u00e9tiens serait susceptible de r\u00e9gner pendant des si\u00e8cles en France. Il s\u2019inscrit ainsi dans une tradition, la\u00a0<em>translatio imperii<\/em>, selon laquelle le pouvoir se transmet depuis l\u2019Antiquit\u00e9 \u00e0 un nouvel empereur.\u00a0 Il se per\u00e7oit ainsi comme le successeur d\u2019Alexandre, des empereurs romains, mais aussi de Charlemagne dont la figure est omnipr\u00e9sente dans les semaines qui pr\u00e9c\u00e8dent le sacre, comme pendant la c\u00e9r\u00e9monie elle-m\u00eame, organis\u00e9e avec les ornements du sacre de Charlemagne. Or au-del\u00e0 de Charlemagne, sacr\u00e9 \u00e0 Rome en 800, c\u2019est l\u2019empire romain dont il \u00e9tait le successeur, qui est en toile de fond.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 La fondation de l\u2019empire a \u00e9t\u00e9 valid\u00e9e par le peuple au terme d\u2019un pl\u00e9biscite qui a r\u00e9uni plus de 3,5 millions de oui. Le souverain est donc aussi tribun de la pl\u00e8be et ne cesse de r\u00e9p\u00e9ter qu\u2019il tient son pouvoir du peuple, ce qui explique du reste qu\u2019il ait refus\u00e9 que le pape d\u00e9pose sur sa t\u00eate la couronne imp\u00e9riale. L\u2019auto-couronnement est la traduction de cette origine populaire de son pouvoir. Le peuple est aussi associ\u00e9 aux f\u00eates qui accompagnent la c\u00e9r\u00e9monie. L\u2019arm\u00e9e a \u00e9galement particip\u00e9 au pl\u00e9biscite, votant par r\u00e9giment, ce qui devait att\u00e9nuer une \u00e9ventuelle grogne chez les militaires. Elle est aussi mise en sc\u00e8ne dans une c\u00e9r\u00e9monie sp\u00e9cifique, la remise des aigles \u2013 autre symbole d\u2019origine romaine \u2013 aux r\u00e9giments pr\u00e9sents \u00e0 Paris. Cette manifestation s\u2019apparente \u00e0 une forme d\u2019\u00e9lection de l\u2019empereur par les troupes comme \u00e0 l\u2019\u00e9poque romaine.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Rev\u00eatu de la couronne imp\u00e9riale, Napol\u00e9on peut d\u00e9sormais se montrer en souverain magnanime, consolateur ou encore \u00e9verg\u00e8te. L\u2019un des premiers actes qu\u2019il accomplit au lendemain de la proclamation de l\u2019Empire est de gracier une dizaine de conspirateurs impliqu\u00e9s dans la conspiration Cadoudal-Pichegru, qui avaient \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9s \u00e0 mort. Par la suite, Napol\u00e9on use encore de cette forme de cl\u00e9mence par exemple en acceptant la requ\u00eate de madame de Hatzfeld, la femme de l\u2019ancien gouverneur de Berlin condamn\u00e9 \u00e0 mort pour avoir continu\u00e9 de correspondre avec le roi de Prusse. La sc\u00e8ne, rapidement diffus\u00e9e par l\u2019imagerie populaire, contribue \u00e0 la gloire de l\u2019empereur. Au lendemain de la victoire d\u2019Austerlitz, remport\u00e9e un an jour pour jour apr\u00e8s le sacre, ce que Napol\u00e9on ne manque pas de souligner, y voyant la trace d\u2019une intervention quasi divine, il se fait consolateur aupr\u00e8s des veuves et orphelins des soldats et surtout des officiers tu\u00e9s au combat, exceptionnellement dot\u00e9s. Cette attention aux v\u00e9t\u00e9rans de ses arm\u00e9es le conduit aussi \u00e0 tenter d\u2019organiser, d\u00e8s l\u2019\u00e9poque du Consulat, des colonies militaires sur le mod\u00e8le romain, ou tout au long de son r\u00e8gne de marier ces hommes, l\u2019op\u00e9ration la plus spectaculaire se d\u00e9roulant en 1810 \u00e0 l\u2019occasion de son mariage avec Marie-Louise.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le culte imp\u00e9rial passe enfin par des f\u00eates charg\u00e9es de glorifier le souverain. Deux f\u00eates sont cr\u00e9\u00e9es en f\u00e9vrier 1806, au lendemain de la victoire d\u2019Austerlitz. L\u2019une doit c\u00e9l\u00e9brer l\u2019anniversaire de Napol\u00e9on, le 15 ao\u00fbt, jour de l\u2019Assomption, ce qui permet d\u2019associer au culte marial l\u2019\u00e9loge du souverain. Le dimanche le plus proche du 2 d\u00e9cembre, est par ailleurs c\u00e9l\u00e9br\u00e9 l\u2019anniversaire du sacre et de la victoire d\u2019Austerlitz. Dans les deux cas, c\u00e9r\u00e9monies civiles et religieuses s\u2019entrem\u00ealent, les clerg\u00e9s \u00e9tant largement associ\u00e9s \u00e0 ce culte rendu aux souverains. Des vivres et de la boisson sont distribu\u00e9s au peuple auquel sont \u00e9galement propos\u00e9s des spectacles gratuits ou des feux d\u2019artifice. Comme au temps de la Rome antique, l\u2019empereur \u00e9verg\u00e8te entend nourrir son peuple et le distraire (\u00ab\u00a0<em>panem et circenses<\/em>\u00a0\u00bb). C\u2019est le cas aussi \u00e0 l\u2019occasion des grandes c\u00e9r\u00e9monies du r\u00e9gime, tels que le sacre, le mariage autrichien ou le bapt\u00eame du roi de Rome.<\/p>\n<p><strong>La recherche de l\u2019immortalit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Napol\u00e9on est obs\u00e9d\u00e9 par l\u2019id\u00e9e de laisser une trace dans l\u2019histoire. D\u00e8s lors il contribue \u00e0 forger sa l\u00e9gende de son vivant. Tout commence en Italie lorsqu\u2019il impose, gr\u00e2ce notamment aux journaux qu\u2019il a cr\u00e9\u00e9s, l\u2019image du jeune et fougueux g\u00e9n\u00e9ral en chef volant de victoires en victoires. Il parvient en Egypte \u00e0 masquer ses \u00e9checs, la d\u00e9faite navale d\u2019Aboukir notamment, et surtout l\u2019\u00e9chec de la campagne de Syrie, pour faire en sorte que l\u2019on ne retienne que ses victoires, aux Pyramides ou \u00e0 Aboukir. Il insiste sur l\u2019\u0153uvre des savants, contribuant \u00e0 transformer une campagne militaire particuli\u00e8rement meurtri\u00e8re en une exp\u00e9dition scientifique. L\u2019image joue un grand r\u00f4le dans cette mise en sc\u00e8ne de ses actions. C\u2019est tel un roi d\u2019Ancien R\u00e9gime qu\u2019il se fait repr\u00e9senter par David franchissant le col du Grand Saint-Bernard en mai 1800, sur un cheval cabr\u00e9, alors que l\u2019essentiel de l\u2019ascension s\u2019est faite \u00e0 pied ou sur le dos d\u2019un baudet. Le peintre n\u2019a pas oubli\u00e9 d\u2019inscrire \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du nom de Bonaparte ceux de ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs dans le franchissement des Alpes, Hannibal et Charlemagne. Au salon de 1804, Gros expose ses\u00a0<em>Pestif\u00e9r\u00e9s de Jaffa<\/em>. On y voit Bonaparte visitant le lazaret de Jaffa et touchant un soldat atteint de la peste, de sa main d\u00e9gant\u00e9e. Le message est double\u00a0: il doit r\u00e9pondre aux accusations anglaises selon laquelle il aurait fait empoisonner ses soldats malades lors de la retraite de Syrie, ce qui est av\u00e9r\u00e9\u00a0; il doit aussi montrer un souverain qui n\u2019a pas peur d\u2019affronter la mort et m\u00eame peut gu\u00e9rir les malades, tels les rois de l\u2019ancienne France suppos\u00e9s avoir le don de gu\u00e9rir les \u00e9crouelles. \u00c0 la veille du sacre, ce rappel implicite \u00e0 une tradition ancestrale n\u2019est pas le fruit du hasard.<\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<div data-particle_enable=\"false\" data-particle-mobile-disabled=\"false\" class=\"elementor-element elementor-element-8cf6870 elementor-hidden-mobile e-con-full elementor-hidden-tablet e-flex e-con e-child\" data-id=\"8cf6870\" data-element_type=\"container\" data-e-type=\"container\">\n\t\t<div data-particle_enable=\"false\" data-particle-mobile-disabled=\"false\" class=\"elementor-element elementor-element-b815d5c e-con-full e-flex e-con e-child\" data-id=\"b815d5c\" data-element_type=\"container\" data-e-type=\"container\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-05c3486 elementor-widget-divider--view-line_text elementor-widget-divider--element-align-center elementor-widget elementor-widget-divider\" data-id=\"05c3486\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"divider.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-divider\">\n\t\t\t<span class=\"elementor-divider-separator\">\n\t\t\t\t\t\t\t<p class=\"elementor-divider__text elementor-divider__element\">\n\t\t\t\tPage 3\t\t\t\t<\/p>\n\t\t\t\t\t\t<\/span>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<div data-particle_enable=\"false\" data-particle-mobile-disabled=\"false\" class=\"elementor-element elementor-element-a93f04b e-flex e-con-boxed e-con e-parent\" data-id=\"a93f04b\" data-element_type=\"container\" data-e-type=\"container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"e-con-inner\">\n\t\t<div data-particle_enable=\"false\" data-particle-mobile-disabled=\"false\" class=\"elementor-element elementor-element-d2ca9f9 e-con-full e-flex e-con e-child\" data-id=\"d2ca9f9\" data-element_type=\"container\" data-e-type=\"container\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-f75f2b1 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"f75f2b1\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p>Napol\u00e9on joue de cette id\u00e9e d\u2019invincibilit\u00e9. Il se pr\u00e9sente comme prot\u00e9g\u00e9 des dieux, il croit en son \u00e9toile. A Montereau, le 18 f\u00e9vrier 1814, il r\u00e9pond \u00e0 ses proches qui veulent l\u2019\u00e9carter du danger\u00a0: \u00ab\u00a0Le boulet qui doit me tuer n\u2019est pas encore fondu\u00a0\u00bb, mais cette attitude est permanente. Et lorsqu\u2019il est bless\u00e9 \u00e0 Ratisbonne au talon en 1809, le bruit s\u2019en r\u00e9pand au point qu\u2019il doit remonter \u00e0 cheval pour rassurer l\u2019arm\u00e9e. Son principal moment de frayeur se d\u00e9roule au cours de la retraite de Russie quand il craint, avant le franchissement de la B\u00e9r\u00e9zina, d\u2019\u00eatre fait prisonnier par les Russes. Mais il n\u2019en laisse rien para\u00eetre, rentrant pr\u00e9cipitamment en France pour recomposer une arm\u00e9e d\u00e9truite.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Il se disait plus fier de son Code, le Code civil, que de toutes ses victoires qu\u2019il aimait pourtant \u00e0 comm\u00e9morer, car il savait que ce Code traverserait le temps et serait p\u00e9rennis\u00e9 par ses successeurs, de m\u00eame qu\u2019il avait conscience que son \u0153uvre civile serait durable. Mais pour encore mieux s\u2019assurer que son action perdure, quoi de mieux que d\u2019inscrire ses exploits dans la pierre. Les constructions dues \u00e0 Napol\u00e9on Bonaparte sont innombrables, villes nouvelles \u00e0 l\u2019image de la ville de Napol\u00e9on, aujourd\u2019hui La Roche-sur-Yon, routes, canaux, ports, am\u00e9nagements urbains, partout Napol\u00e9on a laiss\u00e9 sa trace, se souvenant que les Romains avaient ainsi marqu\u00e9 leur territoire. De fait, en Croatie, on parle encore de la route Napol\u00e9on, comme on \u00e9voque ici ou l\u00e0 un r\u00e9seau de voies romaines. Mais de la Rome antique, qu\u2019il n\u2019a jamais visit\u00e9e, il retient surtout les principaux monuments et s\u2019en inspire. Au lendemain de la victoire d\u2019Austerlitz qu\u2019il entend p\u00e9renniser, il lance la construction d\u2019une colonne, \u00e9rig\u00e9e place Vend\u00f4me, sur le mod\u00e8le de la colonne Trajane. Elle relate la campagne de 1805 et devait \u00eatre recouverte d\u2019une statue de Charlemagne. Ce sera finalement Napol\u00e9on, en empereur romain, qui dominera Paris, jusqu\u2019au d\u00e9boulonnage de la statue en 1814. Dans le m\u00eame temps, Napol\u00e9on lance le projet de deux arcs de triomphe, l\u2019un rapidement achev\u00e9 place du Carrousel, \u00e0 l\u2019entr\u00e9e des Tuileries, directement inspir\u00e9 de l\u2019arc romain de Septime S\u00e9v\u00e8re, l\u2019autre, d\u2019abord envisag\u00e9 \u00e0 l\u2019est de Paris pour finalement \u00eatre \u00e9rig\u00e9 \u00e0 l\u2019ouest de la capitale, l\u2019architecte Chalgrin s\u2019inspirant pour le construire de l\u2019arc de Titus. Au m\u00eame moment, les arch\u00e9ologues fran\u00e7ais red\u00e9couvrent ces ruines antiques, bient\u00f4t mises \u00e0 jour. Apr\u00e8s avoir annex\u00e9 Rome et en avoir fait la deuxi\u00e8me ville de l\u2019Empire, Napol\u00e9on encourage \u00e0 la red\u00e9couverte de la Rome antique dont les principaux monuments sont d\u00e9gag\u00e9s, sous l\u2019impulsion du pr\u00e9fet Tournon. En diligentant des travaux de r\u00e9am\u00e9nagement du palais du Quirinal en palais imp\u00e9rial, Napol\u00e9on envisageait de se rendre dans la ville \u00e9ternelle. Les derni\u00e8res campagnes militaires de l\u2019Empire ne lui en ont pas laiss\u00e9 le temps. Mais il a attribu\u00e9 au futur empereur, son fils n\u00e9 en mars 1811, le titre de roi de Rome, que portaient les h\u00e9ritiers pr\u00e9sum\u00e9s des empereurs allemands depuis Charlemagne.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 C\u2019est donc finalement \u00e0 Sainte-H\u00e9l\u00e8ne que Napol\u00e9on parach\u00e8ve son \u0153uvre d\u2019immortalisation. \u00ab\u00a0Je vais, dans ma retraite, substituer la plume \u00e0 l\u2019\u00e9p\u00e9e\u00a0\u00bb, \u00e9crivait-il \u00e0 Jos\u00e9phine au moment de partir sur l\u2019\u00eele d\u2019Elbe. Il n\u2019en eut gu\u00e8re le loisir au cours de son premier exil. Mais au milieu de l\u2019Atlantique sud, entour\u00e9 de quatre compagnons d\u2019infortune, il lui fut loisible de dicter ses m\u00e9moires et d\u2019imposer l\u2019image d\u2019un empereur lib\u00e9ral, h\u00e9ritier des principes de 1789. C\u2019\u00e9tait alors une gageure d\u2019esp\u00e9rer faire sortir Napol\u00e9on de l\u2019obscurit\u00e9 \u00e0 laquelle l\u2019avait rel\u00e9gu\u00e9 la Restauration, bien aid\u00e9e par les artisans de la l\u00e9gende noire de l\u2019empereur d\u00e9chu, Chateaubriand en t\u00eate, avec son\u00a0<em>De Buonaparte et des Bourbons<\/em>. Les partisans de Napol\u00e9on se cachent et lui rendent un culte clandestin. Ceux qui tentent de conspirer contre la monarchie sont pourchass\u00e9s.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Pourtant arrivent de Sainte-H\u00e9l\u00e8ne des informations qui laissent entendre que Napol\u00e9on est mal trait\u00e9 par ses ge\u00f4liers anglais. Le m\u00e9decin irlandais O\u2019Meara est un des premiers \u00e0 d\u00e9noncer le sort fait \u00e0 l\u2019empereur d\u00e9chu. Le retour en Europe de Las Cases et Gourgaud contribue aussi \u00e0 la diffusion de nouvelles concernant le \u00ab\u00a0martyr de Sainte-H\u00e9l\u00e8ne\u00a0\u00bb, d\u00e9sormais transform\u00e9 en h\u00e9ros romantique, Prom\u00e9th\u00e9e accroch\u00e9 \u00e0 son rocher. Il n\u2019en fallait pas plus pour que sa mort, le 5 mai 1821, connue deux mois plus tard en Europe, sonne comme un coup de canon. Toute une g\u00e9n\u00e9ration d\u2019artistes et d\u2019\u00e9crivains, souvent d\u00e9\u00e7us de leur engagement royaliste, red\u00e9couvrent la figure de Napol\u00e9on. De Lamartine \u00e0 Hugo, en passant par Vigny, Balzac ou Stendhal, tous c\u00e9l\u00e8brent, avec une ardeur plus ou moins vive, le souvenir de l\u2019empereur mort en captivit\u00e9. Mais le retournement le plus spectaculaire est sans conteste celui de Chateaubriand, ins\u00e9rant dans ses propres m\u00e9moires une vie de Napol\u00e9on, et concluant \u00e0 propos de sa mort\u00a0: \u00ab\u00a0Vivant il a manqu\u00e9 le monde, mort, il le poss\u00e8de\u00a0\u00bb. Deux cents ans apr\u00e8s sa mort, le souhait de Napol\u00e9on d\u2019acc\u00e9der \u00e0 l\u2019immortalit\u00e9, au moins m\u00e9morielle, a \u00e9t\u00e9 exauc\u00e9.<\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<div data-particle_enable=\"false\" data-particle-mobile-disabled=\"false\" class=\"elementor-element elementor-element-46203ec elementor-hidden-mobile e-con-full elementor-hidden-tablet e-flex e-con e-child\" data-id=\"46203ec\" data-element_type=\"container\" data-e-type=\"container\">\n\t\t<div data-particle_enable=\"false\" data-particle-mobile-disabled=\"false\" class=\"elementor-element elementor-element-41da03e e-con-full e-flex e-con e-child\" data-id=\"41da03e\" data-element_type=\"container\" data-e-type=\"container\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-228e9a4 elementor-widget-divider--view-line_text elementor-widget-divider--element-align-center elementor-widget elementor-widget-divider\" data-id=\"228e9a4\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"divider.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-divider\">\n\t\t\t<span class=\"elementor-divider-separator\">\n\t\t\t\t\t\t\t<p class=\"elementor-divider__text elementor-divider__element\">\n\t\t\t\tPage 4\t\t\t\t<\/p>\n\t\t\t\t\t\t<\/span>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les contemporains de Napol\u00e9on Bonaparte sont p\u00e9tris de culture antique. Ils ont appris \u00e0 lire et \u00e0 \u00e9crire en latin et connaissent parfaitement l\u2019histoire de la Rome ancienne. Au moment de la R\u00e9volution et particuli\u00e8rement apr\u00e8s la chute de la monarchie, les r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 la R\u00e9publique romaine abondent, plusieurs hommes politiques arborant m\u00eame un pr\u00e9nom [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":818,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-223","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-numero1"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/m3c.universita.corsica\/lumi\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/223","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/m3c.universita.corsica\/lumi\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/m3c.universita.corsica\/lumi\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/m3c.universita.corsica\/lumi\/wp-json\/wp\/v2\/users\/8"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/m3c.universita.corsica\/lumi\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=223"}],"version-history":[{"count":13,"href":"https:\/\/m3c.universita.corsica\/lumi\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/223\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4169,"href":"https:\/\/m3c.universita.corsica\/lumi\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/223\/revisions\/4169"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/m3c.universita.corsica\/lumi\/wp-json\/wp\/v2\/media\/818"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/m3c.universita.corsica\/lumi\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=223"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/m3c.universita.corsica\/lumi\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=223"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/m3c.universita.corsica\/lumi\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=223"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}