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Fort San Giorgio à Capraia

Citer ce document : Jambert, Philippe, Fort San Giorgio à Capraia, Médiathèque Culturelle de la Corse et des Corses, consulté le 21 mai 2024, https://m3c.universita.corsica/s/fr/item/106341

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Titre : Fort San Giorgio à Capraia
Description : Collection photographique illustrant l’exposition et le catalogue intitulés « De chair et de gloire… Dans les pas des Rivarola : une famille dans l’Histoire de la Corse et de l’Europe ». Ce projet est inscrit dans l’action « Rivarola » du programme B3C. Il se décline de la manière suivante : numérisation des archives privées et inédites de la famille Rivarola de Corse ; exposition itinérante et sur le site de la M3C et publication d’un catalogue d’exposition ; publication d’un ouvrage historique intitulé Casa Rivarola. Une famille corse dans l’Europe des Révolutions. Il est difficile et même impossible de traiter des XVIIIe et XIXe siècles corses, sans rencontrer en pleine lumière les membres de la famille Rivarola. L’histoire de cette famille se confond avec l’histoire tumultueuse de leur pays, la Corse. D’une rive à l’autre, les Rivarola se trouvent souvent au cœur des événements. Rares sont les historiens qui se sont penchés sur ces vies, ces trajectoires et ces destins. Rares sont ceux qui ont essayé à donner du sens à des existences et chair à des personnages qui sont aussi une part de nous-mêmes. C’est à une tâche ardue et enthousiasmante que m’appelait les Rivarola. J’ai essayé d’assembler les pièces d’un puzzle dispersées par le vent de l’Histoire. J’ai essayé de reconstituer les existences, à partir des archives et documents souvent disparates et lacunaires qu’il fallait revivifier sans les travestir. Je songe à ce qu’écrivait la romancière Marguerite Yourcenar arrivée au soir de sa vie. Se livrant dans un ouvrage d’entretiens sur l’élaboration des Mémoires d’Hadrien, elle soulignait que « tant qu’on ne fait pas entrer toute sa propre intensité dans un document, il est mort, quel qu’il soit ». Les Rivarola, c’est Oletta et Bastia. Bastia d’abord. Oletta ensuite et surtout. Les Rivarola c’est aussi la Méditerranée, cette mer-monde, parturiente des civilisations, qu’ils ont arpentée, où ils ont vécu, où ils ont noué des alliances. À bien y regarder, rares sont les membres d’une même famille à avoir peuplé et illustré de ses rejetons, en si grand nombre et avec autant de force, la chronique historique de la Corse du XVIIIe siècle, ce siècle d’or des Révolutions. Certes, les Gafforj, les Giafferi, les Matra, les Bonaparte… Mais aussi quelques autres au nombre desquels les Rivarola figurent en premier lieu. Ce qui frappe d’emblée dans la destinée des membres de la famille Rivarola, c’est le courage. C’est aussi une forme de cosmopolitisme européen qui ne tient pas tout de l’attrait des Corses pour le métier des armes et le mercenariat au service de tous les princes d’Europe ni même de l’opportunisme politique. Pour résumer, Domenico Rivarola, l’ancien, aura été fidèle à Gênes avant de vouloir réaliser l’unité politique de l’île sous sa direction ; son fils Antonio qui s’établit en Toscane sans se désintéresser de la Corse et en s’efforçant d’y amener les Anglais ; son autre fils Francesco, devenu colonel au service de l’Espagne ; son petit-fils Domenico, officier de la marine du royaume de Sardaigne, puis conservateur des forêts et député de la Corse sous la Restauration ; son autre petit-fils Francesco, enrôlé dans les troupes britanniques à la fin de l’épisode du royaume anglo-corse, qui épouse une fille de la noblesse grecque de Céphalonie et devient général à Malte. La monaca Rivarola est un personnage fascinant. Quel personnage hors du commun ! Quelle figure romanesque que celle de cette singulière moniale ! Quelle belle héroïne dont l’existence ne déparerait pas les Vies des hommes illustres de Plutarque. Si dans l’imaginaire national et donc collectif des Corses, Maria Gentile d’Oletta est l’Antigone corse, la monaca Rivarola, une autre fille d’Oletta, n’est-elle pas une nouvelle Jeanne d’Arc ? Elle, la religieuse de la congrégation des ursulines, dont Pascal Paoli était si proche et avec qui il correspondait si souvent avec une confiance aveugle. Elle, la « Regina di Caprara », à qui Paoli avait confié la mission de planter le drapeau corse sur l’îlot conquis. Elle qui dilapida une bonne part de la fortune familiale afin d’acheter armes et munitions pour aider sa patrie corse à laquelle elle restera fidèle jusqu’à la tombe. Comme Paoli, la Monaca a un destin météorique. Elle partage une même soif de liberté et d’infini. L’histoire des Rivarola est une illustration de l’Histoire culturelle de la Corse, entre XVIIIe et XIXe siècles.
Format : jpg
Date : 2022-07-15
Couverture temporelle : 1er quart XXIe siècle
Couverture spatiale : Capraia(Ville); Italie
Langue : Français
Licence : Cette œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International, à la condition expresse de citer l’institution de conservation et l'identifiant de la ressource comme suit : « Médiathèque Culturelle de la Corse, [identifiant de la ressource] ».
Droits : © Philippe Jambert, © Médathèque Culturelle de la Corse et des Corses (M3C) - Università di Corsica Pasquale Paoli

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