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Lettre pastorale de Monseigneur Casanelli d'Istria à l'occasion de l'ouverture du Petit Séminaire (1836). Monseigneur Casanelli fut évêque de Corse de 1833 à 1869 et son épiscopat, long de 33 ans, sera l’un des plus significatifs de l'histoire contemporaine corse.
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Lettre de l'évêque adressée aux curés qui relaie la lettre close du roi Louis-Philippe 1er datée 31 juillet 1835 en réaction à l'attentat du 28 juillet de la même année et qui demande la tenue d'un service funèbre dans les églises pour le repos des victimes. Monseigneur Casanelli fut évêque de Corse de 1833 à 1869 et son épiscopat, long de 33 ans, sera l’un des plus significatifs de l'histoire contemporaine corse.
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Chaque année, l'évêque écrit une lettre pastorale à l'occasion du Carême (1835). Monseigneur Casanelli fut évêque de Corse de 1833 à 1869 et son épiscopat, long de 33 ans, sera l’un des plus significatifs de l'histoire contemporaine corse.
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Pastorale de Monseigneur Casanelli d'Istria pour la publication du petit catéchisme et son enseignement dans le diocèse. Monseigneur Casanelli fut évêque de Corse de 1833 à 1869 et son épiscopat, long de 33 ans, sera l’un des plus significatifs de l'histoire contemporaine corse.
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Lettre pastorale de Mgr Casanelli d'Istria à l'occasion de l'ouverture du grand séminaire. Prospectus du Prêtre Supérieur Guibert en fin de lettre. Monseigneur Casanelli fut évêque de Corse de 1833 à 1869 et son épiscopat, long de 33 ans, sera l’un des plus significatifs de l'histoire contemporaine corse.
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Lettre pastorale de Mgr Casanelli d'Istria à l'occasion de la visite générale de son diocèse. Monseigneur Casanelli fut évêque de Corse de 1833 à 1869 et son épiscopat, long de 33 ans, sera l’un des plus significatifs de l'histoire contemporaine corse.
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Lettre pastorale de Monseigneur Casanelli écrite en réaction à l'épidémie de choléra en 1835. Monseigneur Casanelli fut évêque de Corse de 1833 à 1869 et son épiscopat, long de 33 ans, sera l’un des plus significatifs de l'histoire contemporaine corse.
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Lettre circulaire de Mgr Casanelli d'Istria. Monseigneur Casanelli fut évêque de Corse de 1833 à 1869 et son épiscopat, long de 33 ans, sera l’un des plus significatifs de l'histoire contemporaine corse
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Ordonnance de Monseigneur Casanelli d'Istria concernant l'administration de son diocèse (1835). Monseigneur Casanelli fut évêque de Corse de 1833 à 1869 et son épiscopat, long de 33 ans, sera l’un des plus significatifs de l'histoire contemporaine corse.
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Lettre pastorale de Monseigneur Casanelli d'Istria destinée aux chanoines et curés de premières et secondes classes du diocèse pour les inviter aux exercices de la retraite ecclésiastique. Monseigneur Casanelli fut évêque de Corse de 1833 à 1869 et son épiscopat, long de 33 ans, sera l’un des plus significatifs de l'histoire contemporaine corse.
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Lettre pastorale de Monseigneur l'évêque d'Ajaccio à messieurs les chanoines et curés de 1ère et 2ème classe de son diocèse. Pour les inviter aux exercices de la retraite ecclésiastique (1834). Monseigneur Casanelli fut évêque de Corse de 1833 à 1869 et son épiscopat, long de 33 ans, sera l’un des plus significatifs de l'histoire contemporaine corse.
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Chaque année, l'évêque écrit une lettre pastorale à l'occasion du Carême. Il s'agit ici de la lettre rédigée en 1834. Monseigneur Casanelli fut évêque de Corse de 1833 à 1869 et son épiscopat, long de 33 ans, sera l’un des plus significatifs de l'histoire contemporaine corse.
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Cette lettre est la première lettre pastorale de Monseigneur Casanelli d'Istria, évêque d'Ajaccio, à l'occasion de sa nomination sur le siège épiscopal. Elle constitue le discours de nomination de l'évêque où il présente un état des lieux de l'évêché, ses objectifs, et les différentes mesures à mettre en place lors de sa période d'exercice. Les lettres pastorales sont rédigées par les évêques et peuvent être destinées aux fidèles et/ou au clergé de son diocèse. Les sujets abordés y sont très divers de la simple affaire courante relevant du diocèse à la réaction de l'évêque sur un sujet de portée internationale. Monseigneur Casanelli fut évêque de Corse de 1833 à 1869 et son épiscopat, long de 33 ans, sera l’un des plus significatifs de l'histoire contemporaine corse. En plus de cette longévité, il sera marqué par la profonde volonté de réformer le diocèse par la restauration intellectuelle, morale et spirituelle du clergé qui se fera, entre autres, par la création et la construction des Petits et Grands séminaires mais aussi par l'implication de l'évêque dans les problèmes de société, notamment par sa courageuse prise de position contre la vendetta qui endeuillait régulièrement la Corse à cette époque. Son long épiscopat correspond également à une période charnière de l'histoire de France : Monseigneur Casanelli occupera en effet sa fonction épiscopale trois ans après la fin de la Restauration, sous la monarchie de Juillet, connaîtra la révolution de 1848, la Seconde République puis le Second Empire de Napoléon III, avec lequel il entretiendra de très bonnes relations. Les sujets évoqués dans ses nombreuses lettres pastorales concernent donc aussi bien les affaires courantes du diocèse, la vie spirituelle et religieuse des Corses et les phénomènes sociétaux que traversent l'île. Mais on y retrouve également l'ensemble des grands sujets qui font débats à l'échelle de l'Europe entière (condamnation du modernisme, progrès scientifiques, nouvelles idéologies politiques, questions éducatives, laïcité, questions romaines et italiennes etc.).
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Lettre circulaire des vicaires généraux F. Ciavatti et D. Arrighi (1834).
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Il s'agit du manuscrit original des Poesie Giocose composées par Paul-Mathieu de La Foata (1817-1899), évêque d'Ajaccio de 1877 à 1899. Ce recueil de poésies en langue corse n'avait alors pas fait l'objet d'une publication. Il fut récemment redécouvert en 1970. L'évêque jette un œil profane sur la société paysanne corse de son temps. Même s'i ln'a pas été composé dans cet esprit, il s'agit de l'un des tout premiers textes qui donne ses lettres de noblesse à la littérature corse.
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Lorsqu’en 1846 Niccolò Tommaseo publie ce recueil de lettres et d’archives relatives à Pasquale Paoli, il fait œuvre de pionnier. En effet, Paoli n'ayant pas publié d'ouvrage personnel, l'accès à ses correspondance permet à Niccolò Tommaseo de dresser dans une longue préface le portrait de Pasquale Paoli en tant que héros de l'indépendance Corse. Tommaseo (1802-1874), écrivain, linguiste et lexicographe italien publie son recueil des lettres de Paoli dans l’Archivio storico italiano.
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Cet ouvrage est un recueil d'œuvres de Salvatore Viale (1787-1861), un écrivain, poète et magistrat corse, d'origine bastiaise, premier auteur à utiliser la langue corse dans une œuvre d'importance littéraire, "la Dionomachia". Mais Viale s'est également placé en défenseur de la langue italienne en Corse, langue qu'il utilise dans la plupart de ses écrits, c'est pourquoi ce recueil lui est consacré : l'éditeur parle dans son avant propos parle d'un ouvrage "tutto pieno di cose italiane, lo che, sul conto di un autore corso, è degno di essere tenuto in considerazione e in onoranza". L'auteur, Francesco Silvio Orlandini (1805-1865), est un poète, enseignant et libraire siennois.
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Alessandro Tomassi (1886-1952) était un industriel passionné des arts, et tout particulièrement des dialectes et de la tradition romaine. Il participe à la fondation du "Gruppo dei Romanisti" et publie en 1940 cet ouvrage de poésies romanesques, Roma Roma. Comme le dit Ettore Veo dans la préface de l'ouvrage, "Esaltando Roma con la sua poesia, Alessandro Tomassi ha inteso esaltare il Fascismo e il suo grande Capo" : les thèmes de sa poésie sont donc historique et politique.
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Anton' Francescu Filippini (1908-1985) est docteur en sciences politiques et amateur d'art, il est connu pour ses poèsies ("Puesie 1924-1928" est sa première œuvre publiée) et ses articles dans de grandes revues corses (A Muvra, U Muntese). Il est également traducteur (c'est lui par exemple qui traduit en italien les ouvrages de Paul Valéry et Prosper Mérimée).
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Cette œuvre de Santu Casanova (1850-1936) est en réalité un ensemble de 38 récits brefs en vers ou en proses parus dans son journal "A Tramuntana" et composés entre 1896 et 1927. Santu Casanova milite par son art pour la reconnaissance du corse comme une langue à part entière (son journal A Tramuntana est le premier à paraitre en langue corse). Les récits brefs qu'on trouve dans ce recueil parlent de moments d'actualité (corse ou étrangère), d'histoire, de politique, mais aussi de sujets plus légers (des lettres d'amour, des récits de fêtes).
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Cet ouvrage rassemble des récits de voyages de Gaston Villier (1845-1915) dans les îles méditerranéennes, accompagnés d'illustrations et dessins de l'auteur. Il se concentre sur les Baléares, la Corse et la Sardaigne en tentant de dresser le portrait des îles en décrivant les paysages, les spécificités de la nature, les grandes villes, les populations et leurs coutumes, avec des points sur l'histoire et la culture locale. Gaston Vuillier est un peintre, artiste dessinateur, voyageur et ethnographe français qui a travaillé pour les grandes revues illustrées de son siècle.
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"Les Corses devant l'anthropologie : Caractères de la population insulaire. Affinités avec la race paléolithique occidentale. Dissemblance avec les groupes ethniques voisins. Les premiers habitants de la Corse." est un ouvrage de Pierre "Petru" Rocca (1887-1966), imprimeur, éditeur, créateur de "A Muvra" et du Parti autonomiste Corse. Dans cet ouvrage il tente de dresser un portrait de la population insulaire par le biais d'une étude anthropologique, historique et culturelle.
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Cet ouvrage est un recueil de poèmes de Martinu Appinzapalu (1877-1948), prêtre et poète connu également sous le nom "Dumenicu Carlotti". L'ouvrage comporte une préface de Santu Casanova. Les poèmes en vers de Appinzapalu sont accompagnés de notes de bas de page qui traduisent des mots corses en italien. Ses formes poètiques de prédilections sont le sonnet, le quatrain et le tercet. Le recueil comporte 27 poèmes et une chanson ("Trinnichellu", canzone pupulare, parolle e musica A Muvra).
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Ce "piccolo romanzo" de Pierre "Petru" Rocca (1887-1966), imprimeur, éditeur, créateur de "A Muvra" et du Parti autonomiste Corse est rédigé en italien. Dans l'île de Rhôdes, un pêcheur, Michele Ipsilanti, se marie à une jeune femme et renonce pour elle aux longues excursions de pêche en mer Noire, trahissant ainsi la mer à laquelle il était auparavant toujours resté fidèle. La Vendetta dell'Onda raconte alors le fort lien qui unit le pêcheur à la mer, et l'homme à son île.
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In giru elettorale, drame en trois actes rédigé en vers, est une œuvre théâtrale du poète corse Orsu Francescu Piazzoli, dit l’Orsu d’Orezza (1895‑1937). La pièce s’inscrit dans la tradition du théâtre engagé et puise son inspiration dans la vie politique locale. Dès la page de couverture, l’auteur affirme la véracité du propos par une citation programmatique soulignant l’ancrage du texte dans le réel. L’action se déroule dans le canton de Santa Scurdanza et met en scène une intrigue politique située dans le contexte des élections au conseil général du canton. Par le recours au vers et à une dramaturgie structurée en trois actes, l’œuvre propose à la fois une satire et une observation critique des pratiques électorales, témoignant des préoccupations civiques et sociales de la Corse du début du XXe siècle.
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Cette oeuvre est un recueil de 21 poèmes écrits en dialectes corses par 10 auteurs différents, regroupés dans "Fiorita di Poesie Côrse" par Umberto Biscottini. Chaque partie est organisée de la même façon : une page de présentation de l'auteur (éléments biographiques, éléments caractéristiques de son œuvre, œuvres principales, dialecte dans lequel sont écrits les poèmes choisis), suivie des poèmes séléctionnés par Umberto Biscottini, avec des notes de bas de pages pour traduire certains mots du dialecte à l'italien. La grande introduction rédigée par Umberto Biscottini comporte des éléments d'analyse linguistique du dialecte corse et de son usage dans la littérature.
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Fiori di Mucchiu est un recueil de 16 poèmes en langue corse dont 10 sur des thèmes balanins. Le recueil est complété par un long glossaire (du corse vers l'italien). Ce recueil est l'œuvre de Tommaso Alfonsi di Moncale (Tumasgiu Maria Alfonsi 1863-1947), prêtre, écrivain, professeur de philosophie et de théologie. Il est connu pour avoir participer à la rédaction du journal A Muvra sous le pseudonyme "U Babbuzio".
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Cet ouvrage écrit par Monsigor Mario Felice Peraldi est un ouvrage de réflexion sur l'évolution de la souvereneté temporelle des Pontifes, qui trace le parcours historique de ces évolutions de la révolution italienne de 726 jusqu'au milieu du XIXe siècle. L'oeuvre fait état des conflits et arbitrages à faire entre autorités laïques et religieuse sur la question, et explique le fonctionnement de l'administration pontificale. L'auteur, Mario Felice Peraldi (1790 ?-1864), est prêtre, et ardent défenseur du pouvoir temporel des papes.
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Publié par le "Centro Studi e Propaganda dei Gruppi di Azione Irredentista Corsa", cet ouvrage de Petru Giovacchini (1910-1955), activiste politique corse pro italien durant la période fasciste, défend l'idée selon laquelle la Corse devrait se rallier à l'Italie fasciste, en traçant un parcours historico-politique de l'île qui met en avant sa proximité avec l'Italie et ses divergences avec la France.
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"Catachisimu Corzu" est un recueil de différents textes écrits par un collectif d'auteur réunis autour du même thème: la gloire de la terre et du peuple corses. Les auteurs sont Petru Rocca, Orsini d'Ampugnani, Matteu Rocca, Michele Coranu, Marcu Angeli et Kyrn.
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Seconde édition augmentée et commentée de la "Leggenda di l'Anticone" en vers de Martinu Appinzapalu (1877-1948), prêtre et poète connu également sous le nom "Dumenicu Carlotti". L'œuvre est cette fois ci composée de 9 chants en vers, qui sont accompagnés en bas de page d'un glossaire qui donne pour les mots corses une traduction en italien et en français.
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La "Leggenda di l'Anticone" est une œuvre composée de chants en vers de Martinu Appinzapalu (1877-1948), prêtre et poète connu également sous le nom "Dumenicu Carlotti". L'œuvre est composée de 7 chants. Cette légende est l'occasion pour le poète de dresser le portrait des paysages corses antiques.
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Aux vedute administratives génoises tenues à partir du second XIVe siècle, par les gouverneurs lors de leur entrée en fonction dans la plaine de Biguglia aux portes de la capitale génoise de l’île (avant Bastia à la fin du XVe siècle), s’opposent fondamentalement les vedute seigneuriales et populaires corses.
Celles-ci sont attestées dans la documentation génoise à partir du gouvernement de la Banque de Saint-Georges (1453), mais surtout dans la Chronique de Giovanni della Grossa. Il s’agit, à la différence des vedute organisées par les gouverneurs génois, d’assemblées populaires nombreuses destinées à la prise de décisions essentielles, de choix et de partis stratégiques ou à la désignation des « comtes » de Corse. Les lieux de ces vedute autochtones sont surtout connus par l’œuvre de Giovanni della Grossa mais également d’ autres chroniqueurs du début du XVIe siècle (Pietro Cirneo) ou du XVIe siècle avancé (Ceccaldi et Filippini). Les localisations de ces assemblées politiques au sens fort sont imprégnées d’un puissant imaginaire historique et d’un souvenir collectif héroïsé soit par référence à la victoire mythique des Corses sur les Sarrasins durant le haut Moyen Âge (« Morosaglia » : col de Pratu, Lagu Benedettu, Ponte a Tarbu) soit de la vengeance contre les seigneurs coupables du meurtre d’Arrigo Bel Messer et de ses sept fils (Palmentu) qui donna naissance, selon Giovannidella Grossa à l’éclatement féodal et, pour la Corse, au temps des malheurs.
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Durant le Moyen Âge, la Commune de Gênes eut plusieurs emblèmes : la croix rouge sur fond blanc ou argent ; le griffon; saint Georges. L’origine précise du symbole de la croix est inconnue. Au XIVe siècle, l’annaliste Giorgio Stella l’interprète comme une commémoration de la première croisade mais déplore le fait que les historiens antiques n’aient rien écrit sur le sujet. Dans la mesure où l’un des autres emblèmes de Gênes fut saint Georges et que la croix rouge sur fond blanc fut également appelée croix de saint Georges, certains historiens estiment qu’il s’agissait des deux versions iconographiques d’un même symbole.
En reprenant à son compte l’emblème de la milice chrétienne, la Commune de Gênes souhaitait sans doute exalter son rôle dans la première croisade et dans l’expansion chrétienne en Méditerranée. Selon l’annaliste Caffaro, lors de la diète de Roncaglia (1158), les ambassadeurs génois auraient ainsi rappelé à l’empereur Frédéric Barberousse les hauts faits de la Commune contre les Musulmans « de Rome jusqu’à Barcelone », soulignant du même coup l’absence d’action impériale à cette époque.
En Corse, l’emblème de la croix a pu être le support d’un discours de propagande visant à rappeler l’intervention de Gênes lors de l’offensive contre Mujahid de Denia en 1015 qui avait permis de « libérer » les îles tyrrhéniennes. Avec l’affirmation de l’Office de Saint-Georges dans l’île à la fin du XVe siècle, l’emblème du saint se diffusa à travers les sceaux et les bannières. Il renvoyait à la fois à la Commune et à la Banque et symbolisait la victoire de Gênes contre ses adversaires. Après la victoire contre Giampaolo di Leca, la représentation de saint Georges terrassant le dragon fut mise en scène afin d’illustrer le discours génois exaltant la victoire de San Giorgio contre les « tyrans » corses.
À la fin du XVe siècle, avec l’avènement de la domination française sur la ville, un nouvel emblème fit son apparition dans l’héraldique génoise : les fleurs de lys. En proie aux luttes de factions, la Commune se plaça en effet sous la domination du roi de France à plusieurs reprises. Cette influence française, peu étudiée jusqu’à présent, a pu avoir un effet sur l’histoire politique de la Corse. L’on sait notamment que Rinuccio della Rocca avait obtenu à Gênes sa grâce de Louis XII grâce à l’intervention de son épouse dont la famille était proche du parti français.
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Les premières armoiries connues pour la Corse sont celles d’Arrigo della Rocca, champion du parti aragonais et de la reconquête seigneuriale de l’île à la fin du XIVe siècle. Selon Giovanni della Grossa, ce dernier aurait porté sur sa bannière « un ucello grifone dipinto e di sopra portava le arme reale d’Aragona ». Cette figure du griffon pourrait renvoyer aux armoiries de Gênes. Introduit en Corse sous l’influence de Pierre le Cérémonieux, ce blason aurait dès lors visé à affirmer la victoire de l’Aragon contre la Commune, à travers la représentation de la soumission du griffon génois aux pals d’Aragon. Au début du XVe siècle, lorsqu’il succède à son oncle à la tête du parti aragonais, Vincentello d’Istria abandonne cette référence au griffon génois pour lui substituer l’emblème du château de Cinarca surmonté des pals d’Aragon. La représentation de Cinarca, capitale seigneuriale de l’île et château éponyme des Cinarchesi, renvoyait au mythe de la « Reconquista » carolingienne et à la légende d’Ugo Colonna et de son fils Cinarco. Ce choix semble donc contemporain de la construction par Giovanni della Grossa de cette tradition à laquelle était associée la figure du comte de Barcelone.
À la fin du XVe siècle, les sceaux des derniers seigneurs corses, conservés aux Archives de Gênes, portent tous un emblème castral dont la signification est double : le château renvoyant tout autant à Cinarca et à l’origine mythique des Cinarchesi qu’aux différents lignages et à leurs fortifications respectives. Ainsi peut-on émettre l’hypothèse que le château représenté sur le sceau de Giampaolo di Leca était le château de Leca ; celui de Rinuccio della Rocca, celui de Rocca di Valle ; celui de Vincentello d’Istria, le château d’Istria ; celui de Guglielmo di Bozzi, le château de Bozzi. Sur certains sceaux, le château est par ailleurs surmonté d’une balance. C’est le cas notamment de celui de Rinuccio della Rocca sur lequel on peut voir un château entouré des initiales C et O (Cinarca Origo ?) et coiffé d’une balance. Une partie de la devise est encore visible « PRO PUGNA ROCCA ». La représentation de la balance renvoyait ici au personnage de Giudice di Cinarca – le « Juge ». Il s’agissait à la fois de rappeler que la seigneurie de la Rocca avait été fondée par un bâtard de Giudice (Rinuccio étant lui-même le fils bâtard d’un autre Giudice) et que ce dernier avait été le premier comte de Corse, ce qui faisait de Rinuccio un candidat plus légitime que son rival Giampaolo di Leca. De son côté, Giampaolo di Leca portait sur son sceau un château donjonné à trois tours surmonté d’une aigle et d’une balance. Cet emblème impérial pourrait renvoyer au contexte gibelin de l’élection comtale de Giudice di Cinarca. Il s’agirait dès lors de nuancer le poids de la légitimité dynastique, que mettaient en avant aussi bien les armoiries de Rinuccio della Rocca que celles de Guelfuccio et de Vincentello d’Istria, tous trois descendant en ligne masculine directe de Giudice, au profit d’une vision plus politique du titre de comte de Corse.
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Composé au XIVe siècle, l’Armorial de Gelre associe la Corse à l’emblème de la tête de Maure. L’origine aragonaise de ce symbole a été soulignée par plusieurs historiens. Sa première attestation figure sur un sceau de Pierre III d’Aragon daté de 1281 : on y voit quatre têtes de Maure entourant une croix. Après la conquête de la Sardaigne par Jacques II en 1325, ce sceau devint celui du Royaume de Sardaigne et de Corse, créé par Boniface VIII en 1297. Selon l’historiographe de la Couronne d’Aragon Jeronimo Zurita (XVIe siècle), les quatre Maures sur le sceau de Pierre III évoqueraient la victoire remportée contre les Musulmans par Pierre II à Alcoraz, à la fin du XIe siècle. L’introduction de ce sceau dynastique en Sardaigne aurait donc signifié qu’il s’agissait bien d’une possession personnelle de la dynastie aragonaise et non d’un nouveau territoire de la Couronne d’Aragon.
Une autre interprétation demeure cependant possible. Il existe en effet uneorigine toscane de l’emblème à tête de Maure dont les traces sont encore visibles à Pistoia. Une tête de Maure figurant sur la façade du palais public, contemporaine du sceau de Pierre III, commémore la participation de Pistoia à l’offensive commune de Pise, de Gênes et de Barcelone contre le souverain musulman des îles Baléares en 1115. Cette victoire, célébrée dans le Liber Maiolichinus (poème pisan du XIIe siècle), avait associé des Sardes et peut-être même des Corses. Dans les représentations des insulaires et des Toscans, la victoire de 1115 se confondait par ailleurs avec celle de 1015 contre Mujahid de Denia, qui avait tenté de construire une thalassocratie entre les Baléares et la Sardaigne. Cette victoire du début du XIe siècle fondait les prétentions de Pise et de Gênes sur la Sardaigne et la Corse.
L’adoption du sceau à tête de Maure par Pierre III en 1281 s’inscrivait probablement dans le contexte de cette tradition mémorielle qui reliait la Catalogne, la Toscane et les îles. Devenu le chef du parti gibelin italien, Pierre III avait tout intérêt à mettre en avant cette mémoire qui renforçait la légitimité de son expansion en Méditerranée occidentale. L’alliance gibeline pouvait ainsi être présentée comme une réactivation de l’alliance de 1115 qui avait permis une victoire décisive contre un ennemi commun. Le Maure n’incarnant pas le musulman en tant que tel, mais bien la figure universelle de l’ennemi politique, représentée à la fin du XIIIe siècle par Charles d’Anjou. En en faisant le sceau du royaume de Sardaigne et de Corse, Jacques II souhaitait peut-être consolider cette tradition. L’intervention du comte de Barcelone aux côtés du légendaire Ugo Colonna dans la chronique de Giovanni della Grossa semble être le signe de sa diffusion en Corse au XVe siècle. Cette fois, il s’agissait sans doute de donner une légitimité historique à l’alliance de Vincentello d’Istria avec Alphonse V d’Aragon.
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Personnage mythique majeur de la Chronique de Giovanni della Grossa, Orsolamano et sa légende imprègnent profondément le légendaire du Moyen Âge corse.
Selon le chroniqueur, le seigneur « Orsolamano di Freto » au XIIe siècle contrôlait depuis ses châteaux de plaine et sans doute aussi de montagne le territoire de Fretu, actuel arrière-pays de Figari jusqu’aux abords de Porto-Vecchio. Abusant de ses pouvoirs depuis ses châteaux, et notamment de celui de Montilati, il aurait instauré dans son domaine la pratique généralisée du « droit de cuissage » à son profit. Un de ses sujets, un certain Piobitto, pour y échapper lui-même et libérer la population du Fretu de cet abominable usage aurait réussi à l’éliminer par la ruse mais, sa tombe ayant été imprudemment ouverte, il s’en serait échappé une énorme mouche (« il moscone d’Afreto ») dont le souffle pestilentiel aurait désertifié toute la région comprise entre le nord de Bonifacio et les environs de Figari et de Sotta. Piobitto parvint à la tuer mais ne put survivre à son contact mortifère.
Ce mythe de l’effondrement démographique de l’extrême sud de l’île à la charnière du Moyen Âge central et du bas Moyen Âge, cristallisé autour de la figure d’Orsolamano, est le reflet probable de l’inscription dans le légendaire corse des progrès de la malaria à partir de la Plaine orientale de l’île. Signalons à cet égard l’existence d’un autre mythe transmis par la tradition orale, celui du Conte Pazzu qui n’est pas seulement présent dans l’extrême sud mais aussi dans plusieurs régions de piémont oriental de l’île jusqu’à la Castagniccia.
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Dernier descendant du mythique Ugo Colonna, premier comte de Corse aux temps carolingiens, le chroniqueur Giovanni della Grossa fait de sa tragique disparition en l’an mil le point de basculement de toute l’histoire du Moyen Âge corse.
Incarnant un idéal de parfaite justice et maître incontesté de toute l’île sur le modèle de son aïeul Ugo Colonna, il aurait été traîtreusement assassiné ainsi que ses sept jeunes fils par une famille seigneuriale de la basse vallée du Prunelli, les Talaventacci alias Tralavetacci.
Ce tragique assassinat placé de manière fortement symbolique en l’an mil, marque pour l’auteur de la Cronica le début du temps des malheurs pour son île : la fin de l’ordre juste d’essence carolingienne et la naissance de l’anarchie féodale fondée sur des jalousies, des intrigues et des conflits perpétuels entre seigneurs locaux.
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Personnage mythique, issu de la plus haute noblesse romaine, auquel le chroniqueur Giovanni della Grossa attribue la victoire finale sur l’occupation sarrasine de la Corse et la libération de l’île aux temps carolingiens. L’auteur de la Cronica en fait le fondateur auréolé de prestige de la dynastie comtale de la Corse dont, sur un mode plus légendaire que crédible, se réclameront à partir de la fin du Moyen Âge les diverses branches des seigneurs Cinarchesi dont le titre est une référence éclatante au château de Cinarca qui aurait été fondé par Cinarco, le propre fils d’Ugo Colonna.
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Dans le milieu seigneurial, les femmes semblent avoir joué un rôle politique non négligeable. L’exemple des deux épouses de Rinuccio della Rocca est à cet égard significatif. La première d’entre elles, Serena, issue du lignage des Ornano, a joué le rôle d’ambassadrice auprès des Génois pour son époux, jusqu’à sa mort en 1498. Des séjours fréquents à Bonifacio, où Rinuccio della Rocca possédait une maison, lui ont permis de tisser des liens solides avec certaines familles bonifaciennes, notamment les Catacciolo, et d’avoir des entrevues fréquentes avec les podestats de la ville. En 1497, Serena se rendit même à Gênes, afin de représenter son époux devant les Protecteurs de Saint-Georges. La documentation témoigne que Serena della Rocca faisait l’objet d’une attention constante des officiers génois qui n’hésitaient pas à s’entretenir avec elle des affaires politiques de l’île et à la couvrir de cadeaux diplomatiques. Madonna Serena fut ainsi une pièce maîtresse de l’alliance entre l’Office de Saint-Georges et Rinuccio della Rocca.
Seconde épouse du seigneur corse, Geronima, issue du puissant albergo génois des Cattaneo, semble avoir joué un rôle plus ambigu. Selon le chroniqueur Montegiani, cette dernière serait à l’origine de la révolte de Rinuccio, ce qui suggère une instrumentalisation du seigneur corse dans les luttes de factions génoises. Après la défaite de Rinuccio, Geronima intervint auprès des Protecteurs de Saint-Georges afin de favoriser un accord de paix entre l’Office et son époux et de protéger ainsi les droits à l’héritage de sa fille Serena.
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La présence de quelques esclaves féminines corses est clairement attestée à Pise jusqu’au milieu du XIIe siècle et à Gênes jusque dans la première moitié du XIIIe siècle. Ce différentiel chronologique est fort vraisemblablement le reflet indirect de l’œuvre de christianisation institutionnelle instaurée par la Commune de Pise en Corse dans le cours du XIIe siècle, œuvre assurément incompatible avec le maintien du régime servile au sein d’une population désormais inscrite dans un encadrement ecclésiastique élaboré.
À compter du XIIIe et surtout du XIVe siècle, les sources d’archives génoises en partie mais principalement pisanes (notamment le vaste fonds de l’Hôpital de la Miséricorde) nous éclairent sur l’importante part de l’émigration féminine corse vers la Terre ferme. Désormais le régime de la simple domesticité et l’état de nourrice remplacent le régime primitif de type servile.
Par ailleurs les sources, notamment notariales, nous renseignent sur de nombreux mariages, avec des émigrés insulaires, mais aussi avec des habitants de Pise et de sa région. Ce phénomène illustre la place notable de la population corse immigrée au sein de ces deux métropoles tyrrhéniennes.
Dans la Corse rurale, à la fin du Moyen Âge, les nombreuses fusaïoles mises au jour lors des fouilles archéologiques témoignent d’une intense activité féminine de tissage, principalement destinée à couvrir les besoins familiaux. Dans les villes génoises, de nombreuses femmes corses étaient employées à des tâches subalternes : on les retrouve à Bonifacio en tant que domestiques et nourrices tandis qu’à Bastia, les comptes de construction de Terra Nova révèlent l’existence d’une main d’œuvre féminine peu qualifiée. Ces dernières étaient notamment employées pour le transport des matériaux sur le chantier.
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L’assassinat de Rinuccio della Rocca le 12 avril 1511 est relaté dans les archives génoises :
À l’aube dudit vendredi, le connétable avec ses 16 compagnons affronta Rinuccio au col de Calamarella de Cagna. Et tout de suite, le connétable et ses 16 soldats furent au corps à corps avec Rinuccio, sans savoir que c’était lui, lequel Rinuccio qui tirait des pierres, blessa le connétable au genou, et le connétable le frappa avec une hallebarde et le blessa et ce fut le premier coup reçu par Rinuccio et sa première blessure, et encore il le blessa à la tête avec son épée, et ensuite le dit Nardo lui tira deux coups d’escopette dans le crâne qui s’ouvrit en deux. Et comme le jour n’était pas encore levé et qu’ils étaient en furie, et qu’ils ignoraient qu’il s’agissait de Rinuccio et qu’ils voyaient que ce dernier était mort, il allèrent à l’assaut des autres compagons de Rinuccio en criant “Victoire !” et en appelant Rinuccio [...] Le connétable, ayant compris que celui qu’il avait tué était Rinuccio, fit porter sa dépouille au seigneur lieutenant à Ajaccio, ainsi que ledit Frassato et un autre compagnon qu’ils avaient pris vivants.
Arrivée à Ajaccio, la dépouille du seigneur corse fut jetée dans le fossé de la citadelle selon une esquisse de damnatio memoriae. Privée de sépulture, la mémoirede Rinuccio della Rocca est allée se nicher dans les paysages de sa seigneurie, marquant ainsi de la présence du dernier seigneur corse les hauts lieux de sa résistance à Gênes et de sa fin tragique. De nombreux toponymes de l’extrême sud de l’île évoquent aujourd’hui encore ce personnage : a Sapara di Rinucciu (Cagna); a Funtana di Rinucciu, a Vigna di Rinucciu (Sartène); u Chjosu d’Ornucciu, u Pianu d’Ornucciu, u Casteddu d’Ornucciu, a Vigna d’Ornucciu (Cuscionu); les aiguilles d’Ornucciu (Bavella). Longtemps transmis par la tradition orale, les histoires et les récits épiques associés à ces toponymes ont aujourd’hui disparu, de sorte que la mémoire de Rinuccio della Rocca s’est peu à peu transformée en légende, jusqu’à se confondre parfois avec la figure du Conti Pazzu.
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Fils bâtard de Giudice della Rocca et petit-fils du comte Polo della Rocca, Rinuccio serait né aux environs de 1450. Au début des années 1480, il parvient à s’imposer à la tête de la seigneurie de la Rocca, dont le territoire s’étendait du col de Cilaccia (qui marquait la frontière avec l’Istria) à Bonifacio, au détriment des héritiers légitimes (les fils de Carlo della Rocca notamment).
Lorsque Giampaolo di Leca se dresse contre l’Office, Rinuccio hésite un temps avant de se ranger définitivement dans le camp génois. D’après la documentation, l’élection de son rival comme comte de Corse (1487) a été déterminante dans ce choix, Rinuccio estimant que le titre lui revenait de droit en tant que descendant direct de Giudice di Cinarca. Fort d’une armée de 1000 fantassins et de 200 cavaliers, son soutien fut essentiel dans la défaite du comte de Corse. À la fin des années 1480, il devient ainsi le principal allié de l’Office et le seigneur le plus puissant de l’île. Par de nombreux aspects, son acculturation à Gênes paraît alors totale : il se fait construire une maison à Bonifacio, achète des actions de la Banque de Saint-Georges avec les bénéfices desquels il édifie le couvent de Tallano (à l’imitation de son rival Giampaolo di Leca), et épouse en secondes noces (1499) une Génoise dont la famille avait donné plusieurs gouverneurs à l’île.
En réalité, toute l’alliance semble avoir reposé sur l’action de son chapelain et secrétaire particulier Polino di Mela. Scripteur mais également auteur principal de l’essentiel de la correspondance de Rinuccio della Rocca avec Gênes, ce dernier ne sachant ni lire ni écrire, le prêtre corse passa sa vie à gommer les aspérités de son maître afin de maintenir une alliance qui servait sa propre carrière mais qui correspondait peut-être également à un choix idéologique profond. Il n’est donc pas étonnant que seulement deux ans après la mort de Polino di Mela, Rinuccio della Rocca entre en révolte contre Saint-Georges. Vaincu en 1503, il doit s’embarquer en Sardaigne. De retour en 1507, il est à nouveau vaincu par Andrea Doria alors jeune capitaine. Il revient une dernière fois en 1511 pour mener une sorte de guérilla dans les montagnes de sa seigneurie, où il finit par être assassiné au matin du 12 avril.
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Né aux environs de 1450, Giampaolo di Leca émerge dans la documentation à la fin des années 1470. Il s’impose alors comme le plus puissant seigneur de l’île et contracte une double alliance matrimoniale avec Tommasino de Campofregoso, qui dominait la Corse : son fils Ristoruccio épouse une des filles de ce dernier, Lucrezia, tandis qu’une des filles de Giampaolo épouse le fils de Tommasino, Giano. Profitant de la crise de succession ouverte dans la Rocca à la suite de l’assassinat de Carlo della Rocca, Giampaolo exerce sa suprématie sur toutle Delà-des-Monts et fonde en 1481 un couvent franciscain à Vico, localité qui devient l’un des centres politiques de la seigneurie de Leca.
En 1483, lorsque Tommasino cède ses droits sur la Corse à l’Office de Saint-Georges, Giampaolo se rallie à la Banque et l’aide à mettre en échec les visées sur la Corse de Gherardo de Piombino. Mais dès 1486, le seigneur de Leca s’emploie à soulever l’île contre San Giorgio. Il propose alors à Rinuccio della Rocca d’unir leurs forces en contractant une alliance matrimoniale entre leurs enfants : un fils de Rinuccio devant épouser une fille de Giampaolo. Après avoir hésité, Rinuccio della Rocca préfère finalement se ranger dans le camp génois plutôt que de renforcer son principal adversaire politique. Élu comte de Corse en janvier 1487 lors d’une veduta qui avait réuni environ 4000 partisans, Giampaolo di Leca déclare la guerre aux Génois. Vaincu en 1488, Giampaolo est contraint de s’exiler en Sardaigne avec une grande partie de ses partisans. La documentation témoigne que depuis cette île voisine, Giampaolo di Leca continue d’incarner la résistance à Gênes et de s’intituler « comte de Corse ». Cette résistance se traduit par une intense activité diplomatique en direction de Ferdinand d’Aragon, du royaume de Naples, de Florence et de Rome. En 1501, Giampaolo di Leca tente une ultime offensive contre l’Office de Saint- Georges mais il est une nouvelle fois vaincu par les troupes d’Ambrogio di Negro. Au début du XVIe siècle, Giampaolo di Leca poursuit son action diplomatique pour reconquérir la Corse, en s’appuyant notamment sur les Aragonais de Naples mais il meurt à Rome en 1515 sans avoir pu revenir dans l’île.
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L’on sait peu de choses sur la jeunesse de Vincentello mais il est probable qu’il ait fait ses armes entre la Corse et la Catalogne, au service de son oncle Arrigo della Rocca. Au début du XVe siècle, Vincentello parvient à s’imposer à la tête du parti aragonais après avoir reconquis le territoire perdu par Arrigo (le Delà-des-Monts). Grâce au soutien de Martin l’Humain, il se fait élire comte de Corse en 1407.
En 1416, assailli à Cinarca par les Campofregoso, Vincentello est contraint de quitter la Corse pour aller chercher des secours à la cour du nouveau roi d’Aragon, Alphonse V. De retour dans l’île en 1418 avec le titre de vice-roi, il se fait acclamer par « 5000 partisans » et reprend Cinarca. Il se lance alors dans une offensive militaire contre Gênes destinée à préparer la conquête de l’île par Alphonse V. Dans cette optique, Vincentello fonde le château de Corte, véritable verrou stratégique contrôlant les communications entre Calvi, Biguglia et Ajaccio. À la fin de l’année 1420, Vincentello est rejoint par Alphonse V lui-même qui s’empare de Calvi et met le siège devant Bonifacio. Mais ayant reçu une lettre de Jeanne de Naples faisant de lui son héritier, Alphonse V abandonne le siège au début de l’année 1421, laissant Vincentello seul face aux Génois.
Malgré le retrait d’Alphonse V, occupé à conquérir le royaume de Naples, Vincentello parvient à exercer sa domination sur l’île jusqu’en 1434. Toutefois son pouvoir, de plus en plus contesté, suscite de nombreuses révoltes encouragées par son rival Simone da Mare, allié des Génois. Lorsque Vincentello décide de doubler les tailles afin de financer la construction de deux galères armées pour lutter contre Gênes, l’exaspération atteint en Corse son comble. Il s’embarque alors une dernière fois pour la Sardaigne catalane afin d’obtenir de nouveaux secours. Capturé par les Génois au large du Cap Corse, Vincentello est décapité devant le palais public de Gênes le 27 avril 1434, au terme d’un procès expéditif pour rébellion.
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Personnage historique du second XIVe siècle, précocement entré dans le légendaire insulaire en raison de son rôle déterminant dans la grande révolte populaire de 1357 (origine du terme de la Terra di u Cumunu) et de ses profondes répercussions politiques dans l’île jusqu’aux années 1360-1370.
Issu de la pieve du Bozio, d’origine modeste, il a entraîné, fédéré et conduit à la victoire contre le régime tyrannique de la féodalité corse des mouvements de résistance populaire qui étaient apparus dans le Nord-Est de l’île entre Marana et Rostino. De cette résistance populaire à plus vaste échelle, Sambucuccio reçut la fonction de guide lors d’une veduta tenue de manière symbolique à « Morosaglia » (col de Pratu), haut lieu du souvenir communautaire de la victoire définitive contre les Sarrasins. À l’issue de cette veduta, face à une contre-offensive du monde féodal, il conduisit le parti du peuple des campagnes à une victoire décisive à Mutari (pieve d’Alesani).
À diverses reprises, à la fin des années 1350 et dans les années 1360, on le voit, en lien direct avec le doge populaire génois Simone Boccanegra, conduire une politique de coopération avec la capitale ligure destinée à empêcher le retour des féodaux dans l’île. En 1366, il est mentionné avec cinq autres Corses populaires au Consilium Corsice. On ignore la date exacte de sa mort.
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Né peu avant ou peu après 1220 au château de Rocca di Valle près d’Olmeto, Sinucello della Rocca connut une jeunesse heurtée : son père ayant été assassiné par ses neveux, il dut se réfugier avec sa famille dans un château du Fiumorbu puis s’embarqua pour Pise. Son retour en Corse dans les années 1240 est rapporté par le chroniqueur Giovanni della Grossa sur un mode en partie légendaire : distingué par sa victoire dans un duel contre un chevalier français, il aurait été désigné sur sa demande par Pise pour reconquérir sa seigneurie et, si possible, l’île entière au profit du pouvoir pisan gibelin. De ce choix idéologique aurait naturellement dérivé la prise du surnom et titre de Giudice par référence aux judicats sardes d’obédience pisane.
Son ascension militaire et politique en Corse, sous le signe du gibelinisme pisan s’opéra dans les années 1250-1260. Sa conquête du château de Cinarca, en raison de l’éclatant potentiel symbolique de celui-ci, reflet du nom de son fondateur légendaire Cinarco, fils du mythique Ugo Colonna, le poussa à se désigner par la suite comme « comte de Cinarca et juge de Corse ».
Au tournant des années 1260-1270, il entra en conflit avec le seigneur du Nebbio Giovanninello de Loreto. Malgré la prise du titre comtal (ou de son équivalent) lors d’une veduta de ses nombreux partisans à « la Canonica de Mariana » en 1264, son autorité dans l’île s’affaiblit progressivement à la fois du fait du déclin tendanciel de la puissance de Pise en Corse, des prétentions grandissantes de Gênes sur l’île et de la coalition de nombreux seigneurs contre son autorité. Trahi par un de ses fils en 1299, il fut livré aux Génois. Il mourut dans la prison de la Malapaga à Gênes quelques mois ou années plus tard.
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Bien que le texte originel de la Chronique de Giovanni della Grossa (1388-1464) ne soit pas parvenu jusqu’à nous, on en devine aisément l’organisation structurelle même après les adaptations et interpolations des chroniqueurs du XVIe siècle (Ceccaldi et Filippini).
Deux démarches foncièrement différentes structurent l’œuvre du chroniqueur de la fin du Moyen Âge. À partir du XIIIe et surtout du XIVe siècle jusqu’à la fin de sa rédaction (sans doute l’année 1464), l’auteur propose un récit chronologique des événements politiques et militaires majeurs que l’île a connus dans le cadre du conflit stratégique d’ampleur méditerranéenne entre Gênes et la Couronne d’Aragon. En revanche, avant la fin du XIIIe siècle et la mort du grand seigneur Giudice di Cinarca aux environs de 1300, la part des mythes fondateurs se mêle puissamment au récit chronologique. De ces mythes le pivot central est représenté par la figure légendaire d’Ugo Colonna qui aurait été envoyé par la Papauté au IXe siècle pour « libérer la Corse du joug sarrasin ». Il n’est donc pas surprenant que ce soit de cette figure de proue héroïque et de sa lignée jusqu’à son dernier descendant (Arrigo Bel Messer), issue de la prestigieuse famille romaine des Colonna, que se soit réclamées durant des siècles les différentes branches des seigneurs Cinarchesi arborant le nom de l’autre fils d’Ugo Colonna, Cinarco, fondateur mythique du château de Cinarca.