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Il s'agit des extraits de correspondance dactylographiés de John-Antoine Nau, issu de l'exposition Sous le pâle et si lointain soleil d'or cendré - John Antoine Nau in Corsica (1909-1916) s’est déroulée du 15 janvier au 15 février 2018 à la Bibliothèque de l’Università di Corsica.Elle a été organisée par l’équipe de la bibliothèque sous le commissariat d’Eugène Gherardi, Pr. à l’Università di Corsica, et de Theodora Balmon, directrice de la bibliothèque.
John-Antoine Nau, mort il y a tout juste un siècle, est inconnu du plus grand nombre. Premier lauréat du prix Goncourt en 1903, considéré tout à la fois comme un maître et comme un poète au cerveau plein de soleil par Apollinaire, Nau était un homme de plusieurs cultures et langues. Du poids d’une enfance américaine, il ne parviendra à se délester qu’en voyageant tout au long de son existence. Tout à tour qualifié de voyageur du vaste du monde, ou d’homme de la superbe solitude, Nau séjourne en Corse du mois d’octobre 1909 au mois d’août 1916. Il s’installe à Porto-Vecchio, au lieu-dit Tournant de la Marine, dans une petite maison à tuiles rouges et au confort des plus sommaires. Là, il écrit nouvelles, romans, lettres… Il pose sur la Corse et les Corses un regard qui n’a guère d’équivalent dans l’histoire des écrivains voyageurs qui sont venus dans l’île. Sans doute, en raison de plusieurs années de vie et d’imprégnation insulaires. Son regard ne se laisse pas totalement assombrir par les clichés romantiques et les stéréotypes classiques sur la Corse. Cette exposition est une évocation vivante d’un homme de lettres atypique et qui aima passionnément la Corse et les Corses.La mise en scène a été créée par la scénographe Sophie Vigourous. Elle a proposé un dispositif léger basé sur des reproductions. L’ensemble inspiré des « Boîtes en valise » de Marcel Duchamp se présentait comme une composition de reproductions, cartes postales originales ou reproduites, plans, courriers dactylographiés etc. On y trouve 13 posters, des extraits de correspondance dactylographiés, un ensemble de cartes postales (originales et reproductions) représentant les différents lieux où a vécu l’auteur ainsi qu’une une interview vidéo de Eugène Gherardi réalisée par la bibliothèque universitaire (2’30 mn).
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La Corse inspire un roman à John Antoine Nau : Thérèse Donati. Initialementintitulé Thérèse Tristani, ce livre est vite considéré comme un fiasco par son auteur, « une chose bien médiocre », un « petit tas de… matière », un « bouquin jeté à l’eau » et même une « saloperie ». Sans cesse, John- Antoine Nau en reprend puis en abandonne l’écriture. Il s’y reprend à sept fois et ne terminera la rédaction de son roman qu’en 1912. Si peu satisfait du résultat, l’auteur remisa le manuscrit au fond d’un tiroir et il faudra toute la volonté de Jean Royère pour le tirer de l’oubli et le publier après la mort de Nau. De quoi s’agit-il ? C’est une histoire d’amour, ou plutôt plusieurs histoires d’amour, qui s’épuisent et s’entremêlent jusqu’à l’anéantissement de soi. De retour à Porto-Vecchio, son port d’attache, après avoir effectué un long périple en mer, Marc-Aurèle Faggianelli est reçu par sa cousine Thérèse, belle célibataire brune qui s’est éprise de lui. S’il n’est pas insensible au charme de Thérèse, Mac-Aurèle est tombé amoureux de Suzanne, jeune Parisienne. Après avoir tergiversé, Faggianelli choisit Suzanne et quitte Porto- Vecchio. L’idylle dure peu. Suzanne l’abandonne pour les bras d’un peintre. Marc-Aurèle revient à Thérèse qui lui accorde son pardon en échange de la promesse d’un mariage. Mais Faggianelli doit repartir précipitamment pour un long cours, remettant le mariage à une autre saison. À bord du navire, Marc-Aurèle fait la connaissance d’Arthénicia, fille avec laquelle il noue une liaison amoureuse et filera le parfait amour du côté de Fort-de-France. Informée de l’infidélité deson fiancé, Thérèse quitte la Corse pour aller le retrouver et le ramener à Porto-Vecchio où l’union sera scellée avant que Faggianelli n’aille combattre pendant la Première Guerre mondiale. Sous la plume de Nau, tout remue et s’agite, et les personnages semblent passer leur vie à chercher un sol stable où devenir eux-mêmes.
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Le premier conflit mondial suscite en lui bien des inquiétudes. C’est depuis la Corse qu’il observe la mobilisation générale qui vide de ses hommes les villes et les villages. Comme nombre d’écrivains et d’intellectuels d’une même génération, John-Antoine Nau voit dans la Grande Guerre une crise de l’esprit. Partout où le regard se porte, près ou loin, le monde n’a pas paru depuis longtemps aussi mouvant et incertain. Nau jette son œil d’aigle désespéré sur la mobilisation des hommes et des idéaux au profit de la seule logique absurde, brutale et guerrière.
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Porto-VecchioTournant de Marine – Corse20 mars 1913
Mon cher ami, […] Comme j’étais encore assez « loque » au reçu de votre lettre, c’est ma femme qui a écrit au Préfet de la Corse. Et ce qu’il y a de plus joli, c’est que le jour même où elle s’était livrée ou allait se livrer à sa besogne épistolaire, un Monsieur très beau, très, très élégant pour Porto-Vecchio, passait devant nos fenêtres. Il y avait, par hasard, au Tournant de la Marine, un certain mouvement de bons hommes et de bonnes femmes ; et tout le monde saluait le beau Monsieur.Nous finîmes, ma femme et moi, par nous dire que c’était au moins « un marchand de liège vraiment à la hauteur » et qui devait singulièrement « rapporter » à nos frères Portovecchiens pourqu’ils se montrassent si prodigues de marques de considération !!! Mais le petit Roccaserra, le docteur, conseiller général, gros monsieur, – et qui ne s’humanise pas avec tout le monde, descend vers la Marine dans son équipage, – saute de sa voiture et se précipite sur le beau Monsieur qu’il comble de poignées de main et de marques d’amitié. – Oh ! Pour le coup ! dis-je à ma femme, c’est bien sûr le directeur de la future compagnie des Chemins de Fer du Sud de la Corse ou bien Minuto-Grosso ressuscité ! – Je parie, me dit ma femme en plaisantant, que c’est le Préfet ! Renseignements pris, le lendemain, c’était bien le Préfet accompagné du Sous-Préfet de Sartène et de quelques « énormeslégumes », – venu à propos au sujet de l’attaque de l’automobile Ghisonaccia- Sartène. En bons provinciaux, nous fûmes très émus : pensez-vous ! L’homme au seul nom duquel un grand frémissement fait onduler et courber les plus hauts maquis de la Corse, – avait promené son ombre sur les parois de notre grotte !! Je l’ai vu, de mes yeux vus, se gratter le nez comme un simple mortel, le jour où ma femme lui avait écrit ou allait lui écrire ! Morale : il a une tête de bon zigue et de rigolo. J’aime assez ces cafetières-là et en augure bien pour l’infortuné Mallaroni. En vous remerciant encore, mon cher ami, je vous envoie la plus forte poignée de main et ma femme vous dit mille choses cordiales.
Votre ami,John-Antoine NauDompteur de gendarmesEt futur assaillant pour automobiles publiques de la Corse
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Porto-VecchioTournant de la Marine – Corse12 février 1913
Mon cher ami, […] Tout semble se remettre à présent. Les oiseaux et les banditi chantent dans les buissons. Tutto va bene. Il n’y a que les gendarmes qui s’affligent, particulièrement ceux qu’on envoie du côté de Borgo. Dans cette actuelle Corse à la Mérimée, je ne reconnais plus l’île de tout repos, où je fus le seul bandit pendant plus de deux ans. Je n’aime pas la concurrence. Ce qui est dégoûtant, c’est que je ne fais aucun progrès en corse ; mais c’est quelquefois bien agréable de ne pas savoir la langue d’un pays. Quand un brave homme de la campagne ignorant du français, me parle des exploits de feu Balesi, je n’entends guère que le nom du glorieux défunt et suis désespéré de comprendre les anecdotes où notre Balesi joua un rôle si… bizarre. Je réponds par de belles phrases espagnoles que mon type n’écoute pas, continuant à chanter les louanges du « Lion de Roccapina » et pendant une demiheure, parfois, nous causons, lui et moi de ce qui nous intéresse, chacun de notre côté. Nous nous quittons fort satisfaits de notre mutuelle société, et après cela on s’adresse des signes amicaux du plus loin qu’on se voit ! Si je parlais corse, je l’eng… attraperais et nous ne serions plus copains. Encore un bienfait de l’ignorance ! Ne viendrez-vous jamais dans votre île ? Quand vous consentirez à faire connaissance avec notre étrange petite boite, située à 300 mètres environ de Porto-Vecchio, sur un fort joli cap tout vert, je vous assure qu’on vous recevraavec enthousiasme. Au plus tôt possible, mon cher ami. Ma femme vous dit mille choses cordiales et je vous serre très affectueusement la main.
Votre ami, John-Antoine Nau
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Au fond, cette Correspondance est une conversation. Ces lettres prennent un tour plus touchant lorsqu’elles nous dévoilent combien John-Antoine Nau s’efforce d’aider lesplus nécessiteux. Car en nous introduisant dans l’intimité de l’écrivain, les lettres nous montrent sa générosité, sa grandeur d’âme et sa fraternité avec les plus humbles. À son regret, John-Antoine Nau note que, dans la course vers le progrès, la Corse est touchée par la francisation à marche forcée, perd son âme, s’embourgeoise en adoptant les « manières » du continent. En Corse, sans se mêler pleinement à la vie locale, il s’y intéresse et lit les journaux qui s’en font l’écho. Homme de devoir, il n’est pas insensible au sort des personnes qui viennent frapper à sa porte et lui demander aide et secours.
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Dans l’île, l’écrivain ne cesse de scruter les eaux de la Méditerranée, sourcepuissante d’inspiration. Il se fait corse et c’est au contact de la population qu’il tente d’apprendre la langue du pays. Et les lettres tiennent une place à part dans l’œuvre de Nau, lettres qui ne seront dévoilées qu’après la mort de l’auteur. Elles sont comme des petits cailloux blancs que l’on aimerait bien partager avant qu’ils ne retombent dans les profondeurs de l’oubli. L’écriture de ces lettres, plus sans doute que tout travail d’écriture ou de lecture, relève d’une forme d’insularité, de clôture.
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John-Antoine Nau séjourne en Corse du mois d’octobre1909 au mois d’août 1916, résidant successivement à Ajaccio, Cargese, Zicavo, Porto-Vecchio et Ajaccio. À Porto-Vecchio, Nau et son épouse occupent une petite maison à tuiles rouges et au confort des plus sommaires au lieu-dit Tournant de la Marine où l’homme de lettres « trouvait presque ses Antilles » d’après le poète corso-niçois Jean-Wallis Padovani qui considère que « ce grand écrivain nous appartient ». Nau semble être venu dans une petite bourgade du sud de la Corse pour brouiller les cartes et disparaître. Saura-t-on jamais avec précision ce qu’il a fui ? Excepté les amis proches, rares sont ceuxqui savent où John-Antoine Nau a élu domicile. La Semaine politique et littéraire de Paris loue en 1912 « la superbe solitude » d’un homme qui, « à cette heure encore, continue peut-être sur un rocher perdu une existence de marin obstiné qui, même au repos, ne veut pas quitter la mer ». L’année suivante, La Plume indochinoise, revue littéraire et artistique publiée à Hanoï, le dit « domicilié à de vagues antipodes ».
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En Californie, John-Antoine Nau avait grandi dans une famille où la vie semblait facile mais où le bien-être n’avait pas éteint le goût de la culture. Il y avait reçu une éducation catholique, foi à laquelle il restera attaché tout au long de son existence et sur laquelle il n’est sans doute pas inutile de s’arrêter tant elle marque la personnalité de Nau. Il assiste à la messe, communie, récite son chapelet. Un comportement somme toute ordinaire pour un catholique pratiquant. Foi pieuse et fervente qui éclaire son existence et sur laquelle on peut gloser. Réfractaire à la vie mondaine, adepte du vivre-libre et sans attaches, il aurait pu devenir une sorte de révolutionnaire anarchiste. D’une certaine manière, à sa façon, il sera un témoin un peu à la manière franciscaine. Rompre avec une certaine mondanité. Ce qu’il aimait dans la figure du Christ, c’est son adéquation avec le réel pour s’humaniser et se donner aux autres.
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Dès ses premières armes en littérature, il semble que les thèmes de l’amour et du voyage soient présents dans l’œuvre de John-Antoine Nau. En 1897, il compose et publie Au Seuil de l’Espoir, un long poème qui est bien accueilli par la critique. Dans la Revue Blanche, Gustave Kahn note : D’autres recueils de poèmes sont publiés : Hiers bleus (1903), Vers la fée Viviane (1908), En suivant les goélands (1914). Après la mort de John-Antoine Nau, beaucoup d’inédits attendront que Jean Royère, l’ami le plus proche, et qui sera son exécuteur testamentaire, les rassemble dans un volume intitulé Poèmes triviaux et mystiques (1924).
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Le lundi 21 décembre 1903, John-Antoine Nau passe presque à la postérité. C’est avec le roman Force ennemie qu’il devient le premier lauréat du jury Goncourt. Sous la présidence de Joris-Karl Huysmans, le jury se réunit au restaurant Champeaux, place de la Bourse. Nau avait pour concurrents principaux Paul Léautaud, Henri Barbusse et Henri Duvernois. Le Journal des débats rend compte du vote : « Ni le livre ni l’auteur n’étaient encore célèbres. M. J.-A. Nau est d’ailleurs le contraire du gendelettre et l’homme de France qui recherche le moins les avantages de la publicité. » S’il n’entreprend aucune démarche afin d’obtenir le prix, il ne se montre pas non plus insensible à l’honneur qui lui est fait. Ainsi, quelques jours avant que le jury ne se réunisse pour délibérer, John-Antoine Nau fait part de ses sentiments à Félix Fénéon.
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Eugène-Léon-Édouard Torquet, qui ne s’appelle pas encore John-Antoine Nau, voit le jour à San Francisco, le 19 novembre 1860. Eugène passa donc les premières années de sa vie dans un pays neuf, marqué par la conquête de l’Ouest et la ruée vers l’or. Du poids de cette enfance américaine, il ne parviendra à se délester qu’en voyageant tout au long de son existence, tentant ainsi de retrouver son paradis perdu. Même si son père et sa mère étaient français de vieilles souches artésiennes, bretonnes et normandes, Eugène restera toute sa vie citoyen des États-Unis d’Amérique encore qu’il prendra un malin plaisir à brouiller les cartes de ses identités multiples tout au long de son existence. John-Antoine Nau s’éteint le 17 mars 1918 à la villa Ker Jeanne de Tréboul, dans la baie de Douarnenez. Il sera inhumé au cimetière marin de cette station balnéaire du Finistère. André Gide fait part de sa tristesse à Jean Royère. Il écrira quelques mots que Paul Valéry s’empressera de remettre à Royère : « La triste nouvelle que vous me communiquiez m’a très péniblement affecté. Bien que n’ayant pas connu personnellement Nau, j’avais pour lui plus qu’une simple estime littéraire et tout ce que je savais de lui, grâce à vous, intéressait mon cœur autant et plus encore que mon esprit. »
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Pour qui ne prise ni les honneurs ni l’exposition médiatique, la vie de John-Antoine Nau, placée sous les auspices de l’humilité et de la pérégrination, offre quelque raison d’espérer. Le roman familial, singulier, est sans doute pour beaucoup dans cette soif de voyages et le choix de la littérature.
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John-Antoine Nau, mort il y a tout juste un siècle, est inconnu du plus grand nombre. Premier lauréat du prix Goncourt en 1903, considéré tout à la fois comme un maître et comme un poète au cerveau plein de soleil par Apollinaire, Nau était un homme de plusieurs cultures et langues. Du poids d’une enfance américaine, il ne parviendra à se délester qu’en voyageant tout au long de son existence. Tout à tour qualifié de voyageur du vaste du monde, ou d’homme de la superbe solitude, Nau séjourne en Corse du mois d’octobre 1909 au mois d’août 1916. Il s’installe à Porto-Vecchio, au lieu-dit Tournant de la Marine, dans une petite maison à tuiles rouges et au confort des plus sommaires. Là, il écrit nouvelles, romans, lettres… Il pose sur la Corse et les Corses un regard qui n’a guère d’équivalent dans l’histoire des écrivains voyageurs qui sont venus dans l’île. Sans doute, en raison de plusieurs années de vie et d’imprégnation insulaires. Son regard ne se laisse pas totalement assombrir par les clichés romantiques et les stéréotypes classiques sur la Corse. Cette exposition est une évocation vivante d’un homme de lettres atypique et qui aima passionnément la Corse et les Corses.
L’exposition Sous le pâle et si lointain soleil d'or cendré - John Antoine Nau in Corsica (1909-1916) s’est déroulée du 15 janvier au 15 février 2018 à la Bibliothèque de l’Università di Corsica.
Elle a été organisée par l’équipe de la bibliothèque sous le commissariat d’Eugène Gherardi, Pr. à l’Università di Corsica, et de Theodora Balmon, directrice de la bibliothèque.
La mise en scène a été créée par la scénographe Sophie Vigourous. Elle a proposé un dispositif léger basé sur des reproductions. L’ensemble inspiré des « Boîtes en valise » de Marcel Duchamp se présentait comme une composition de reproductions, cartes postales originales ou reproduites, plans, courriers dactylographiés etc. On y trouve 13 posters, des extraits de correspondance dactylographiés, un ensemble de cartes postales (originales et reproductions) représentant les différents lieux où a vécu l’auteur ainsi qu’une une interview vidéo de Eugène Gherardi réalisée par la bibliothèque universitaire (2’30 mn).
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En raison de sa facilité d’accès, de sa superficie globale, de l’existence de vastes salles conformes en cela aux usages hospitaliers d’alors et de la possibilité d’une adduction d’eau abondante (à la différence de la Citadelle et de la haute-ville), la maison Rossi vit, de 1769 à 1824, la fonction hospitalière militaire prendre dans ses murs la suite de la fonction intellectuelle que lui avait assignée l’État paolien. On notera, dans ces extraits de rapports militaires, un certain contraste entre la clarté objective de l’exposé des éléments juridiques postérieurs à l’arrivée des Français et le tour plus qu’elliptique (allant en réalité jusqu’à la prétérition) dans l’évocation de la mission initiale de l’immeuble. Telle ou telle allusion est même tendancieuse, comme la mention d’une confiscation de la maison Rossi par le régime de Paoli, alors qu’il s’est agi d’une transaction amiable avec les propriétaires.
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Les initiatives militaires et politiques des « rebelles » et de leur chef étaient suivies à Gênes avec une vive préoccupation et commentées de manière péjorative mais foncièrement inquiète. Parmi elles, la nouvelle de la création de l’Université parvient aux Conseils par le canal d’Agostino Sorba, ambassadeur génois en poste à Versailles et à Paris, à la fin de juin 1765. Elle est instrumentalisée par le correspondant génois en France comme une parfaite illustration de l’inconséquence et de l’ingratitude des Corses qui entendraient réaliser seuls, sans moyens suffisants, en particulier de la part du clergé et très tardivement un projet éducatif que la République de Gênes leur aurait de longue date proposé en vain.
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La promotion personnelle des jeunes dans la Corse des Temps modernes, loin d’être vécue de manière purement individualiste (comme souvent de nos jours) était perçue comme un aboutissement au niveau familial certes, mais aussi dans le cadre villageois qu’elle enrichissait par ailleurs de techniciens du droit (notaires). C’est dans cette forme d’esprit communautaire protecteur et chaleureux, aujourd’hui en partie disparu, qu’il faut lire les témoignages ci-après. On notera sans surprise les fortes garanties morales, religieuses et patriotiques avancées par ces petits notables ruraux à l’appui des demandes des jeunes pétitionnaires issus de leurs rangs.
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Sous forme de bourses mensuelles (rares en raison de la strettezza des moyens publics), de récompenses ou de secours exceptionnels, le Général eut à cœur d’aider des étudiants dans le besoin. Dans le cas de Charles Bonaparte, chargé de quelques missions d’ordre administratif et politique à partir de 1768, il s’agit de gratifications ou de défraiements. On doit remarquer que la sollicitude paternelle de Paoli envers les étudiants de l’Université réédite, fort symboliquement, et dans un registre compassionnel bien dans son style, les secours (notamment la gratuité de l’éducation) accordés dès la fin des années 1750 aux fils des « chefs de la Nation » morts au combat.
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Le « livre journalier des dépenses et recettes » de l’État paolien révèle le poids budgétaire de l’institution universitaire de 1765 à 1768-1769 : imputations de traitements, de bourses ou gratifications diverses. Mais, sur notre sujet, c’est une source imparfaite : des ressources connexes (« don gratuit » du clergé) ne sont pas évoquées, les salaires des enseignants « ordinaires » (statutaires) n’apparaissent pas et des étudiants qu’on sait par ailleurs avoir été secourus ne sont pas mentionnés en tant que tels. Néanmoins, ce document est évocateur de la vie universitaire dans ses très grandes lignes et apporte même des indications de détail jusqu’ici insoupçonnées ou mal connues (l’abbé Pattoni comme enseignant, le maître de danse et d’escrime, les missions politiques de Charles Bonaparte…).
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On manque à ce jour de témoignages précis sur la pratique de la lecture et les tendances de la vie intellectuelle à Corte, autour de l’Université, de 1765 à 1769. On sait cependant que les principales bibliothèques se trouvaient au couvent des capucins et surtout à celui des franciscains où demeuraient la plupart des enseignants, en majorité clercs réguliers – sans compter celle du Général lui-même, aux multiples intérêts : humanistes, juridiques et techniques. Corte, ville universitaire et capitale administrative, consommait aussi beaucoup de papier et d’encre à l’image de Pasquale Paoli lui-même qui utilisait dans ce domaine les services de l’imprimeur Batini.
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L’Université paolienne, surtout tournée vers le droit (en réalité : utriusque juris) a essentiellement et même presque uniquement formé des juristes pendant sa trop brève existence. Le besoin de notaires dans la société rurale, tant pour augmenter le nombre d’études dans les bourgs que pour en créer dans les villages qui en étaient dépourvus, explique le volume des candidatures devant une commission de spécialistes qui avait à se prononcer sur leur valeur. Point précieux pour notre propos : on observera l’insistance avec laquelle les candidats mettent en avant comme argument décisif leur fréquentation des enseignements de l’Université (mais en réalité le plus souvent limitée à une seule année).
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Des attestations d’assiduité, mais aussi de degré d’étude atteint, émanant de quelques enseignants de l’Université paolienne, sont parvenues jusqu’à nous. Destinées à permettre l’accession à la carrière notariale de jeunes aspirants à cette fonction au terme d’un cursus universitaire partiel, certaines (Francesco Giannettini) peuvent sembler assez répétitives sinon convenues. Mais d’autres (Antonio Bonaccorsi) sont visiblement attentives au niveau réel des candidats, parfois assez modeste (« non sans un certain profit »), parfois très supérieur (« un grand profit proportionné à son excellent talent et à son infatigable application à l’étude »), gradation dans l’éloge qui paraît témoigner, de la part du maître, d’un souci très humain, mais juste, de la promotion des meilleurs étudiants.
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On trouve trace à Corte, dans les années 1765-1768, de travaux publics importants qui concernent un bâtiment appelé « il Palazzo ». S’agit-il toujours du « Palazzo Pubblico » (le « Palazzu Naziunale ») ou bien, dans certains cas, de la maison Rossi, au bas de la Sculiscia, devenue par suite d’un accord entre la famille et l’État paolien l’immeuble de l’Université ? On présente le document ci-après sous toute réserve mais cependant avec une assez bonne probabilité qu’il se rapporte à la réfection ou plutôt à l’agrandissement de la maison Rossi, à la fois en raison du volume des travaux de terrassement et de gros œuvre évoqués et de la mention de l’abbé Anton Leonardo Valentini, économe de l’Université (au domicile personnel voisin de la maison Rossi), manifestement en tant que responsable du chantier. En tout cas, les rapports humains de connivence et d’affection entre Pasquale Paoli et le juge Anton Nobile Rossi, serviteur de l’État, ressortent des trois autres textes dans lesquels on trouve une touche de sollicitude fraternelle tout à fait dans la manière politique du Général.
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Les besoins de la société corse ont poussé le régime de Pascal Paoli à favoriser, dans tous les domaines, la création, l’émergence ou la promotion interne de nouvelles élites. En matière médicale, devant l’impossibilité évidente de créer une Faculté de médecine dans l’Université projetée, on s’est résolu à recenser et à confirmer le corps médical existant en le validant ou en le promouvant au vu de ses titres universitaires (Rome, Florence, Padoue, Gênes) ou de la démonstration de ses compétences. On notera l’inégale répartition microrégionale des praticiens concernés, avec une nette prédominance du Cap, de la Castagniccia et surtout de la Balagne.
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Cette exposition a été réalisée dans le cadre du trentième anniversaire de la réouverture de l'Università di Corsica (1981-2011). Elle vise à offrir plusieurs textes d'archives inédits, inconnus ou méconnus du public, sur l'institution universitaire fondée par Pasquale Paoli, active de 1765 à 1768. À l'exclusion du panneau 12, tous les textes sont traduits en français de la langue originale des documents, le toscan, par Jean André Cancellieri, Professeur à l'Université de Corse, Président de la Société Historique de Corte et auteur de cette collecte. La double graphie de « Corte » - « Corti », utilisée alternativement dans les originaux, est respectée dans les traductions. Cette exposition se veut un complément de celle conçue en 2007 par l'Université de Corse, à l’occasion du bicentenaire de la mort de Paoli, qui a donné lieu, en 2008, à la publication de l'ouvrage universitaire collectif : Pasquale Paoli. Aspects de son œuvre et de la Corse de son temps. Elle entend être aussi une invitation à la poursuite d'une recherche documentaire attentive, en Corse et hors de Corse (archives publiques et privées), recherche qui vient d'être marquée par la publication d'un Précis d'histoire de l'éducation en Corse : les origines (CRDP de Corse, 2011) de la part d'Eugène Gherardi. En réalité, à travers d'abord le volet universitaire, c'est toute l'histoire de la période paolienne et de sa genèse qui attend, de la part des jeunes générations, un regain d'intérêt.
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Cette exposition a été réalisée dans le cadre du trentième anniversaire de la réouverture de l'Università di Corsica (1981-2011). Elle vise à offrir plusieurs textes d'archives inédits, inconnus ou méconnus du public, sur l'institution universitaire fondée par Pasquale Paoli, active de 1765 à 1768. À l'exclusion du panneau 12, tous les textes sont traduits en français de la langue originale des documents, le toscan, par Jean André Cancellieri, Professeur à l'Université de Corse, Président de la Société Historique de Corte et auteur de cette collecte. La double graphie de « Corte » - « Corti », utilisée alternativement dans les originaux, est respectée dans les traductions. Cette exposition se veut un complément de celle conçue en 2007 par l'Université de Corse, à l’occasion du bicentenaire de la mort de Paoli, qui a donné lieu, en 2008, à la publication de l'ouvrage universitaire collectif : Pasquale Paoli. Aspects de son œuvre et de la Corse de son temps. Elle entend être aussi une invitation à la poursuite d'une recherche documentaire attentive, en Corse et hors de Corse (archives publiques et privées), recherche qui vient d'être marquée par la publication d'un Précis d'histoire de l'éducation en Corse : les origines (CRDP de Corse, 2011) de la part d'Eugène Gherardi. En réalité, à travers d'abord le volet universitaire, c'est toute l'histoire de la période paolienne et de sa genèse qui attend, de la part des jeunes générations, un regain d'intérêt.
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En partenariat avec la Bibliothèque Universitaire, le Laboratoire Lieux, Identités, eSpaces et Activités a proposé une conférence autour de la thématique présentée dans l’ouvrage réalisé par Claudine et Philippe Deltour-Levie : Les édifices romans de la Corse lundi 2 mars 2020.Références bibliographiques :DELTOUR-LEVIE Claudine & DELTOUR-LEVIE Philippe, Les édifices romans de la Corse, Volume 1, Ajaccio : Alain Piazzola, 2020.ISBN : 978-2-36479-101-5
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Urdinatu prete in u 1843, Paulu Matteu della Foata diventò vescu di Corsica in 1877. A so opera in lingua corsa ùn hè stata scuperta tutta ch’è in l’annate 1970. Ammaestrendu u corsu, u francese, u talianu è u latinu, hà sopratuttu circatu à valurizà a parlata di a so cara pieve di l’Ornanu. A so famosa Nanna di u Bambinu, longa di 49 strofe, hè ormai entruta in u patrimoniu natalecciu di l’isula.Riferenze bibliugrafiche:Manuscrittu originale di E Puesie Giocose.Poesie giocose : in lingua vernacola della pieve d'Ornano... : poemetto satirico-comico composto da un lepido autore di quella nobile Pieve, Aix-en-Provence, Impr. La Mulatière, 1973.Poesie Giocose, Aiacciu, CRDP di Corsica/Università di Corsica, « L’ammaniti », 2006.
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Ingrandatu in Evisa, figliolu di Stefanu Ceccaldi, guardia furesta, è di Marta Maria Antunietta Colonna de Leca, Matteu Ceccaldi face parte d’issa generazione chì participeghja à u primu cunflittu mundiale. Diventatu funziunariu in i servizii di l’anziani cumbattenti, ghjè in Parigi chì ellu li stuzzica a brama d’impegnà si à prò di a lingua corsa. À l’iniziu di l’anni 1950, si mette in capu di fà un dizziunariu di a lingua corsa è un’antulugia. Li ci vulerà guasì vint’anni per vede i frutti di l’impegnu. À porghje li un aiutu scientificu ind’è issi travaglii maiò, serà Paulu Arrighi, prufessore di talianu à l’università d’Ecchisi è direttore di u « Centre d’études corses », centru creatu ind’è a stessa università in u 1957. E lettere mandate da Ceccaldi à Arrighi ci palesanu di modu chjaru a genesi di u dizziunariu è di l’antulugia. U dizziunariu, Dictionnaire corse-français (pieve d’Evisa), esce in u 1968. L’amore di a lingua corsa, si leghje ind’è l’introitu di u dizziunariu. Scrive Ceccaldi : « L’auteur du dictionnaire, passionnément attaché au passé, s’est donné la mission de faire vivre dialectalement une époque en grande partie révolue pour d’autres. En avait-il quelque qualité ? Il appartient à la pieve d’Evisa. Il y est né en 1893, comme y étaient nés ses père et mère une bonne trentaine d’années plus tôt, l’un dans le haut-canton, à Evisa, l’autre dans le bas-canton, à Serriera. Jusqu’à l’âge de l’école communale, sa langue unique a été le corse, interdit par les instituteurs mais cultivé aussi bien dans son milieu rural qu dans sa famille. A aucun moment de son existence, il n’a parlé français, même une fois, avec ses parents. Lorsqu’il est allé habiter le continent, il avait déjà près de quarante-cinq ans et c’est précisément au cours de cet éloignement qu’il a entrepris ses travaux. »
L’antulugia, Anthologie de la littérature corse, vene publicata in u 1973. Al di là di e ricerche linguistiche è di l’accatestera literaria, Matteu Ceccaldi face ellu stessu da prusatore. Scrive O Missià, una racolta di stalbatoghji, chì li permette di vince u premiu Pierre-Bonardi in u 1965. In u 1980, ritiratu in Aiacciu, face publicà una traduzione in lingua corsa di e Lettres de mon moulin è di i Contes du lundi d’Alphonse Daudet.
Riferenze bibliugrafiche:
Lettere mandate da Matteu Ceccaldi à Paulu Arrighi (1952-1966). (cullezzione Gherardi, Orezza.)
Dictionnaire corse-français (pieve d’Evisa), Paris, Klincksieck, 1968.
Anthologie de la littérature corse, Paris, Klincksieck, 1973.
Lettare da u me mulinu. Fole di u luni (Alphonse Daudet), traduzione in corsu, s.n.e., 1980.
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Il existe autant de façons de voyager que d’écrire. L’Ailleurs sert à s’ouvrir, à rêver pour penser autrement. Sous la déclinaison de ses formes les plus diverses, fussent-elles journaux de bord tenus avec méthode, notes et impressions jetées en hâte sur un papier, correspondances familiales et amicales, comptes rendus historiques à la méticuleuse précision, ou bien au contraire récits romancés et même voyages imaginaires, il serait difficile d’établir une typologie avec rigueur, tant le genre de la littérature de voyage est malléable, tant il s’interroge en se ponctuant d’espaces, d’amendements et d’horizons qui renouvellent inlassablement ses attentes esthétiques, et sont capables d’établir un discours subtil avec la genèse du texte littéraire. Cette exposition propose de porter un regard au fil de deux-cent ans d’histoire insulaire, sur quelques-uns des écrivains voyageurs venus jusqu’en Corse, géographes, historiens, anthropologues, ethnologues, essayistes, romanciers, sportifs, aventuriers...
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L’exposition se clôture avec la contribution de Didier Rey, offrant pour analyse à notre lecture la question des voyages coloniaux en Algérie, en Indochine et au Maroc. C’est à travers la longue carrière de militaire de notre personnage, que les lieux exotiques laissés aux colonies d’antan se succèdent. Joseph-Antoine Canasi nous donne à voir une parcelle de l’Empire colonial français du moment et, plus encore peut-être, la représentation de ce dernier qui se construit à travers le prisme déformant de la carte postale. Le message de la « mission civilisatrice » s’exprime et arrive jusqu’à nous, portant immanquablement dans son sillage la construction fantasmée des populations coloniales.
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Eugène Gherardi choisit de nous faire découvrir la figure attachante de l’âne corse, animal domestique particulièrement emblématique de notre société, et encore une fois assez fréquemment représentée dans le fonds Joseph-Antoine Canasi. À l’instar de ses congénères de Provence, de Catalogne, des Pyrénées, du Maghreb et de tout le pourtour méditerranéen, l’âne corse offre une aide précieuse et quotidienne. Il est employé comme bête de somme pour le transport des denrées et utilisé parfois dans les travaux agricoles comme bête de trait ou pour manéger les moulins. À l’issue de la Seconde Guerre mondiale, la représentation du baudet fait d’ailleurs florès. Elle est couramment associée à l’évocation de la Corse.
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C’est avec l’un des loisirs les plus pratiqués et les plus renommés de la société corse, autrement dit la chasse, que Tony Fogacci choisit de continuer le propos. Acte quasiment religieux, il acquiert une portée sociale très importante. La chasse au sanglier plus précisément, largement représentée dans le fonds à travers plusieurs aquarelles et croquis, est liée à une coutume sociale très présente et réinvestie souvent de manière symbolique.
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Muriel Poli décide d’invoquer quant à elle une nature sous des traits plus sereins : la forêt de Nuceta parée de ses attraits majestueux. La diversité du milieu naturel met sous nos yeux la végétation sclérophylle du maquis, les ripisylves et les espèces forestières. L’ensemble des documents en lien avec la nature, textes et peintures, participe à produire une ethnographie subtile des sociétés paysannes.
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Denis Jouffroy aborde ensuite la question très actuelle pour nous lecteurs du début de 21e siècle, des événements climatiques auxquels les archives de Joseph- Antoine font écho, tout particulièrement à travers un cahier personnel intitulé « U nivone di 1934 in Corsica ». Sous ce titre, Joseph-Antoine Canasi réalise un véritable travail de journaliste compilant une multitude d’articles d’époque et il relate les évènements dramatiques survenus au début du mois de février 1934. Document original s’il en est, novateur et porteur de sens jusqu’à aujourd’hui.
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Christophe Luzi s’est attaché à présenter tout d’abord les racines villageoises de Joseph-Antoine, ses premiers pas au sein d’une fratrie chaleureuse de cinq frères et sœurs, qu’il quitte pour initier un parcours militaire. Régulièrement il rentrera en Corse, lors de retours estivaux, mais en fait jamais il n’a quitté son île ainsi qu’en témoignent les nombreux contacts qu’entretient Joseph-Antoine, en particulier avec son père Léonard, à hauteur de plusieurs dizaines de courriers par an.
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Christophe Luzi s’est attaché à présenter tout d’abord les racines villageoises de Joseph-Antoine, ses premiers pas au sein d’une fratrie chaleureuse de cinq frères et sœurs, qu’il quitte pour initier un parcours militaire. Régulièrement il rentrera en Corse, lors de retours estivaux, mais en fait jamais il n’a quitté son île ainsi qu’en témoignent les nombreux contacts qu’entretient Joseph-Antoine, en particulier avec son père Léonard, à hauteur de plusieurs dizaines de courriers par an.
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Le projet d’exposition autour du personnage charismatique de Joseph-Antoine Canasi, originaire du village de Nuceta dans l’ancienne pieve de Rogna en Haute-Corse, rend hommage à l’un de ces individus oubliés parmi la foule de nos compatriotes insulaires qui s’expatrient au début du 20e siècle. Il offre le témoignage discret et d’autant plus émouvant, d’un jeune soldat impliqué au sein des grandes conflagrations du siècle passé. Cet autodidacte issu du monde rural, épris sa vie durant d’une passion frénétique pour les archives, perpétue durant soixante ans avec une flamme inextinguible, son amour pour la langue et pour la culture corses. Joseph-Antoine en thésaurise les connaissances et les savoirs, afin de constituer un capital intellectuel et spirituel. Il écrit aussi, abondamment, des centaines de poèmes, des manuscrits, des correspondances habilement illustrées. Dilettante, virtuose, doté d’un goût vif des arts, il devient dessinateur, graveur, peintre, aquarelliste. Versé dans l’actualité aiguë et pressante de son époque, il rédige parmi les journaux locaux et nationaux, des entrefilets, des articles. Il s’improvise photographe. Il est violoncelliste, pêcheur, chasseur… La vie de ce touche-à-tout traverse les soubresauts et les événements qui ont marqué âprement l’île : les deux Guerres Mondiales, la crise de 1929, l’empire colonial français, la guerre d’Algérie. Mais toujours se distingue au fil des années, au fil des paysages et de lieux dont il ramène immanquablement les indices de son passage, un fil imperceptible. Ce fil le relie à son île natale, et lui fait thésauriser puis archiver, dirait-on, avec une passion presque compulsive, l’équivalent de ce que nous avons aujourd’hui retrouvé au fond de plus d’une centaine de cartons, soit l’équivalent de 40000 documents de toute nature.
Ces derniers offrent un état de conservation plus que satisfaisant pour des supports d’archives ayant parfois cent ans et plus. Du point de vue chronologique, ils se répartissent pour leur grande majorité sur environ un siècle un quart, depuis 1825 jusqu’en 1940. On comprendra que le choix ardu de retenir les quelques thématiques qui composent l’actuelle exposition, n’a pas été aisé tant il est vrai que les éclairages pourraient être nombreux parmi les centaines de lettres, de cartes postales, de journaux et d’ouvrages, de photographies, de documents militaires ou personnels, de croquis, d’aquarelles, de poèmes etc.
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En 1736, l'abbé Giulio Matteo Natali (1702-1782), partisan de l’indépendance corse, écrit le Disinganno intorno alla Guerra di Corsica, pour prouver le bien fondé de la lutte des Corses contre le pouvoir de Gênes. Cet ouvrage est un écrit faisant le procès du gouvernement génois en voulant rétablir la version corse des évènements survenus dans l’île, vis-à-vis des cours européennes et notamment française. Giulio Matteo Natali publie ici sous le pseudonyme "Curzio Tuliano".
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Ce cahier manuscrit rassemble un cours de droit et d'histoire romaine ayant appartenu à Auguste Nobili-Savelli. Daté de 1878, il comprend près de deux-cents pages non paginées écrites en français et à l'encre noire.
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Lettre signée par le Général de la nation corse, Pasquale Paoli, à ces Messieurs du comité de sûreté à Rogliano, Corte, le 9 juin 1794. 2 p. in-4°, adresse au dos, cachet sec. Légère perte de texte sans gravité par endroit, l’encre ayant traversé le papier. Intéressante lettre au sujet de la distribution de prises effectuées par un bateau corsaire. Cette distribution dépend du tribunal de commerce habilité à veiller à ce que les choses se déroulent selon les règles en vigueur, la nation étant elle aussi intéressé par ces prises. Rispondo alla vostra lettera nella quale mi domandate una commissione per la distribuzione delle prese. Veramente quando vi è un tribunale di comercio che giudica ed una commissione permanente e locale quale voi siete non è convenevole di multiplicare….Quando la presa è dichirata buona il corsaro [Trasmette ?] al tribunale di commercio…..che le faccia la distribuzione ed in tal caso il detto tribunale invigila perche ciascuno abbia quel che gl’appartiene
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Une fête païenne voulait que chaque année un jeune homme fasse le sacrifice de sa vie en l'honneur d'Apollon. Après une cérémonie rituelle et dans "cette nudité qui est la plus grande magnificence de la beauté d'Apollon", il devait se précipiter dans la mer pour s'y noyer.Le diacre Césaire fut témoin de cette horrible scène qu'il condamna publiquement. Arrêté, il fut lui aussi jeté immédiatement à la mer.Au moment de la conversion de l'empereur, il devint le titulaire d'une des chapelles impériales.
Giovanni Guida (né le 12 octobre 1992 à Acerra) est un artiste, peintre et illustrateur italien.Ses oeuvres picturales sont réalisées avec la technique du grattage. En 2015, il est diplômé avec mention en peinture à l'Académie des Beaux-Arts de Naples.En 2016 sa peinture "Caesarius Diaconus" (icône de Césaire de Terracina, saint tutélaire des empereurs romains) a été exposée dans de nombreux musées, cathédrales et basiliques du monde (Italie, Espagne, Portugal, France, Corse, Allemagne, États-Unis d'Amérique, Angleterre, Israël, Philippines, Croatie et Slovaquie).La traduction en français a été réalisée en 2016 par Dominique Guerrini, professeur agrégé de l'Universitéet ex-responsable de formation à l'IUFM de l'académie d'Amiens, et par Jean-Etienne Guerrini, inspecteur de l’Education Nationale
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C’est par l’étude de la Parole transmise, entendue comme langage sémiotique, que la question de l’interaction entre les hommes et leur milieu est posée ici. Les récits relatifs à la Toponymie et l’Alimentaire, permettent de clarifier les intentionnalités exprimées à l’évocation de sa Terre, ou des siens. Les sciences modernes ont placé l’homme au centre d’un dispositif naturaliste qui oppose notamment l’Homme et Nature. Par-delà l’étude phénoménologique qui pourrait se borner à une perception personnelle du milieu étudié, l’objectif de cet ouvrage est d’élargir la pensée anthropocentrée à travers, notamment, l’étude d’une temporalité propre à la tradition orale. Une manière de dépasser la dualité opposant les cultures dominées et dominantes, afin d’observer leur interdépendance ou de revenir encore sur la séparation de l’espace et du temps opérée à travers une Histoire de la géographie. Ce travail est rédigé, en majeure partie en corse, afin de rendre compte de la nécessité d’utiliser les langues de proximité tels des outils d’écoute, d’observation, et de création d’un monde à reconnaître afin de s’y retrouver, sans distinction.
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Le présent ouvrage réunit les contributions de neuf auteurs. Francis Beretti s’intéresse à Adolphe Petri Palmedo qui révéla à Tommaseo la richesse de la poésie populaire slave. Eugène Gherardi publie les écrits, jusqu’ici inconnus, d’un correspondant corse de Tommaseo. Les rencontres que Tommaseo a faites à Bastia inspirent à Ghjacumu Thiers l’idée d’une production littéraire et théâtrale. Quant à Aurélie Gendrat-Claudel et Michele Marchesi, ils se sont attachés avec tout le soin que l’on attend de la part d’universitaires, à « transcrire de la manière la plus exhaustive et la plus fidèle les pages du journal de Tommaseo relatives à la Corse ». Marco Cini aborde les thèmes de l’indépendance nationale et des modèles de civilisation dans les œuvres de Tommaseo, de Benci et de Guerrazzi. Jean-Guy Talamoni s’attache à évaluer « le poids de la littérature romantique française sur les représentations de la Corse et des Corses ». Jean-Dominique Poli étudie la portée littéraire des voyages en Corse de Mérimée et de Guerrazzi. Egidio Ivetic élargit encore le propos, en voyant Tommaseo comme le tenant d’une paradoxale « modernité pré-moderne » de l’Europe méditerranéenne. Il nous a semblé tout à fait légitime de proposer, par le présent recueil, un hommage supplémentaire à Niccolò Tommaseo, cet éminent homme de lettres animé par un idéal généreux, et qui voyait dans la communication entre les hommes de différents pays, de différentes mœurs, et de différentes opinions, le moyen de transmuter « la diversité discordante en variété harmonieuse ».
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L'ouvrage de Marie-José Dalbera-Stefanaggi est fondé sur des matériaux originaux recueillis au cours de plus de dix ans d'enquêtes de terrain en Corse. Le vaste corpus oral rassemblé par l'auteur et enregistré sur bandes magnétiques sert de base à une étude consacrée essentiellement à la phase phonique de la langue (phonétique, phonologie, morphologie) à la fois sous l'angle de son fonctionnement actuel et sous celui de sa genèse. (649 p.)
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Dans le cadre de l’UMR CNRS 6240 LISA (Lieux Identités eSpaces et Activités) de l’Université de Corse, des travaux universitaires ont été réalisés dès 2004 sur « Le mythe de Napoléon et la Corse ». Il s’agissait de prendre en compte le retour en force de la Figure de « l’Empereur immortel » et la nature protéiforme des fondements de son mythe, son enracinement en Corse ne pouvant plus aujourd’hui être ignoré.
En 2014, la Collectivité Territoriale de Corse confie à l’UMR LISA le projet « Pascal Paoli, la Révolution corse et Napoléon Bonaparte : pour un projet scientifique et économique novateur », codirigé par Jean-Dominique Poli et Jean-Guy Talamoni, alliant plusieurs volets (scientifique, valorisation économique, transfert vers différents publics notamment scolaires, communication), pour une phase préparatoire de dix-huit mois, permettant à la fois de concevoir et d’initier le projet dans ses différentes dimensions.
Les Actes publiés ici concernent les séminaires de 2014-2015 du projet « Paoli-Napoléon ». L’ensemble des contributions réunies sous les rubriques « Philosophie et imaginaire politiques », « Droit », « Représentations, patrimoine et valorisation », « Histoire » et « Enseignement et science », permettent de situer les enjeux.
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Le colloque interdisciplinaire « Iconosphère de la figure mythique de Napoléon », organisé dans le cadre de l’UMR CNRS 6240LISA s’est déroulé à l’Université de corse le 18 et le 19 septembre 2013. Il a permis aux chercheurs de l’Université de Corse et aux chercheurs invités de mettre en commun leurs réflexions sur les iconosphères, les grandes images intimes et collectives, qui s’organisent autour de Napoléon, personnage historique exceptionnel devenu une Figure mythique universelle suscitant toujours les passions les plus opposées. Les articles réunis dans ces actes proposent des approches diverses de la Figure de Napoléon qui irriguent la politique, la littérature, la presse et l’enseignement, la musique, l’architecture comme la publicité, étudiés ici dans une mise en perspective avec des problématiques actuelles, comme le rapport de la corse à l’Empereur.
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Couvent d'Orezza, 1773. Un jeune moine franciscain, Giuseppe Grimaldi di Rapaggio, compose une longue et belle Description d'Orezza. Ce qui frappe à la lecture de ce texte, inscrit dans une tradition ancienne et même antique, c'est une connaissance particulièrement fine d'une grande pieve de la Castagniccia. Se réclamant de la muse Clio, fille de Mnémosyne, fra Giuseppe connaît tous les hameaux, tous les chemins et tous les sentiers, les cours d'eau, toutes les églises et toutes les chapelles, ruinées, romanes ou baroquisées pour la plupart au cours du XVIIIe siècle, toutes les montagnes aussi. Dans la Description d'Orezza, comment ne pas voir s'enchevêtrer univers géographique et sensible d'une part, univers mental et imaginaire imprégné de culture savante et historique d'autre part ? Cet ouvrage est une recherche de première main qui s'appuie sur des matériaux rares, souvent inédits, et dont l'analyse montre la portée évocatrice et symbolique bien au-delà de leur localisation.