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Cathédrale de Santa Maria Assunta (Canonica)

Citer ce document : Camuffo, Paola, Cathédrale de Santa Maria Assunta (Canonica), Médiathèque Culturelle de la Corse et des Corses, consulté le 12 juillet 2024, https://m3c.universita.corsica/s/fr/item/68518

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Titre : Cathédrale de Santa Maria Assunta (Canonica)
Description : Santa Maria Assunta, ancienne cathédrale de la pieve de Sant’Appiano, est bâtie sur les ruines de la cité romaine de Mariana, à côté de la basilique paléochrétienne à trois nefs et à environ 300 mètres de l'église de San Parteo. L’édifice se présente avec un plan rectangulaire (18,40x34,70 m.), à trois nef et abside voutée orientée. Le toit à longs pans ainsi que la partie sommitale de la maçonnerie de la façade ouest sont fruit des réfections modernes. Une tour plan carré, dont seules les fondations sont visibles aujourd'hui pour une hauteur de 3,5m est accolée contre le mur sud de la cathédrale à l’angle est. L’appareillage est caractérisé par des blocs en schiste cipolin provenant avec probabilité du Cap Corse. L’ensemble du parement visible est constitué de dalles équarries de moyennes et de grandes dimensions disposées en lit et en délit. Il est possible d’observer parfois le dédoublement des assises ainsi que l’emploi de dalles présentant fréquemment des joints en L. Les éléments sont soigneusement finis, les joints sont fins et réguliers, constitués de minces couches de mortier. On aperçoit également des marques laissées par les outils : ciseau droit pour la ciselure des bords et pointe ou piquet pour le nivellement de la surface (parfois est aussi observable l’emploie de la gradine) L’ensemble des murs de l’édifice est pourvu de nombreux trous pour les échafaudages distribués de façon régulière et réalisés soit par l’écartement des assises et soit par l’emploi de dalles présentant fréquemment des joints en L. La typologie d’appareillage à rangées alternées employée à la cathédrale de Santa Maria Assunta présente d’étroites ressemblances avec celui de la nef de San Parteo de Mariana et laisse supposer que les deux soient l’œuvre de la même équipe de bâtisseurs. Cet appareillage apparaît fréquemment dans les régions lucquoise et pisane dont nous pouvons rappeler respectivement Sant’ Alessandro de Lucques, Santa Maria Assunta de Cascina et Santa Maria et à San Giovanni de Vicopisano. La façade principale reflète parfaitement la division tripartite interne des nefs. Elle apparie rythmée par deux subtils contreforts latéraux de section rectangulaire et deux pilastres façonnés aux deux extrémités de la façade. En dessous se trouve un bandeau mouluré délimite le fronton triangulaire. Au sommet sont un oculus circulaire et une croix ajourée. Cette typologie de schéma triparti nous la retrouvons aussi dans les façades de la chapelle palatine d’Ardara et l’église pievane de Vicopisano. Au dessous du soubassement du bas des murs (à la hauteur de la deuxième et troisième rangé) est encore visible un double bandeau avec profil mouluré qui se poursuit sur tout le périmètre de la nef, y compris de l'abside. Les entrées sont en nombre de quatre. Celle monumentale, dans la façade principale, est réalisée avec un double encadrement constitué de deux pilastres de section rectangulaire dont les consoles sculptées reçoivent la retombée d’un arc en plein cintre décoré en fort relief. Un deuxième arc, concentrique au premier et un linteau monolithe, ornés avec une frise à entrelacs, encadrent un tympan nu. La retombée du linteau repose sur deux petites consoles élégamment sculptées. Deux autres entrées sont localisées dans le côté sud de la nef. Celle au milieu du mur est pourvue des piédroits monolithes, d’une architrave monolithe rectangulaire et d’un tympan nu surmonté par un arc semi-circulaire en plein centre. La seconde porte, de dimensions plus modestes, présente un linteau à bâtière. La façade nord est pourvue d’un seuil d’entrée localisé en direction de l’angle nord-est, caractérisé par un linteau à bâtière avec une étroite bordure. Dans chaque coté de l’édifice se situent également dix fenêtres, cinq à l’étage du collatéral et cinq dans la partie haute de la nef, certaines sont constituées de linteaux monolithes en arc en plein centre, d’autres en arc brisé. Remarquable, dans le flanc sud, le décor à intarsio sculpté dans trois blocs qui renvoie, pour l’étroite vraisemblance, à ce qui sont observables sur la façade de la cathédrale de Santa Maria Assunta de Pise ainsi que sur le portail de l’église San Sepolcro et sur le bras sud de l’édifice Santa Maria di Castello à Cagliari (MORACCHINI-MAZEL G., 1967 pp. 87-94). L'abside semi-circulaire est rythmée par huit pilastres de section rectangulaire qui reçoivent des arcatures aveugles en plein cintre soutenues par des petites abaques moulurés et des consoles sculptées. A’ l’intérieure de chaque arcature se trouve une couple de petits arcs soutenue par un modillon. Dans la partie sommitale du mur est, délimitée de chaque côté par un pilastre rectangulaire de faible section, nous observons un oculus circulaire et en dessus une corniche décorative composée de neuf petites arcs ainsi que des petites abaques moulurés et des consoles sculptées. Les fenêtres avec arc en plein cintre sont en nombre de cinq : trois dans l’abside et deux dans la façade orientale. A l’intérieur la nef principale est plus large et plus haute et elle apparaît e délimitée par deux série de sept pilastres (six rectangulaires et un, en direction du choeur, cruciforme), chacun pourvu de chapiteau et base moulurés (non plus visible à cause des réfections effectuées autour du 1931). Dans les angles nord-est et sud-est de l’abside, se trouvent deux petites chapelles de plan carré, comme dans le cas de l’église de San Parteo.
Latitude : 42°22'44.1397"
Longitude : 9°17'34.0904"
Date : 1100
Couverture temporelle : XIe - XIIe siècle
Couverture spatiale : Lucciana
Langue : Français
Citation bibliographique : ARCHIVES DEPARTEMENTALES DE LA HAUTE CORSE série IH1, 6, 22 dicembre 1116 série IH1, 7, 1118 CAMUFFO P., 2012, Gli edifici di culto medievali nella valle del Golo. Analisi archeologica sull’evoluzione delle tecniche murarie in pietra tra XI e XVI secolo, thèse de doctorat soutenue à l'Université de Corse. CAMUFFO P., Les édifices de culte médiévaux de la vallée du Golo à travers l’analyse des techniques d’appareillage, in "Bulletin de la Société des Sciences Historiques et Naturelles de Corse", à paraître. CAMUFFO P., L’architecture religieuse médiévale insulaire : modèles architecturaux et identité culturelle des bâtisseurs, in Actes du Colloque “La Franciscorsa, témoin de l'histoire de la Corse”, 23-24 mai 2013, Bastia, à paraître. CORONEO R., Chiese romaniche della Corsica, Cagliari, pp. 22, 24-35, 37-39, 41, 44-45, 49, 97, 99-108, 110-116, 122-123, 136, 139, 147. ISTRIA, D., 2005, Pouvoirs et fortifications dans le nord de la Corse, XIe- XIVe siècle, Ajaccio, pp. 110-113. ISTRIA D., 2005a, L’hégémonie politique économique comme cadre de diffusion des techniques de construction au Moyen Age: la Corse entre Toscane, Ligurie du XIe au XIVe siècle, in “Arcquelogia de la arquitecture. Aparejos constructivos medievales en el Mediterraneo de las técnicas constructivas”, 4, a cura di Azkarte A., Quiros J. A., pp. 133-134. MORACCHINI-MAZEL G., 1967, Les églises romanes de Corse, Paris, pp. 79, 84-94, 217-218. MORACCHINI-MAZEL G., 1972, Corse romane, Saint-Léger-Vauban, pp. 83-85, 105-110. MORACCHINI-MAZEL G., 2004, Corsica Sacra, Portovecchio, pp. 183-201.
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