Résumé : Cette communication propose d’explorer une représentation des Lumières corses sous le Second-Empire à travers un discours, plus précisément une « orazione » dédiée à Pasquale Paoli, composée au milieu du XIXe siècle par Giovan Francesco Morlas, médecin corse originaire du village de Bisinchi, dans le Rustinu. Le manuscrit est conservé au sein du fonds privé Ignace Colombani (1908-1988), lui aussi originaire du Rustinu, gouverneur et poète d’expression corse publiant notamment dans la revue U Muntese (1955-1972) et présidant l’association apolitique de défense de la langue corse Lingua Corsa de 1959 à 1972. L’étude de ce discours aura pour but principal d’observer l’héritage des Lumières corses, et de leur figure la plus caractéristique près d’un demi-siècle après son décès, où la mémoire vivante du Général de l’éphémère nation corse résonne encore à travers les mots d’un médecin l’ayant connu lors de son dernier retour dans l’île. Au sein du texte émerge d’une part l’illustration de l’éloquence des Corses au milieu du XIXe siècle. D’autre part, le portrait de Pasquale Paoli qui y est dressé semble l’élever au-delà des humains. Son esprit et ses valeurs sont mises en exergue, plus que les titres qu’il obtint de son vivant. L’auteur tourne en dérision des monarques illustres dont les actes ne furent pas en accord avec les titres officiels qu’ils portèrent afin de mettre en avant la vertu de Paoli, affirmant que celui-ci privilégia la constance à une gloire temporaire. Il place le général de l’éphémère État corse dans une double filiation, d’une part en tant qu’héritier des penseurs antiques tels que Plutarque, d’autre part en tant que père de la patrie qu’il fut pour son peuple. Enfin, l’attrait des intellectuels corses du milieu du XXe siècle pour ce manuscrit sera également étudié à travers le dossier entourant le manuscrit et le parcours de ce dernier près d’un siècle après son écriture.
Mots-clés : discours, Corse, héritage, histoire, littérature, Lumières.
Abstract : This paper explores a representation of Corsican Enlightenment during the Second Empire through a speech, more specifically an « orazione » dedicated to Pasquale Paoli, composed in the mid-19th century by Giovan Francesco Morlas, a Corsican doctor from the village of Bisinchi, in Rustinu. The manuscript is kept in the private collection of Ignace Colombani (1908-1988), also from Rustinu, a governor and poet who wrote in Corsican, publishing notably in the journal U Muntese (1955-1972) and chairing the apolitical association for the defence of the Corsican language, Lingua Corsa, from 1959 to 1972. The main aim of studying this speech is to observe the legacy of the Corsican Enlightenment and its most characteristic figure, almost half a century after his death, when the living memory of the General of the short-lived Corsican nation still resonates through the words of a doctor who knew him during his last return to the island. The text illustrates the eloquence of the Corsicans in the mid-19th century. Furthermore, the portrait of Pasquale Paoli that emerges seems to elevate him above humanity. His spirit and values are highlighted, rather than the titles he obtained during his lifetime. The author derides illustrious monarchs whose actions did not match their official titles in order to highlight Paoli’s virtue, asserting that he favoured constancy over temporary glory. He places the general of the short-lived Corsican state in a dual lineage, on the one hand as the heir to ancient thinkers such as Plutarch, and on the other as the father of the homeland that he was to his people. Finally, the appeal of this manuscript to Corsican intellectuals in the mid-20th century will also be examined through the dossier surrounding the manuscript and its journey nearly a century after it was written.
Keywords: discourse, Corsica, heritage, history, literature, Enlightenment.
Doctorant en seconde année au sein de l’Université de Corse, je travaille actuellement à la réalisation d’une thèse, dirigée par le professeur Dominique Verdoni, sur Ignace Colombani (1908-1988), gouverneur de la France d’Outre-Mer, poète d’expression corse et parmi les figures majeures du mouvement culturel du Mantenimentu au cours des années 1950-1960, qui, dans le sillon du félibrige en Provence, a œuvré en faveur du maintien et de la reconnaissance de la langue corse.
Le fonds privé[1] qu’il construisit au cours de son vivant constitue le corpus principal de ma thèse de doctorat. Parmi l’importante masse documentaire, composée majoritairement de correspondances, de documents administratifs, de tapuscrits et de manuscrits, quelques documents concernent la figure paolienne et l’héritage des Lumières corses. On y trouve une « orazione » (discours) et quelques compositions poétiques de Giovan Francesco Morlas, un médecin corse du XIXe siècle, originaire de Bisinchi, dans le Rustinu. Le discours, écrit pour être lu, ne fut jamais prononcé et demeura inédit[2]. Il est intitulé : « Orazione in genere demostrativo / In lode di Pasquale Paoli / del Medico Giovan Francesco Morlas di Bisinchi / Nell’Accademia di Corte[3] ». En revanche, quelques poèmes furent imprimés. Dans la Bibliographie de la France[4], on trouve mention de l’Ode napoleonica ; Al reverendissimo signor Carlo Matteo Ambrosi, in sollievo per la immatura morte dell’amatissimo suo nipote[5] ; Discorso del medico Morlas fatto in occasione della partenza del Revmo abate Bernardini, ex rettore di Bisinchi…, il 12 marzo 1849[6].
Dans ce « dossier Morlas », deux choses retiennent mon attention. D’une part, le texte du discours qui illustre l’éloquence des Corses de ce temps-là. D’autre part, les documents qui accompagnent et montrent la « circulation » de ce texte en lui-même. Le discours, écrit pour être lu, ne fut jamais prononcé et demeura inédit[7]. Dans ce « dossier Morlas », contenu dans le fonds, plusieurs éléments retiendront notre attention. Tout d’abord, le texte du discours, qui illustre l’éloquence des Corses de ce temps-là, au milieu du XIXe siècle[8]. Ensuite, le discours s’adressant aux « académiciens » d’une « Accademia di Corti », sur laquelle nous reviendrons, offre une représentation de l’héritage des Lumières corses, au sein d’une société lettrée insulaire du siècle suivant. Enfin, les correspondances et notes manuscrites qui accompagnent ce texte et montrent sa « circulation » au milieu du XXe siècle permettront aussi d’observer l’attrait des auteurs du mouvement littéraire du Mantenimentu pour la figure de Paoli, mais aussi pour l’aspect historique du document, qui se couple, au moins chez Colombani, à un intérêt géographique (puisque le destinataire de l’oraison et son auteur sont tous deux originaires de la région du Rustinu.
Giovan Francesco Morlas, un médecin et poète corse
Que savons-nous de Giovan Francesco Morlas ? Peu de choses en définitive. Comme le souligne Antoine-Marie Graziani, les Morlas ne venaient pas de Ligurie mais semble-t-il de France (Morlaas, près de Pau)[9]. Les Morlas avaient donné à Bastia plusieurs podestats pendant la domination génoise et avaient été reconnus nobles par arrêt du conseil supérieur de la Corse en 1772[10]. Certains des membres de cette famille s’étaient implantés à Oletta où ils avaient fait souche. D’autres, en avaient fait de même en Castagniccia. On retrouve bien Jean-François Morlas dans le recensement de Bisinchi, dans le Rustinu, en 1818 où il apparaît comme « studente » (étudiant), puis en 1846. Cette année-là, il est âgé alors de trente-huit ans. Il est le fils de Charles-François Morlas, propriétaire et cultivateur, âgé de soixante ans et de Françoise Morlas, née Giannettini, âgée de 57 ans. Jean-François a quatre sœurs : Marie, âgée de trente-quatre ans ; Marie-Thérèse, âgée de trente ans ; Lucie, âgée de vingt-six ans ; Marie Nataline, âgée de vingt ans[11]. La famille vit dans le hameau de Vignale. On retrouve encore les Morlas à Vignale dans le recensement de 1926 et celui de 1931. Par ailleurs, on trouve dans les associati (souscripteurs) à la Storia di Corsica de Francesco Ottaviano Renucci un « Giovanni Francesco Morlas, propriet.[ario] Bisinchi[12] ». Comme la majeure partie des médecins corses de sa génération, Morlas avait dû se former dans la grande université de Pise qui, tout au long du XIXe siècle, a été l’université européenne à compter le plus grand nombre d’étudiants en provenance de Corse. Dans son essai Une île entre Paris et Florence, Marco Cini souligne que « c’est à l’université de Pise que de nombreux représentants de la classe dirigeante corse avaient parachevé leur formation intellectuelle[13] ».
Paoli dans l’Orazione de Giovan Francesco Morlas
Une oraison c’est une prière. C’est aussi un genre littéraire destiné à être prononcé pour faire l’éloge d’un défunt. Le choix du discours sous la forme d’une « orazione in genere demostrativo » montre qu’il s’agit bien pour Giovan Francesco Morlas d’un exercice académique qui trouvait sa source dans l’Antiquité et se situait à égale distance des oraisons composées par Cicéron et celles écrites par Bossuet. Ce discours avait été composé en italien, langue savante des élites corses, dans les premières années du Second Empire, sans doute entre 1853 et 1855. Comme nous l’indique l’auteur dans le titre de son discours, le texte devait être lu au sein d’une académie cortenaise dont nous n’avons pas retrouvé la trace dans l’Histoire de Corte et des Cortenais[14] de Jean Suberbielle et qui, selon toute vraisemblance, n’a probablement jamais existée. Sur le manuscrit, Giovan Francesco Morlas biffera la référence à cette académie morte-née. Sous le Second Empire, depuis quelques décennies déjà, Paoli était sorti du purgatoire où l’Empire et la Restauration semblait l’avoir plongé. Eugène Gherardi et Marcandria Peraut considèrent que le Second Empire correspond pour le mythe de Paoli à « une période dite de réparation[15] ». Sous le règne de Napoléon III, les villes de Corse se couvrent de statues et de bustes de bronze ou de marbre des personnages illustres de l’histoire insulaire. À Corte, En 1851, se constitue une commission du monument à élever à Pasquale Paoli. Le 13 juin 1852, le maire de Corte Balthazar Arrighi, vice-président de la commission, annonce aux membres du conseil municipal que Victor Huguenin (1802-1860), statuaire à Paris, s’apprête à couler dans le bronze une statue de Paoli. Le 2 juin 1853, Napoléon III signe le décret approuvant la dénomination de « Place Paoli » pour le site choisi et par un décret du 11 septembre de la même année, il autorise la ville de Corte à l’ériger. La statue sera édifiée en 1854 grâce à une souscription publique. Giovan Francesco Morlas compose son discours dans ce climat où paolisme et bonapartisme ne font qu’un. Visiblement, l’observateur verra sans doute bien plus que l’antagonisme dans cette convergence des contraires sur laquelle beaucoup de voyageurs et littérateurs célèbres s’interrogèrent au cours d’un périple corse. Parmi ceux qui exprimèrent le mieux ce paradoxe, on trouve Mario Praz qui note en conclusion de la relation d’un voyage effectué en juillet-août 1929 en Corse :
« Il y a une ironie tragique dans le destin de ce peuple qui est peut-être le seul en Europe à avoir toujours lutté pour son indépendance. Romains, Pisans, Génois, personne n’a pu soumettre complètement la Corse. Et au moment même où le pays, épuisé par les luttes, avait trouvé le patriote qui pouvait couronner l’œuvre de siècles, Pasquale Paoli, voici que naît le plus grand des Corses, Napoléon, et repousse en pleine mer le navire qui allait toucher le port. Comme dans l’une de ces légendes obscures de sang et de vengeance, la Corse devait recevoir le coup de grâce de son fils le plus illustre[16]. »
Dans son Pasquale Paoli, portraits, Eugène Gherardi souligne que la plupart de l’historiographie qui depuis l’âge romantique revisite la geste de Pasquale Paoli (1725-1807) le montre à travers « une série d’images, plus ou moins colorées, plus ou moins erratiques et plus ou moins fidèles[17] ». Un Paoli taillé à l’antique, c’est l’idée qui surgit d’emblée. Dans son Pascal Paoli et l’image de la Corse au XVIIIe siècle, Francis Beretti note que le « Babbu di a patria » (père de la patrie), est souvent comparé à Thémistocle, Catilina, Télémaque, Patrocle, Marius, Numa, Lycurgue, Agricola, Thrasybule, Aratus, Pelopidas, Epaminondas, Dion, Timoléon, Camille, Brutus, Caton, Miltiade, Hannibal, Solon[18]. Dans l’oration de Giovan Francesco de Morlas à Pasquale Paoli, le médecin met en lumière la continuité des valeurs de celui-ci, les opposant à la gloire temporaire que peuvent conférer des titres : « Il désirait davantage la constance de Socrate et de Diogène que les titres fastueux et les trésors des grands monarques[19] ». Pour mettre d’autant plus en valeur la vertu de Paoli, Morlas évoque dans la suite de son discours « les titres prétentieux et vains de saveur[20] » que se sont conférés de grands monarques au cours de l’histoire, tournant en dérision auprès de son auditoire ceux dont les valeurs ne furent en son sens pas à la hauteur de ces décorations :
« Qui ne méprise l’arrogance de cet Attila qui se qualifiait lui-même de fléau de Dieu et de terreur du monde ? Qui ne se moque pas de Lysimaque qui disait avoir touché le ciel avec sa lance et se vantait d’être plus qu’un homme ?[21] »
À l’inverse, il loue Charlemagne, considérant que son action en faveur de la religion catholique lui octroie le mérite nécessaire, de même que Napoléon Ier, qui mérite selon lui plus le titre de « Bon » que celui de « Grand ». Une postérité conférée par les actes de l’homme, dont découle l’amour reçu par celui-ci de son peuple. Ainsi se construit celle de Paoli, dont la filiation avec son peuple prend ici une dimension plus importante que son titre de général. Le titre de père de la patrie est issu du monde romain, où il est attribué à des personnalités illustres incarnant la vertu, les qualités liées à sa force ainsi qu’à sa clémence, qui en font le protecteur de son peuple. Parmi ces Pater Patriæ, nous pouvons par exemple citer Romulus, fondateur de Rome, les hommes d’état Caius Marius et Jules César, au cours de la période républicaine, ainsi qu’une majorité d’empereurs romains, ceux du moins ayant eu un règne suffisamment long pour marquer leur empreinte. Chez Paoli, le titre apparaît de son vivant, où les qualités d’un père de la patrie lui sont reconnues durant son généralat, pensons notamment aux voyageurs européens tels que Raimondo Cocchi (1735-1775) ou James Boswell (1740-1795) ayant en ce temps visité l’île. « Ses notions de moralité sont élevées et raffinées, suffisamment pour devenir le père d’une nation[22] ». Notons ensuite que sur la sépulture de Paoli, à Morosaglia, ne figure aucun des titres acquis de son vivant, ni même celui de Général de la nation, seule la mention « Padre della Patria ». Dans le discours de Morlas, les qualités qui sont relevées chez Paoli correspondent à la définition antique du terme :
« J’ajouterai enfin que rien n’a autant le pouvoir d’enflammer les esprits des gens de véritable charité et de les enflammer tous d’amour que les œuvres grandioses d’un homme de bien. Et en vérité, la bravoure du cœur, la bonté de l’âme et les choses magnifiquement accomplies, telles que les œuvres passées de notre héros, émeuvent par leur beauté et leur splendeur même les adversaires et les ennemis, qui sont pris d’amour et d’émerveillement, voire de respect et de vénération.[23] »
Beaucoup d’historiens et de lettrés seront tentés de voir dans la geste paolienne quelque chose qui tient d’une filiation symbolique avec les Vies parallèles (Βίοι Παράλληλοι) ou Vies des hommes illustres de Plutarque, et c’est d’ailleurs à cette référence que se rattache ouvertement un ouvrage collectif qui trouve sa place dans le projet Paoli-Napoléon dirigé par Jean-Guy Talamoni[24]. Ange-Toussaint Pietrera dans La Corse, mythes fondateurs et imaginaire national, observe que « l’autre référence antique proprement incontournable demeure évidemment Homère[25] » et que « par ses quarante-neuf années passées hors de Corse, le Général de la nation devient l’équivalent d’un Ulysse contemporain ».
Au cours du XIXe siècle, on le sait bien, le mythe de Pasquale Paoli a fait l’objet de nombreux développements, analyses historiques et prolongements littéraires, qui alimentent les représentations mentales de la Corse et des Corses. Comme pour Napoléon, dans le mythe paolien, coexistent une « légende noire » et une « légende dorée ». Ces deux « légendes » se sont élaborées au fil du temps, du vivant même de Paoli. On peut considérer que le voyage en Corse effectué en 1765 par James Boswell, un jeune avocat écossais qui effectuait son Grand Tour, constitue le terminus a quo, c’est-à-dire la limite temporelle initiale de la « légende dorée », légende dans laquelle Paoli se met lui-même en scène en acceptant le jeu que Boswell souhaite lui faire jouer. D’un côté, on retient le fondateur de la liberté et le législateur, l’homme des Lumières. De l’autre, de manière caricaturale et outrancière, on ne voulut voir qu’un despote qui s’opposa à la Révolution française après avoir adhéré à ses principes et fit appel aux Anglais. Entre « légende noire » et « légende dorée », les études ne manquent pas sur les diverses représentations de Paoli dans l’histoire tout comme dans la littérature[26].
Mais revenons au discours de Giovan Francesco Morlas. L’orateur assimile le récit de la vie du père de la patrie corse à une entreprise surhumaine : « Je ne nie pas cependant que célébrer dignement Paoli est peut-être une entreprise plus grande que de pénétrer dans les Jardins des Hespérides, de ravir la Toison d’or et de vaincre le difforme Minotaure[27] ». Dans l’Orazione, Morlas ne lésine pas sur les moyens. Il use de toutes les figures de style, convoque de nombreuses figures de la mythologie grecque et romaine, des personnages illustres de l’Antiquité, mais aussi du Moyen Âge et de la période moderne. Mais il fait surtout de Paoli un personnage taillé à l’antique :
« Cependant, pour être bref, je dirai, et cela sans aucune forme d’orgueil, que nous pourrions le comparer à Caton l’Ancien pour la tempérance et l’intégrité dans la vie ordinaire, à Quintus Fabius Maximus pour la modestie, à Xénocrate de Chalcédoine pour l’honnêteté et la pudeur, et à Lucius Calpurnius Piso pour la frugalité et la sobriété[28] ».
Enfin, le discours s’achève par une envolée lyrique qui invite son auditoire à se joindre à lui pour prier et célébrer Pasquale Paoli :
« Je termine enfin mon discours, académiciens très illustres, en vous demandant avec une nouvelle impulsion de reprendre mon sujet, en invitant la jeunesse corse à fixer son regard sur cet exemple si éclatant, et à lui faire goûter la gloire même du défenseur de la Liberté corse, gloire que je vous exhorte et vous invite à célébrer à nouveau en clamant avec joie : Ô Pasquale Paoli, ô homme né pour restaurer toutes les sciences, ô nom illustre et plein de gloire ! Mille et mille fois je le porte à mes lèvres, et je ne m’arrête que pour clamer vivement : Adieu ! Gloire immortelle du nom corse[29] ».
Dans la biographie saisissante, croisée et parallèle, qu’il consacrait aux destinées de Napoléon et de Gaulle, figures tutélaires qui hantent l’histoire et la mémoire françaises, Patrice Gueniffay s’interroge sur les définitions à donner au « héros » et au « grand homme » :
Sauveurs, héros, grands hommes. Il n’est pas toujours facile de caractériser ce qui les distingue, tant les exemples sont divers et si liés à des situations spécifiques qu’ils ne se rattachent pas aisément à un type commun. […]
On pourrait dire aussi que l’héroïsme est inséparable du personnage de l’homme providentiel, fût-il Cincinnatus ou Solon. Dans tous les cas, ne lui faut-il pas briser le cercle de la fatalité, heurter, bousculer des habitudes, des préjugés, des intérêts bien enracinés ? Il lui faut du courage, de la volonté, de l’audace, de l’intrépidité même. Enfin, s’il est possible de dissocier l’idée de grandeur de toute évaluation du résultat en lui donnant une signification principalement esthétique – il peut y avoir de la grandeur même dans les aventures les moins utiles et les moins susceptibles de succès -, c’est néanmoins l’œuvre accomplie qui juge le sauveur et l’inscrit au firmament de la mémoire collective[30].»
Comment ne pas songer à Pasquale Paoli en lisant ses lignes ? Paoli avait fait figure de frondeur dans l’Europe de la fin de l’absolutisme, secouant l’ordre ancien, refusant de voir son pays effacé de la carte des États souverains de l’Europe par l’iniquité des princes. Il était un de ces hommes auxquels on peut tout reprocher sauf d’avoir manqué de cran. Rendre hommage à Paoli et le célébrer, tel est l’objet du discours de Giovan Francesco Morlas dont la plume s’empare du sujet avec fougue et emphase. S’il y a un domaine où les lettrés corses –nourris des siècles durant par les humanités classiques- se surpassaient, c’était bien celui de l’éloquence. Cette culure savante forgeait encore avec élégance l’identité des élites corses de ce temps-là.
Les vissicitudes du « dossier Morlas »
Comme René Peroni (1916-1996) nous le dévoile, les deux cahiers manuscrits de Giovan Francesco Morlas, ont connu de nombreuses vissicitudes, passant de main en main. Les manuscrits avaient été découverts à Omessa, dans les combles de la maison de Ghjuvan Lurenzu Taddei. Ils avaient été offerts par les filles de Ghjuvan Lurenzu Taddei à Étienne Luciani, originaire de Petra Zitambuli (commune d’Albertacce, Niolu). Originaire de Taddà, surveillant général au lycée de Montpellier et collaborateur actif de la revue U Muntese dans laquelle il publiait des poèmes qu’il signait du pseudonyme « U Pastore » (le berger), Étienne Luciani offrit à son tour les manuscrits à René Peroni quand celui-ci était professeur d’anglais et d’italien au lycée Henri IV à Béziers. À son tour, Peroni les fit parvenir au poète Anton Francescu Filippini (1908-1988) qui les conserva longtemps à Rome où il vivait et, ne sachant quoi en faire, les retourna à Peroni qui les adressa à Ignace Colombani. Colombani lut ses manuscrits et les conserva pendant quelques mois avant de les glisser dans une enveloppe pour les envoyer sous pli recommandé à René Peroni.
Le 11 janvier 1980, Peroni écrivit à Ignace Colombani une longue lettre rédigée en langue corse. Après avoir présenté au Gouverneur Colombani ses vœux pour la nouvelle année, Peroni qui, précisons-le, terminait une longue carrière d’enseignant d’anglais et d’italien en collège et avait été lui aussi un des collaborateurs parmi les plus actifs de la revue U Muntese (1955-1972), accusait réception des manuscrits de Morlas.
« Votre lettre, partie de Bastia au début du mois, ne m’est parvenue qu’aujourd’hui au collège, avec le manuscrit de M. Morlas. Je vous réponds immédiatement au sujet de ce document pour vous dire que si vous y tenez, je vous le renvoie sans plus attendre. En effet, l’ayant reçu des mains du pauvre Étienne Luciani (le Berger), surveillant général au lycée de Montpellier, qui était l’un des nôtres, et ne pouvant pas l’utiliser moi-même – que ce soit par manque de compétence ou par manque de temps – je vous l’avais confié à vous dans l’espoir que quelques réflexions ou citations seraient publiées dans U Muntese, ne serait-ce que pour secouer et éclairer un instant l’esprit endormi de tant de nos compatriotes. […] Bien sûr, il y a peu de valeur littéraire, surtout celui de la forme, boursoufflée et redondante. […]
Malheureusement, lorsque je vous ai confié ce texte, U Muntese venait à peine d’entrer en agonie (« il battait de l’aile », comme vous dites[31]). »
Le 12 octobre 1982, René Peroni renvoya les manuscrits Morlas à Colombani qui, de toute évidence, y portait intérêt. Rappelons que le gouverneur Colombani est originaire de Morosaglia, dans la même piève du Rostino dont est originaire l’orateur du discours, et que son arrière-grand-oncle, Paolo Maria Colombani (1780-1859) connut Pasquale Paoli lors de son retour dans l’île dans la première moitié des années 1790, et fut ensuite le maire qui inaugura en 1833 les Scole Paoli qui furent inscrites dans le testament du général[32]. Le père de Paolo Maria, Luce Colombani, fut un capitaine de l’armée de Pasquale Paoli.
« Caru Sgiò Guvernatore [Cher Monsieur le Gouverneur], Cher ami,
Veuillez avoir la bonté de m’excuser si j’ai gardé trop longtemps ce manuscrit dont j’avais estimé, dès le premier jour, qu’il serait mieux placé auprès de vous que partout ailleurs. Ziu T.[33] à qui je l’avais prêté en a pris photocopie, mais le document est resté longtemps chez lui car il se passe des années sans que je voie Ziu T.[34] »
Cette circulation du « dossier Morlas » montre l’intérêt pour le patrimoine littéraire de la part des acteurs de la période dite du Mantenimentu, mouvement culturel qui, au cours des années 1950-60, agissait pour la défense et la promotion de la langue et de la culture corses. Nous observons aussi le soin accordé par ces hommes à l’ensemble de la documentation dont ils disposent.
Conclusion
En conclusion, ce discours du médecin Giovan Francesco Morlas montre l’interprétation qui est donnée de l’œuvre paolienne aux prémices du Second Empire, où la mémoire vivante de cette période s’estompe peu à peu. Cette vision de la figure majeure des Lumières dans l’île est celle d’un contemporain l’ayant connu durant la période de son retour en Corse, et donc né après le généralat de Paoli. Ce dernier y est mythifié, placé dans le sillon de l’histoire, et glorifié par sa vertu et son esprit plus que pour ses actes. Morlas salue la figure d’un père pour son peuple plutôt que celle d’un général d’une nation, et l’héritier d’une pensée antique inscrite dans la continuité plutôt que le chef d’état dont la gloire des victoires est temporelle. Cette oration ponctuée d’une envolée lyrique à la gloire du défunt Pasquale Paoli nous donne quelques aspects de l’éloquence des Corses en cette fin de période romantique. Nous avons enfin observé l’héritage des Lumières dans deux périodes, principalement le milieu du XIXe siècle à travers ce discours, mais aussi la continuité offerte par l’intérêt et la conservation soigneuse d’écrivains insulaires un siècle plus tard.
[1] Par autorisation écrite donnée le 2 septembre 2023 par le professeur Paul Colombani (1943-2023), ce fonds documentaire a fait l’objet d’une numérisation en septembre et en octobre de la même année. Cette cession de droits s’est faite dans la perspective d’une exploitation scientifique et commerciale destinée à faire connaître l’apport d’Ignaziu Colombani à la défense et à la promotion de la langue et de la culture...
[1] Par autorisation écrite donnée le 2 septembre 2023 par le professeur Paul Colombani (1943-2023), ce fonds documentaire a fait l’objet d’une numérisation en septembre et en octobre de la même année. Cette cession de droits s’est faite dans la perspective d’une exploitation scientifique et commerciale destinée à faire connaître l’apport d’Ignaziu Colombani à la défense et à la promotion de la langue et de la culture corses. L’étude de ce fonds repose donc sur ce support numérique.
[2] Les manuscrits de Giovan Francesco Morlas se présentent sous la forme de deux...
[2] Les manuscrits de Giovan Francesco Morlas se présentent sous la forme de deux cahiers écrits d’une belle et fine écriture à l’encre sépia. On note quelques ajouts et quelques biffures et repentirs. Le premier cahier composé de 12 pages non foliotées contient : l’Orazione in genere demostrativo in lode di Pasquale Paoli, fatta e recitata del Medico Giovan Francesco Morlas di Bisinchi, nell’Accademia di Corte. Le second cahier de 32 pages non foliotées contient les compositions poétiques suivantes : L’Orto immaginario del poeta sospirato de’ diporti di Augarten, di Tuileries e di Vaulx. Canzone a Bisinchesi ; Anacreontica a Sua Maestà Cristianissima Eugenia Bonaparte, imperatrice dei Francesi ; Ode napoleonica per l’esaltazione di Sua Maestà Napoleone III all’Impero, seguito nel dì memorabile del 2 dicembre 1852 ; Canzoncina a Sua Maestà Napoleone III, Imperatore de’ Francesi ; Canzonetta elegiaca in morte di Napoleone I, di Luigi e di Luciano Bonaparte, e di Pasquale Paoli ; Ode toscana, nella quale Venere invita il poeta ad amare ; La Notte estiva (poemetto in verso sciolto, in cui il poeta addimostrando succintamente le bellezze della Corsica al suo cugino Carlo, passa dalla visione pur vaga di dett’Isola, a comprovargli la magnificienza di Dio). Fonds I. Colombani.
[3] « Oraison de genre démonstratif / En ...
[3] « Oraison de genre démonstratif / En l'honneur de Pasquale Paoli / par le médecin Giovan Francesco Morlas di Bisinchi / Dans l’académie de Corte »
[4] (Medico) Giovan Francesco Morlas, Ode...
[4] (Medico) Giovan Francesco Morlas, Ode napoleonica. Ode estemporanea fatta in occasione dell’Esultazione Bisinchese pel ritorno all’Impero. In-4° de quart de feuille, Impr. de Fabiani, à Bastia, Bibliographie de la France, ou Journal général de l’Imprimerie et de la librairie, Paris, Chez Pillet aîné, 1853.
[5] Ajaccio, Stamp. G. Marchi, 1860, 8 p.
[5] Ajaccio, Stamp. G. Marchi, 1860, 8 p.
[6] Bastia, Fabiani, 1852, 2 p.
[6] Bastia, Fabiani, 1852, 2 p.
[7] Les manuscrits de Giovan Francesco Morlas se présentent sous la forme de deux cahiers écrits d’une belle et fine écriture...
[7] Les manuscrits de Giovan Francesco Morlas se présentent sous la forme de deux cahiers écrits d’une belle et fine écriture à l’encre sépia. On note quelques ajouts et quelques biffures et repentirs. Le premier cahier composé de 12 pages non foliotées contient : l’Orazione in genere demostrativo in lode di Pasquale Paoli, fatta e recitata del Medico Giovan Francesco Morlas di Bisinchi, nell’Accademia di Corte. Le second cahier de 32 pages non foliotées contient les compositions poétiques suivantes : L’Orto immaginario del poeta sospirato de’ diporti di Augarten, di Tuileries e di Vaulx. Canzone a Bisinchesi ; Anacreontica a Sua Maestà Cristianissima Eugenia Bonaparte, imperatrice dei Francesi ; Ode napoleonica per l’esaltazione di Sua Maestà Napoleone III all’Impero, seguito nel dì memorabile del 2 dicembre 1852 ; Canzoncina a Sua Maestà Napoleone III, Imperatore de’ Francesi ; Canzonetta elegiaca in morte di Napoleone I, di Luigi e di Luciano Bonaparte, e di Pasquale Paoli ; Ode toscana, nella quale Venere invita il poeta ad amare ; La Notte estiva (poemetto in verso sciolto, in cui il poeta addimostrando succintamente le bellezze della Corsica al suo cugino Carlo, passa dalla visione pur vaga di dett’Isola, a comprovargli la magnificienza di Dio). Fonds I. Colombani.
[8] Pour le confort de lecture de cette contribution, j’ai traduit en français les citations en langue corse ou en langue italienne apparaissant dans le corps du texte. Les textes originaux sont renvoyés dans les notes infrapaginales.
[8] Pour le confort de lecture de cette contribution, j’ai traduit en français les citations en langue corse ou en langue italienne apparaissant dans le corps du texte. Les textes originaux sont renvoyés dans les notes infrapaginales.
[9] Antoine-Marie Graziani, Naissance d’une cité : Bastia, capitale de la Corse génoise, Ajaccio, éditions Alain Piazzola, 2022...
[9] Antoine-Marie Graziani, Naissance d’une cité : Bastia, capitale de la Corse génoise, Ajaccio, éditions Alain Piazzola, 2022, vol.1 (des origines à 1652), p. 138-142.
[10] Sur les Morlas à Oletta, voir : Eugène F.-X. Gherardi, Casa Rivarola, une famille corse dans l’histoire méditerranéenne, Ajaccio, éditions Alain Piazzola, 2023.
[10] Sur les Morlas à Oletta, voir : Eugène F.-X. Gherardi, Casa Rivarola, une famille corse dans l’histoire méditerranéenne, Ajaccio, éditions Alain Piazzola, 2023.
[11] Archives de la Collectivité de Corse, Ajaccio, Recensement de la population de 1818, liste nominative de la commune de Bisinchi, 6M111 ; Recensement...
[11] Archives de la Collectivité de Corse, Ajaccio, Recensement de la population de 1818, liste nominative de la commune de Bisinchi, 6M111 ; Recensement de la population de 1846, liste nominative de la commune de Bisinchi, 6M194.
[12] Francesco Ottaviano Renucci, S2toria di Corsica, Bastia, Tipografia Fabiani, 1833, vol. 1, p. XVIII.
[12] Francesco Ottaviano Renucci, S2toria di Corsica, Bastia, Tipografia Fabiani, 1833, vol. 1, p. XVIII.
[13] Marco Cini, Une île entre Paris et Florence. Culture et politique de l’élite corse dans la première moitié du XIXe siècle, Ajaccio, Albiana, 2003, p. 79. Marco Cini relève un Gio. Fancesco Merlas (Morlas) parmi les étudiants corses présents à l’université de Pise pendant les années 1821-1831, ibidem, p. 83.
[13] Marco Cini, Une île entre Paris et Florence. Culture et politique de l’élite corse dans la première moitié du XIXe siècle, Ajaccio, Albiana, 2003, p. 79. Marco Cini relève un Gio. Fancesco Merlas (Morlas) parmi les étudiants corses présents à l’université de Pise pendant les années 1821-1831, ibidem, p. 83.
[14] Jean Suberbielle, Histoire de Corte et des Cortenais, Ajaccio, La Marge édition, 1989-1996, 2 vol.
[14] Jean Suberbielle, Histoire de Corte et des Cortenais, Ajaccio, La Marge édition, 1989-1996, 2 vol.
[15] Eugène F.-X. Gherardi, Marcandria Peraut, « Pour Paoli », in Anthologie des grands discours sur la Corse et les Corses (XVIIIe-XXe siècle), Kévin Petroni (sous la dir.), Paris, Classiques Garnier, collection Les Méditerranées, 2023, p. 282.
[15] Eugène F.-X. Gherardi, Marcandria Peraut, « Pour Paoli », in Anthologie des grands discours sur la Corse et les Corses (XVIIIe-XXe siècle), Kévin Petroni (sous la dir.), Paris, Classiques Garnier, collection Les Méditerranées, 2023, p. 282.
[16] « V’è una tragica ironia nel destino di questo popolo che è forse l’unico d’Europa ad aver lottato sempre per la sua indipendenza. Romani, Pisani, Genovesi, nessuno poté del tutto sottometter la Corsica. ...
[16] « V’è una tragica ironia nel destino di questo popolo che è forse l’unico d’Europa ad aver lottato sempre per la sua indipendenza. Romani, Pisani, Genovesi, nessuno poté del tutto sottometter la Corsica. E proprio quando il paese, stremato dalle lotte, aveva trovato il patriota che poteva coronare l’opera di secoli, Pasquale Paoli, ecco nascere il più grande dei Corsi, Napoleone, e risospingere in alto mare la nave che stava per toccare il porto. Come per una di quelle leggende oscure di sangue e di vendetta, la Corsica doveva ricevere il colpo di grazia dal più grande dei suoi figli. » Mario Praz, « Viaggio in Corsica », Archivio Storico di Corsica, luglio-settembre, 1933, n° 3, p. 391.
[17] Eugène F.-X. Gherardi, Pasquale Paoli, portraits. Évocations littéraires et représentations historiques de Pasquale Paoli (XVIIIe-XIXe siècles), Ajaccio, Albiana, 2007, p. 4.
[17] Eugène F.-X. Gherardi, Pasquale Paoli, portraits. Évocations littéraires et représentations historiques de Pasquale Paoli (XVIIIe-XIXe siècles), Ajaccio, Albiana, 2007, p. 4.
[18] Francis Beretti, Pascal Paoli et l’image de la Corse au dix-huitième siècle, le témoignage des voyageurs britanniques, Oxford, The Voltaire foundation, 1988, p. 206-207.
[18] Francis Beretti, Pascal Paoli et l’image de la Corse au dix-huitième siècle, le témoignage des voyageurs britanniques, Oxford, The Voltaire foundation, 1988, p. 206-207.
[19] « Desiderando egli più la costanza di...
[19] « Desiderando egli più la costanza di Socrate e di Diogene che gli titoli fastosi e gli tesori di grandiosi monarca. »
[20] « i titoli ventosi e vani di sapore »
[20] « i titoli ventosi e vani di sapore »
[21] « Chi non disprezza l’arroganza di quell’Attila che si sottoscriveva flagello di Dio e terrore del Mondo ? Chi non beffa Lisimaco che diceva aver toccato il Cielo colla lancia e vantavasi più che uomo ? »
[21] « Chi non disprezza l’arroganza di quell’Attila che si sottoscriveva flagello di Dio e terrore del Mondo ? Chi non beffa Lisimaco che diceva aver toccato il Cielo colla lancia e vantavasi più che uomo ? »
[22] « His notions of morality are high and refined, such as become the Father of a nation ». James Boswell, An Account of Corsica, the Journal of a Tour to that Island, and Memoirs of Pascal Paoli, Londres, Edward and Charles Dilly, 1769 (terza edizione), p. 304.
[22] « His notions of morality are high and refined, such as become the Father of a nation ». James Boswell, An Account of Corsica, the Journal of a Tour to that Island, and Memoirs of Pascal Paoli, Londres, Edward and Charles Dilly, 1769 (terza edizione), p. 304.
[23] « Aggiungerò ancora in ultimo, che niuna cosa ha tanto potere in accendere gli animi delle genti di vera carità, e tutti infiammargli d’amore, quanto le opere grandiose dell’uomo da bene. Ed in vero la prodezza del cuore, e la bontà dell’anima, e le cose magnificamente fatte siccome le opere del nostro Eroe...
[23] « Aggiungerò ancora in ultimo, che niuna cosa ha tanto potere in accendere gli animi delle genti di vera carità, e tutti infiammargli d’amore, quanto le opere grandiose dell’uomo da bene. Ed in vero la prodezza del cuore, e la bontà dell’anima, e le cose magnificamente fatte siccome le opere del nostro Eroe passate sono, commuovono con la loro bellezza, e col loro splendore ancora gli avversarj e nimici ad amore ed a maraviglia, anzi a riverenza e venerazione. »
[24] Jean-Guy Talamoni (sous la dir.), Héros de Plutarque. Les grandes figures de la Corse : Histoire, mémoires et récits...
[24] Jean-Guy Talamoni (sous la dir.), Héros de Plutarque. Les grandes figures de la Corse : Histoire, mémoires et récits, Ajaccio, éditions Alain Piazzola, Università di Corsica, 2022.
[25] Ange-Toussaint Pietrera, La Corse, mythes fondateurs et imaginaire national (XIXe-XXe siècles), Ajaccio, Albiana, 2023, p. 179.
[25] Ange-Toussaint Pietrera, La Corse, mythes fondateurs et imaginaire national (XIXe-XXe siècles), Ajaccio, Albiana, 2023, p. 179.
[26] Voir par exemple Marco Cini (sous la dir.), La nascita di un mito : Pasquale Paoli tra ‘700e e ‘800, Pisa, Biblioteca Franco Serantini, 1998.
[26] Voir par exemple Marco Cini (sous la dir.), La nascita di un mito : Pasquale Paoli tra ‘700e e ‘800, Pisa, Biblioteca Franco Serantini, 1998.
[27] « Io non ignoro però, che a celebrar degnamente il Paoli è forse impresa maggiore, che il penetrare negli Orti Esperidi, rapire il Vello d’oro, e superare il diforme Minotauro ».
[27] « Io non ignoro però, che a celebrar degnamente il Paoli è forse impresa maggiore, che il penetrare negli Orti Esperidi, rapire il Vello d’oro, e superare il diforme Minotauro ».
[28] « Però ristringendomi alla brevità dico io e ciò sia detto senza arroganza alcuna, che di continenza e integrità di vita noi lo potremmo equiparare a Catone, di modestia a Fabio Massimo, di onestà e pudicizia a Senocrate, e di frugalità e sobrietà ad un Pisone ».
[28] « Però ristringendomi alla brevità dico io e ciò sia detto senza arroganza alcuna, che di continenza e integrità di vita noi lo potremmo equiparare a Catone, di modestia a Fabio Massimo, di onestà e pudicizia a Senocrate, e di frugalità e sobrietà ad un Pisone ».
[29] « Chiudo finalmente l’orazione, Accademici illustrissimi, pregandovi con nuovo stimolo a ripigliare l’istesso argomento, invitando la Gioventù Corsa a fissare il sguardo in tanto luminoso esemplare, ed a fargli anelare la gloria stessa del propugnatore della Cirnea Libertà, gloria che a celebrar di bel nuovo io vi esorto, ed invito gridando con giubilo, O Pasquale Paoli, o uomo nato al ristoramento di tutti quanti i begli studj, o nome pieno e grave di vera gloria cumulatissima ! Io mille e mille volte or ti porto in sulle labbra, fermandole soltanto per pronunziar vivamente : Addio ! Gloria immortale del nome Corso ».
[29] « Chiudo finalmente l’orazione, Accademici illustrissimi, pregandovi con nuovo stimolo a ripigliare l’istesso argomento, invitando la Gioventù Corsa a fissare il sguardo in tanto luminoso esemplare, ed a fargli anelare la gloria stessa del propugnatore della Cirnea Libertà, gloria che a celebrar di bel nuovo io vi esorto, ed invito gridando con giubilo, O Pasquale Paoli, o uomo nato al ristoramento di tutti quanti i begli studj, o nome pieno e grave di vera gloria cumulatissima ! Io mille e mille volte or ti porto in sulle labbra, fermandole soltanto per pronunziar vivamente : Addio ! Gloria immortale del nome Corso ».
[30] Patrice Gueniffey, Napoléon et de Gaulle, deux héros français, coll. « Tempus », Paris, Perrin, 2020 (2017), p. 11.
[30] Patrice Gueniffey, Napoléon et de Gaulle, deux héros français, coll. « Tempus », Paris, Perrin, 2020 (2017), p. 11.
[31] « A vostra lettera partita da Bastia a i primi di u mese ùn m’è pervenuta che ogghie à u cullegiu, cu u manuscrittu di u Dutt. Morlas e vi rispondu subitu à u sugettu di stu ducumentu per divvi chi si vo’ ci tenite u vi rimanderaghiu senz’altru. Di fatti, avutulu da e mani di u povaru Étienne Luciani (U Pastore), survegliante generale a u liceu di Montpellier, ch’era unu di i nostri, e ùn pudendu sfruttallu da per me –sia per poca cumpetenza che...
[31] « A vostra lettera partita da Bastia a i primi di u mese ùn m’è pervenuta che ogghie à u cullegiu, cu u manuscrittu di u Dutt. Morlas e vi rispondu subitu à u sugettu di stu ducumentu per divvi chi si vo’ ci tenite u vi rimanderaghiu senz’altru. Di fatti, avutulu da e mani di u povaru Étienne Luciani (U Pastore), survegliante generale a u liceu di Montpellier, ch’era unu di i nostri, e ùn pudendu sfruttallu da per me –sia per poca cumpetenza che per mancu di tempu- eiu l’avia affidatu a voi cu a speranza chi qualchì riflessu o citazione ne sarebbe statu palesatu in U Muntese, ùn fusse che per scote e illuminà un istante a mente marcutizzata di tanti nostri cumpatriotti. […] Naturalmente c’è u scarsu valore letterariu, masimu quellu di a forma, imbuffata e ribumbante. […]
Per disgrazia, quand’eiu v’affidai ssu scrittu era pocu prima chi U Muntese entrasse in agunia ("il battait de l’aile", cume vo’ dite). » Lettre manuscrite de René Peroni à Ignace Colombani, Menton, 11 janvier 1980. Fonds I. Colombani.
[32] Ghiuvanni Luccarotti (di Morosaglia), « Paulu-Maria Colombani (1780-1859) », A Muvra, n°630, 2 mai 1937, p. 2.
[32] Ghiuvanni Luccarotti (di Morosaglia), « Paulu-Maria Colombani (1780-1859) », A Muvra, n°630, 2 mai 1937, p. 2.
[33] Il s’agit d’Anton Francescu Filippini qui signait Ziu Tumeone ses contributions dans la revue U Muntese.
[33] Il s’agit d’Anton Francescu Filippini qui signait Ziu Tumeone ses contributions dans la revue U Muntese.
[35] Lettre manuscrite de René Peroni à Ignace Colombani, Menton, 12 octobre 1982. Fonds I. Colombani.
[1] Lettre manuscrite de René Peroni à Ignace Colombani, Menton, 12 octobre 1982. Fonds I. Colombani.
[1] Par autorisation écrite donnée le 2 septembre 2023 par le professeur Paul Colombani (1943-2023), ce fonds documentaire a fait l’objet d’une numérisation en septembre et en octobre de la même année. Cette cession de droits s’est faite dans la perspective d’une exploitation scientifique et commerciale destinée à faire connaître l’apport d’Ignaziu Colombani à la défense et à la promotion de la langue et de la culture corses. L’étude de ce fonds repose donc sur ce support numérique.
[2] Les manuscrits de Giovan Francesco Morlas se présentent sous la forme de deux cahiers écrits d’une belle et fine écriture à l’encre sépia. On note quelques ajouts et quelques biffures et repentirs. Le premier cahier composé de 12 pages non foliotées contient : l’Orazione in genere demostrativo in lode di Pasquale Paoli, fatta e recitata del Medico Giovan Francesco Morlas di Bisinchi, nell’Accademia di Corte. Le second cahier de 32 pages non foliotées contient les compositions poétiques suivantes : L’Orto immaginario del poeta sospirato de’ diporti di Augarten, di Tuileries e di Vaulx. Canzone a Bisinchesi ; Anacreontica a Sua Maestà Cristianissima Eugenia Bonaparte, imperatrice dei Francesi ; Ode napoleonica per l’esaltazione di Sua Maestà Napoleone III all’Impero, seguito nel dì memorabile del 2 dicembre 1852 ; Canzoncina a Sua Maestà Napoleone III, Imperatore de’ Francesi ; Canzonetta elegiaca in morte di Napoleone I, di Luigi e di Luciano Bonaparte, e di Pasquale Paoli ; Ode toscana, nella quale Venere invita il poeta ad amare ; La Notte estiva (poemetto in verso sciolto, in cui il poeta addimostrando succintamente le bellezze della Corsica al suo cugino Carlo, passa dalla visione pur vaga di dett’Isola, a comprovargli la magnificienza di Dio). Fonds I. Colombani.
[3] « Oraison de genre démonstratif / En l’honneur de Pasquale Paoli / par le médecin Giovan Francesco Morlas di Bisinchi / Dans l’académie de Corte »
[4] (Medico) Giovan Francesco Morlas, Ode napoleonica. Ode estemporanea fatta in occasione dell’Esultazione Bisinchese pel ritorno all’Impero. In-4° de quart de feuille, Impr. de Fabiani, à Bastia, Bibliographie de la France, ou Journal général de l’Imprimerie et de la librairie, Paris, Chez Pillet aîné, 1853.
[5] Ajaccio, Stamp. G. Marchi, 1860, 8 p.
[6] Bastia, Fabiani, 1852, 2 p.
[7] Les manuscrits de Giovan Francesco Morlas se présentent sous la forme de deux cahiers écrits d’une belle et fine écriture à l’encre sépia. On note quelques ajouts et quelques biffures et repentirs. Le premier cahier composé de 12 pages non foliotées contient : l’Orazione in genere demostrativo in lode di Pasquale Paoli, fatta e recitata del Medico Giovan Francesco Morlas di Bisinchi, nell’Accademia di Corte. Le second cahier de 32 pages non foliotées contient les compositions poétiques suivantes : L’Orto immaginario del poeta sospirato de’ diporti di Augarten, di Tuileries e di Vaulx. Canzone a Bisinchesi ; Anacreontica a Sua Maestà Cristianissima Eugenia Bonaparte, imperatrice dei Francesi ; Ode napoleonica per l’esaltazione di Sua Maestà Napoleone III all’Impero, seguito nel dì memorabile del 2 dicembre 1852 ; Canzoncina a Sua Maestà Napoleone III, Imperatore de’ Francesi ; Canzonetta elegiaca in morte di Napoleone I, di Luigi e di Luciano Bonaparte, e di Pasquale Paoli ; Ode toscana, nella quale Venere invita il poeta ad amare ; La Notte estiva (poemetto in verso sciolto, in cui il poeta addimostrando succintamente le bellezze della Corsica al suo cugino Carlo, passa dalla visione pur vaga di dett’Isola, a comprovargli la magnificienza di Dio). Fonds I. Colombani.
[8] Pour le confort de lecture de cette contribution, j’ai traduit en français les citations en langue corse ou en langue italienne apparaissant dans le corps du texte. Les textes originaux sont renvoyés dans les notes infrapaginales.
[9] Antoine-Marie Graziani, Naissance d’une cité : Bastia, capitale de la Corse génoise, Ajaccio, éditions Alain Piazzola, 2022, vol.1 (des origines à 1652), p. 138-142.
[10] Sur les Morlas à Oletta, voir : Eugène F.-X. Gherardi, Casa Rivarola, une famille corse dans l’histoire méditerranéenne, Ajaccio, éditions Alain Piazzola, 2023.
[11] Archives de la Collectivité de Corse, Ajaccio, Recensement de la population de 1818, liste nominative de la commune de Bisinchi, 6M111 ; Recensement de la population de 1846, liste nominative de la commune de Bisinchi, 6M194.
[12] Francesco Ottaviano Renucci, Storia di Corsica, Bastia, Tipografia Fabiani, 1833, vol. 1, p. XVIII.
[13] Marco Cini, Une île entre Paris et Florence. Culture et politique de l’élite corse dans la première moitié du XIXe siècle, Ajaccio, Albiana, 2003, p. 79. Marco Cini relève un Gio. Fancesco Merlas (Morlas) parmi les étudiants corses présents à l’université de Pise pendant les années 1821-1831, ibidem, p. 83.
[14] Jean Suberbielle, Histoire de Corte et des Cortenais, Ajaccio, La Marge édition, 1989-1996, 2 vol.
[15] Eugène F.-X. Gherardi, Marcandria Peraut, « Pour Paoli », in Anthologie des grands discours sur la Corse et les Corses (XVIIIe-XXe siècle), Kévin Petroni (sous la dir.), Paris, Classiques Garnier, collection Les Méditerranées, 2023, p. 282.
[16] « V’è una tragica ironia nel destino di questo popolo che è forse l’unico d’Europa ad aver lottato sempre per la sua indipendenza. Romani, Pisani, Genovesi, nessuno poté del tutto sottometter la Corsica. E proprio quando il paese, stremato dalle lotte, aveva trovato il patriota che poteva coronare l’opera di secoli, Pasquale Paoli, ecco nascere il più grande dei Corsi, Napoleone, e risospingere in alto mare la nave che stava per toccare il porto. Come per una di quelle leggende oscure di sangue e di vendetta, la Corsica doveva ricevere il colpo di grazia dal più grande dei suoi figli. » Mario Praz, « Viaggio in Corsica », Archivio Storico di Corsica, luglio-settembre, 1933, n° 3, p. 391.
[17] Eugène F.-X. Gherardi, Pasquale Paoli, portraits. Évocations littéraires et représentations historiques de Pasquale Paoli (XVIIIe-XIXe siècles), Ajaccio, Albiana, 2007, p. 4.
[18] Francis Beretti, Pascal Paoli et l’image de la Corse au dix-huitième siècle, le témoignage des voyageurs britanniques, Oxford, The Voltaire foundation, 1988, p. 206-207.
[19] « Desiderando egli più la costanza di Socrate e di Diogene che gli titoli fastosi e gli tesori di grandiosi monarca. »
[20] « i titoli ventosi e vani di sapore »
[21] « Chi non disprezza l’arroganza di quell’Attila che si sottoscriveva flagello di Dio e terrore del Mondo ? Chi non beffa Lisimaco che diceva aver toccato il Cielo colla lancia e vantavasi più che uomo ? »
[22] « His notions of morality are high and refined, such as become the Father of a nation ». James Boswell, An Account of Corsica, the Journal of a Tour to that Island, and Memoirs of Pascal Paoli, Londres, Edward and Charles Dilly, 1769 (terza edizione), p. 304.
[23] « Aggiungerò ancora in ultimo, che niuna cosa ha tanto potere in accendere gli animi delle genti di vera carità, e tutti infiammargli d’amore, quanto le opere grandiose dell’uomo da bene. Ed in vero la prodezza del cuore, e la bontà dell’anima, e le cose magnificamente fatte siccome le opere del nostro Eroe passate sono, commuovono con la loro bellezza, e col loro splendore ancora gli avversarj e nimici ad amore ed a maraviglia, anzi a riverenza e venerazione. »
[24] Jean-Guy Talamoni (sous la dir.), Héros de Plutarque. Les grandes figures de la Corse : Histoire, mémoires et récits, Ajaccio, éditions Alain Piazzola, Università di Corsica, 2022.
[25] Ange-Toussaint Pietrera, La Corse, mythes fondateurs et imaginaire national (XIXe-XXe siècles), Ajaccio, Albiana, 2023, p. 179.
[26] Voir par exemple Marco Cini (sous la dir.), La nascita di un mito : Pasquale Paoli tra ‘700e e ‘800, Pisa, Biblioteca Franco Serantini, 1998.
[27] « Io non ignoro però, che a celebrar degnamente il Paoli è forse impresa maggiore, che il penetrare negli Orti Esperidi, rapire il Vello d’oro, e superare il diforme Minotauro ».
[28] « Però ristringendomi alla brevità dico io e ciò sia detto senza arroganza alcuna, che di continenza e integrità di vita noi lo potremmo equiparare a Catone, di modestia a Fabio Massimo, di onestà e pudicizia a Senocrate, e di frugalità e sobrietà ad un Pisone ».
[29] « Chiudo finalmente l’orazione, Accademici illustrissimi, pregandovi con nuovo stimolo a ripigliare l’istesso argomento, invitando la Gioventù Corsa a fissare il sguardo in tanto luminoso esemplare, ed a fargli anelare la gloria stessa del propugnatore della Cirnea Libertà, gloria che a celebrar di bel nuovo io vi esorto, ed invito gridando con giubilo, O Pasquale Paoli, o uomo nato al ristoramento di tutti quanti i begli studj, o nome pieno e grave di vera gloria cumulatissima ! Io mille e mille volte or ti porto in sulle labbra, fermandole soltanto per pronunziar vivamente : Addio ! Gloria immortale del nome Corso ».
[30] Patrice Gueniffey, Napoléon et de Gaulle, deux héros français, coll. « Tempus », Paris, Perrin, 2020 (2017), p. 11.
[31] « A vostra lettera partita da Bastia a i primi di u mese ùn m’è pervenuta che ogghie à u cullegiu, cu u manuscrittu di u Dutt. Morlas e vi rispondu subitu à u sugettu di stu ducumentu per divvi chi si vo’ ci tenite u vi rimanderaghiu senz’altru. Di fatti, avutulu da e mani di u povaru Étienne Luciani (U Pastore), survegliante generale a u liceu di Montpellier, ch’era unu di i nostri, e ùn pudendu sfruttallu da per me –sia per poca cumpetenza che per mancu di tempu- eiu l’avia affidatu a voi cu a speranza chi qualchì riflessu o citazione ne sarebbe statu palesatu in U Muntese, ùn fusse che per scote e illuminà un istante a mente marcutizzata di tanti nostri cumpatriotti. […] Naturalmente c’è u scarsu valore letterariu, masimu quellu di a forma, imbuffata e ribumbante. […]
Per disgrazia, quand’eiu v’affidai ssu scrittu era pocu prima chi U Muntese entrasse in agunia (« il battait de l’aile », cume vo’ dite). » Lettre manuscrite de René Peroni à Ignace Colombani, Menton, 11 janvier 1980. Fonds I. Colombani.
[32] Ghiuvanni Luccarotti (di Morosaglia), « Paulu-Maria Colombani (1780-1859) », A Muvra, n°630, 2 mai 1937, p. 2.
[33] Il s’agit d’Anton Francescu Filippini qui signait Ziu Tumeone ses contributions dans la revue U Muntese.
[34] Lettre manuscrite de René Peroni à Ignace Colombani, Menton, 12 octobre 1982. Fonds I. Colombani.