Résumé : Notre objectif est ici d’aborder les liens entre l’émergence de la médecine des Lumières et la rapide mutation de la médecine du début du XXIe siècle générée par l’Intelligence Artificielle (IA), les techniques numériques et l’informatisation du monde.
Il est crucial de comprendre que cette époque du tout début des Lumières, à la suite du procès de Galilée en 1633, correspond à une ère fondée sur le mythe du « Progrès ». Et nous le montrerons avec quelques figures illustres.
Ces innovations et découvertes spectaculaires sur les arts du soin du corps ont conduit à utiliser les réussites médicales, comme l’éradication de certaines maladies, pour fonder le symbole de la preuve irréfutable. Plus important encore, les Lumières prétendent atteindre l’intelligibilité du fonctionnement de tout le vivant suivant un autre mythe, celui de l’Homme-Machine.
Les invasions de l’IA dans toutes les strates de la société permettent de réaliser ce rêve de la mathématisation de l’univers entier. La loi fondamentale des Lumières du « tout est transformable en nombre et en des Lois mathématiques », que posa Galilée, est en train d’atteindre le « tout est codage ». Le metavers tend même à « ringardiser » la réalité matérielle avec la multiplicité de nouvelles expériences immersives. Après l’homme-machine si chère à Descartes, sommes-nous en train de fonder la nouvelle fiction de l’être humain digital éthéré, d’une humanité dite « améliorée » pour aboutir à l’homme hybride intimement pénétré par des machines-prothèses ?
Abstract : Our goal here is to address the visible and invisible links between the emergence of Enlightenment medicine and the rapid transformation of medicine in the early 21st century brought about by artificial intelligence (AI) and digital technologies.
It is crucial to understand that this early period of the Enlightenment, particularly around the 1650s, following Galileo’s trial in 1633, corresponds to an era based on the myth of “Progress,” particularly in medicine. We will illustrate this with a few illustrious figures, notably Guichard Joseph Duverney.
These spectacular innovations and discoveries in the arts of body care led to the use of medical achievements, such as the eradication of certain diseases, to establish the symbol of irrefutable proof of truth and the fight against disease and the darkness of death. More importantly, the Enlightenment claimed to understand the functioning of all living things by analyzing every detail on multiple scales, following another myth, that of Man as Machine.
The invasion of AI is making this dream of mathematizing the entire universe a reality. The fundamental law of the Enlightenment, “everything can be transformed into numbers, into mathematical laws,” is giving way to the new law, “everything is coding.” The metaverse even tends to make material reality obsolete with the multiplicity of new immersive experiences. After the man-machine so dear to Descartes, are we now founding the new fiction of the ethereal man?
Mots-clés: iatrochimiste, iatromécanicien, médecine expérimentale, mythe du progrès, mathématiques, pause-AI.
L’intelligence artificielle est fondée sur la mathématisation du fonctionnement des réseaux neuronaux. Ces réseaux « apprennent » non pas en changeant de code, mais en ajustant « ses poids électrochimiques » grâce au calcul différentiel. Le modèle de base ne travaille que sur un seul neurone publié en 1943 par le neurophysiologiste Warren McCulloch (1898-1969) et le mathématicien Walter Pitts (1923-1969), puis en1958, le psychologue et informaticien, Frank Rosenblatt (1928-1971), publia le premier réseau neuronal capable d’apprendre0F[1]. Les travaux de McCulloch et Pitts formalisait la statique c-a-d les poids étaient fixés. Rosenblatt introduisit un algorithme qui permet au neurone digital de modifier ses propres poids en fonction d’algorithme d’optimisation calculant ses erreurs. Par la suite nous détaillerons le début d’une science initiée dès le XVIIe siècle, les neurosciences.
Au printemps 1665, Sténon (1638-1686)1F[2] séjourna à Paris et prononça son très célèbre Discours sur l’anatomie du cerveau publié en 1669 qui réfuta les célèbres affirmations de Descartes (1596-1650). Sa méthode d’étude reste encore d’actualité avec les coupes sagittale, frontale et transversale. Cet anatomiste, père de la géologie et évêque catholique, incarne le début des Lumières. Il posa aussi le principe de superposition que la couche supérieure d’une succession sédimentaire est toujours plus récente que les couches sous-jacentes en dehors des cas de bouleversements ultérieurs. Son existence fut marquée par son conflit personnel entre les interprétations religieuses des phénomènes et ses découvertes scientifiques. Sa célèbre devise aurait été : « exactitude de l’expérience, résultats reproductibles ». En fait sa postérité a construit cette maxime afin de parfaitement résumer son approche. En latin « Exactitudo Experientiae, Resultata Reproducibilia ». On a voulu extraire l’essence de son approche décrite dans ses travaux majeurs, notamment son célèbre Discours préliminaire à une dissertation sur les corps solides naturellement contenus dans un solide, plus connu sous le nom de Prodromus ou De Solido, publié en 1669. Un autre motto donne « Nunquam denegare ad naturae ipsius opus respicere », ce qui signifie « Ne jamais refuser de regarder l’œuvre même de la nature ».
Avec l’observation de « cailloux » qu’il a perçu comme des dents de « fossiles », il a remis en cause le créationnisme de l’archevêque Ussher (1581-1656) qui proposait une chronologie biblique situant la Création divine le dimanche 23 octobre 4004 avant Jésus-Christ dans le calendrier julien. D’origine de famille luthérienne, le 2 novembre 1667, Sténon s’est convertit au catholicisme. Il a été déclaré bienheureux par le pape Jean-Paul II en 1988.
En 1662, le célèbre De Homine de Descartes fut publié. Sténon lu attentivement cet ouvrage ce qui l’incita à poursuivre ses recherches, particulièrement sur les systèmes nerveux central et circulatoire. Sténon mis en évidence les nombreuses failles des théories cartésiennes. Pour saisir l’importance colossale de sa contribution, il nous faut nous souvenir que les travaux de Harvey (1578-1657) avaient été publiés en 1628 et que l’opinion commune imaginait encore cet organe comme unique avec des propriétés surnaturelles. Par la dissection chez l’humain et les animaux, Sténon démontra de quoi il s’agissait c’est-à-dire que le cœur n’était rien de plus qu’un ensemble de faisceaux musculaires séparés par du tissu fibreux et irrigués par ses propres vaisseaux sanguins et surtout par des nerfs.
Nous avons ici l’illustration d’une des fondations des sciences modernes qui consiste en des luttes entre des communautés de savants. Après quatre ans passés en Hollande, Sténon avait acquis une renommée internationale. Comme c’est souvent le cas dans les milieux médicaux, ses nombreuses premières découvertes lui avaient valu d’être ovationné par les jeunes en passe de devenir professeurs mais aussi de s’attirer de graves ennuis avec certains de ses collègues plus âgés vivant le rapide déclin de leur influence.
Dans le milieu des années 1660, lorsqu’il se rendit à Paris, il fut hébergé par Melchisédech Thévenot (~1620-1692), bibliothécaire de Louis XIV, avec son ancien ami de Leyde, le célèbre biologiste et un des pères de la biophotonique, Jan Swammerdam (1637-1680). Thévenot le présenta à tous les plus grands scientifiques qui, quelques années plus tard, allaient fonder l’Académie royale des sciences. Nous avons aussi un point essentiel de la vigoureuse vie sociale de savants.
Outre ce foisonnement de conflits d’idée, les Lumières ont aussi posé la base de leur diffusion par les hebdomadaires comme Nature actuellement avec par exemple, le premier journal comprenant une rubrique médicale, le journal des Sçavants qui parut le 3 janvier 1665 pour la première fois. Cet hebdomadaire était rédigé par le sieur Hedouville (pseudonyme), puis l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres l’a repris en publication mensuelle.
Hélas la médecine commençait à se fragmenter et se spécialiser en se séparant en deux camps avec d’un côté les anatomistes les iatrophysiciens, plus exactement les iatromécaniciens, et de l’autre côté les iatrochimistes. En France, en 1615, la Faculté de médecine avait interdit la vente de tous les remèdes chimiques mais il fut impossible d’appliquer cette décision. Il y eu des combats terribles entre l’idée « poisons » et la réalité des « remèdes chimiques ». Ce débat prit fin lorsqu’en 1666 une assemblée de la Faculté de médecine vota à une écrasante majorité, 92 contre 10, l’inclusion d’un vin émétique (celui dans lequel on a fait infuser de l’antimoine) dans la liste approuvée des purgatifs et des vomitifs. Ce fut la fin de la résistance à l’utilisation des médicaments chimiques [Mottin, 2020].
Le plus déterminant fut l’action de Franciscus de le Boë, plus connu de son nom latin, Franciscus Sylvius (1614-1672). Il démontra que la chimie est essentielle pour comprendre la médecine et l’ensemble de la création. Il faut aussi nommer Thomas Willis (1621-1675), inventeur du terme « neurologie », nommé professeur de philosophie naturelle à Oxford en 1660 qui réfuta définitivement les fondements des cinq éléments d’Aristote et posa la chimie comme principe à associer avec l’anatomie et la physiologie, unifiant les arts médicaux. Nous citerons encore Richard Lower (1631-1691) sur la transfusion sanguine qui publia en 1669 le Tractatus de corde. Le plus important dans l’histoire de l’humanité repose sur le travail d’Antony Thomiszoon connu sous Van Leeuwenhoek (1632-1723) qui eut l’idée de construire des instruments d’optique plus puissants que les loupes, donnant accès à l’infiniment petit et a induit la naissance de l’optique biomédicale, qui récemment est devenue une partie de la biophotonique du fait de l’évolution récente de l’optique en photonique [Mottin, 2013].
Le cas exemplaire du professeur d’anatomie Guichard Joseph Duverney
L’éloge de l’académicien Guichard Joseph Duverney par Mr Bernard Le Bouyer de Fontenelle (1657-1757) fut anormalement très longue2F[3]. Guichard Joseph Duverney (5 août 1648-10 Septembre 1730) a étudié la médecine à Avignon pendant cinq ans pour s’investir sur Paris en 1667. Entré à l’académie en 1676, dix ans après sa création, son domaine fut « l’Histoire Naturelle des Animaux ». En 1679 comme professeur anatomiste du jardin royal, il forme en un an jusqu’à 140 étrangers dont certains fondèrent dans toute l’Europe ce puissant art de la chirurgie. Les Lumières diffusèrent rapidement.
Il publia en 1683 son traité de l’organe de l’Ouie, qui a résolu les questions de compréhension de la réception des ondes sonores. Il n’a publié qu’un seul livre car ce perfectionniste voulait explorer de très nombreuses espèces ; pour certaines d’entre elles il fut le premier à le faire. Ces études de l’anatomie se réalisaient devant le Roi. Lorsqu’on l’étudie on saisit sa pertinence avec par exemple le fait qu’il avait compris que le fœtus respire comme un amphibien.
Guichard Joseph Duverney, passionné par l’anatomie, se rendait au cercle de l’abbé Pierre Michon Bourdelot où il y expose l’anatomie du cerveau. Ce jeune Forézien, devenu assistant de Claude Perrault, frère de Charles, s’initie à la recherche parisienne sur la fine structure anatomique des animaux. À la mort de Perrault, il poursuit ses recherches à partir d’animaux provenant de la ménagerie royale de Versailles. Il dissèque ainsi des chameaux, des dromadaires, des ours, des panthères, des gazelles…
Sa réputation grandit rapidement :
« Ses leçons, bornées d’abord à un petit nombre d’auditeurs, devinrent
tellement à la mode, que l’enseignement de l’anatomie cessa d’être renfermé
dans l’enceinte de Saint-Côme ; les gens du monde vinrent écouter le jeune Duverney,
que son talent remarquable comme professeur fit goûter de plus en plus. »
En 1674, recommandé par Bossuet, il devient le professeur d’anatomie du Grand Dauphin. En 1680, il est chargé avec Philippe de La Hire d’étudier les poissons du littoral breton. Il est sans doute le premier à comprendre le mécanisme de la respiration aquatique. En 1681, il a l’honneur de disséquer un éléphant devant Louis XIV. En 1682, Duverney devient professeur et démonstrateur d’anatomie au Jardin du Roi. Il choisit, pour l’aider pour les préparations et dans ses démonstrations, ses frères Pierre et Jacques-François-Marie. Le titre de démonstrateur d’anatomie fut créé par la suite pour ce dernier.
Il faut préciser qu’il n’est pas médecin au sens classique de l’époque mais un anatomiste c’est-à-dire un métier d‘iatromécanicien qui repose sur l’art de la chirurgie. Il nous faut ici souligner le caractère très moderne de Duverney3F[4] :
Cet anatomiste fut la vedette de la cour pendant de nombreuses années comme l’atteste l’Eloge. Il a même bénéficié d’un vers de Boileau :

Puis d’une femme morte avec son embryon
Il faut chez Duverney voir la dissection.
Rien n’échappe aux regards de notre curieuse.

Cette représentation très célèbre de Jacques Fabien Gautier D’Agoty (1716-1785)
(peintre et graveur) datant de 1746 s’appuie sur le travail du grand Duverney.
« l’ange anatomique » planche XIV,
Myologie complète et en grandeur naturelle.
Paris, Ecole nationale des Beaux Arts, BIB 542 B 50.
À travers cet exemple nous constatons combien les Lumières forment un brouillement où s’enchevêtrent et se fécondent les sciences, les arts, la société bourgeoise industrielle et la noblesse. La civilisation de la république moderne naissait.
Que faire de l’héritage des Lumières pour la médecine du XXIe siècle ?
En cette fin du quart du XXIe siècle, les iatrochimistes restent très puissants mais les iatrophysiciens ont vécu une extraordinaire croissance avec l’imagerie médicale, les interventions avec ou sans imageurs 3D avec par exemple l’usage des ultrasons, des lasers, des radiothérapies, des robots, etc. Ceux-ci bénéficient des récents développements de l’intelligence artificielle (IA) aussi bien côté apprentissage profond que des algorithmes générateurs. L’héritage des Lumières nous apprend que nous devrions relier plus fortement le monde académique, les communautés industrielles et les gouvernements ce qui commence avec l’exemple, en 2005, du grand projet franco-allemand « Biophotonique » doté de 250 millions d’euros sur 4 ans lors de la création de l’Agence de l’Innovation Industrielle par le président Chirac en face de son équivalent en Allemagne.
Les Lumières du XVIIe siècle sont marquées par un rejet progressif des anciennes autorités comme la doctrine de Galien en médecine au profit de l’observation, de la raison, des mathématiques et de l’expérimentation. Le corps humain fonctionnerait comme une machine à l’image d’une horloge. Cette idée iatrophysique encourageait les médecins à étudier le corps avec les outils conceptuels de la mécanique mathématique construisant un imaginaire loin du potier biblique. Giovanni Alfonso Borelli (1608-1679) est considéré comme le père de l’iatrophysique plus exactement la biomécanique. Son œuvre majeure, De Motu Animalium (Sur le mouvement des animaux) a été publiée de manière posthume en 1681 et 1682. Elle utilise les lois de l’hydrostatique, de la mécanique, et des concepts fondateurs du calcul infinitésimal avec l’approche des petits déplacements, pour l’étude de tous les êtres vivants. Il pose l’idée d’universalité de toutes ces formes de vie. Son analyse du fonctionnement des muscles, des os, des ligaments et les articulations se résume à des systèmes de « simples leviers »4F[5]. Il a dû rencontrer le grand Galilée (1564-1641) étant à Rome lors du célèbre procès de ce dernier. Borelli rejoint la pensée de Pascal (1623-1662) dans l’utilisation de la physique pour l’interprétation des données de la physiologie. Dans son second livre, Borelli traite des systèmes ventilatoires et circulatoires.
Jusqu’où iront les technologies d’IA dans leurs capacités à nous battre ?
Dans la même veine que ces iatromécaniques nous sommes arrivés à la modélisation du fonctionnement du cerveau par les couches des perceptrons qui semble nous échapper vers un monde inconnu. Un monde qui évolue très vite générant de grandes peurs.
Le 27 octobre 2025, le journal Le Monde publiait « Les IA vont-elles remplacer les mathématiciens ? » :
« Jusqu’où iront les technologies d’intelligence artificielle (IA)
dans leurs capacités à battre les humains ?
Elles traduisent à la volée dans toutes les langues ou presque (…).
Maintenant, elles se piquent de mathématiques,
considérées comme l’un des sommets de l’intelligence.
Cet été, plusieurs de ces systèmes ont obtenu
l’équivalent d’une médaille d’or
au prestigieux concours des Olympiades internationales de mathématiques,
qui réunissent les meilleurs jeunes de moins de 20 ans dans cet exercice. Cinq problèmes sur six ont été résolus par les IA, Gemini de Google, un logiciel d’OpenAI, mais aussi Seed-Prover de ByteDance, ou Aristotle, de la start-up américaine Harmonic. »
L’expérience de l’IA pour cet article
Il ne faut pas craindre l’expérimentation de ces nouveautés techniques avec par exemple l’usage d’un système d’IA considéré comme un des plus performants, gemini v2.5. de Google. Un des points négatifs repose sur leur forte consommation d’énergie électrique. Google, Microsoft et Meta ont annoncé la construction de centrales nucléaires et le rachat de certaines5F[6]. Expérimentons la requête suivante avec gemini (afin d’analyser son niveau sur le sujet de notre article « Quel est l’héritage des Lumières en médecine ? »). Avec un niveau supérieur de cet outil via l’option « deep research » il propose d’élaborer un plan de recherche que nous validons. Puis cet appareil produit un texte structuré en 8 parties, c’est-à-dire une Introduction, puis 5 chapitres pour finir par une conclusion, et termine avec une bibliographie de ses sources.
Quel est le résultat de cette expérimentation ? La première émotion d’intelligence que procure la lecture de cette production textuelle repose sur l’effet de la nouveauté et du prodige. Puis cette émotion laisse la place au sentiment que la machine nous remplacera partout comme pour les journalistes du Monde. Nous avons encore cette imaginaire le mythe de la révolte des canuts brisant les machines, notamment les métiers dit de Jacquard (1752-1834) inventés dès 1745. Ces premiers systèmes mécaniques programmables via des cartes perforées sont considérés comme les ancêtres des instruments programmables qui en ayant inspirées Charles Babbage (1791-1871) ont conduit aux ordinateurs. Contrairement à une idée répandue, les canuts n’ont pas détruit spécifiquement des machines, mais surtout ils revendiquaient un salaire garanti face aux négociants qui répercutaient les fluctuations du marché à la baisse et minimisaient les hausses du marché. L’actuel mouvement « pause-AI » représente un exemple de violente réaction sociale6F[7].
La réponse de gemini n’évoque pas l’idée présente dans cet article sur le fait que l’IA elle-même est un héritage de la puissance des mythes des Lumières. En plus il n’évoque pas la transformation du regard sur notre corps ni l’extrême simplification du fonctionnement du cerveau humain en couches de perceptron. Il n’a aucune auto-critique. Nous avons vu ci-dessus combien les hommes du XVIIe ont posé ces fondations du fonctionnement du cerveau et du corps.
Imiter certaines fonctions cognitives humaines comme l’apprentissage profond des ordinateurs ne relève-t-il pas d’une extrême réduction des sociétés de cerveaux humains à un seul ? Arrêtons d’y confondre apprentissage et dressage. Chez l’humain et malgré les limites de notre néocortex quantifié par le nombre de Dunbar [Mottin, 2004], l’apprentissage profond est surtout issu de la richesse de nos vies sociales.
Cette expérimentation conduit à n’utiliser ces outils comme gémini que pour perfectionner chaque mot de notre question. Plus on affine sa pensée plus nous trouvons la solution. Force est de constater que sa réponse s’avère assez complète mais reste sur la surface du problème en manquant de profondeur notamment sur les mythes et symboles sous-jacents.
Les bouleversements de l’IA dans les arts médicaux
Les bouleversements de l’IA dans les arts médicaux serviront le mythe d’un progrès au sens des Lumières en guérissant à la façon d’un miracle laïc avec par exemple la guérison de certains cancers invisibles à l’œil averti du neuroradiologue7F[8]. L’IA est en train de réduire le cycle de développement des médicaments et arrive à prédire le ratio efficacité/toxicité de milliers de composés en quelques heures. Par exemple, l’IA de Google a permis de déterminer la structure 3D de plus de 200 millions de protéines avec AlphaFold. En analysant le profil génétique et les données du patient, l’IA peut suggérer des stratégies thérapeutiques adaptées à l’individu. Les systèmes comme Google Med-PaLM assistent le médecin en fournissant des propositions de diagnostics différentiels. La société NewClin8F[9] de Lyon, avec qui nous commençons une collaboration, propose de trouver de nouvelles corrélations entre les données médicales d’un patient comme une ordonnance et entre des banques de données liées au comportement humain face à l’ordonnance. Cette approche part du principe que notre santé est déterminée par les deux tiers de notre comportement et de notre situation sociale. Les objets connectés comme des montres et des biocapteurs recueillent une masse de données en temps réel (glycémie, œstrogènes, rythme cardiaque, qualité du sommeil). L’IA analyse ce flux d’informations pour prédire les complications avant même l’apparition des symptômes. Le concept du Jumeau Numérique vise à atteindre un avatar numérique d’un organe ou du corps entier pour tester l’effet des traitements et prédire la réponse thérapeutique.
En final ces magnifiques conséquences en médecine formeront de solides arguments pour contenir les effets de la désorganisation sociale issue de la rapidité de la transformation des métiers.
L’adoration de la machine est devenue semblable au mythe du veau d’or de main d’homme. de La Mettrie (1709-1751) a publié ce symbole dans son livre L’Homme Machine paru en 1748. Mais il y oublie de discuter qu’il réduit l’individu à un corps matériel analysé et réparé comme une horloge par des ingénieurs du corps. L’opposition à toutes les spiritualités y est féroce :
« Qui sait si la raison de l’existence de l’homme ne serait pas dans son existence même? Peut-être a-t-il été jeté au hasard sur la surface de la Terre
[…] semblable à ces champignons qui paraissent d’un jour à l’autre, ou à ces fleurs qui bordent les fossés et couvrent les murailles ».
« Concluons donc hardiment que l’homme est une machine
et qu’il n’y a dans tout l’Univers qu’une seule substance.
Ce n’est point ici une hypothèse […], l’ouvrage de préjugé
ou de ma raison seule. […] mais […]
le raisonnement le plus vigoureux […]
à la suite d’une multitude d’observations physiques qu’aucun savant ne contestera. »
Cette vision s’oppose radicalement à la vision sacrée du corps perçu comme un temple où l’Esprit Saint voudrait y habiter. Les Lumières sont rapidement passées du bienheureux Sténon à de La Mettrie. La digitalisation du corps par les techniques IA reste dans une conception de l’homme-machine sans rêve. Elle efface tous les témoignages des phénomènes religieux, de l’art sacré, de l’expérience de l’effusion de l’Esprit Saint, et de l’anthropologie chrétienne.
Une nouvelle forme de vie ?
Se développe l’idée que les conséquences de l’IA associées aux évolutions des ordinateurs pourraient avoir une portée plus disruptive que les précédentes. Nous constatons qu’elle touche simultanément un grand nombre de secteurs comme la santé mais aussi la finance, l’éducation et même la création, ce qui est un phénomène sans précédent. Les anciennes révolutions s’avéraient plus ciblées. La grande question actuelle serait que certains chercheurs pensent que les progrès de l’IA ouvrent la voie à une nouvelle forme de vie non biologique via cette société de milliards de serveurs capables d’évolution propre. Depuis 2020, nous sommes déjà dans ce nouveau monde avec les drones tueurs dotés d’une IA autonome avec reconnaissance ennemi/non-ennemi9F[10]. L’imaginaire de « nouvelle forme de vie » fait référence à la montée de l’Intelligence Artificielle Générale (IAG), qui serait une IA capable d’accomplir n’importe quelle tâche intellectuelle qu’un être humain peut faire, et la surpasser. Un nouvel apprentissage serait créé par une boucle de progrès auto-accélérée qui rapidement rendrait obsolètes les actuels systèmes de dressage profond.
Le mythe de la Raison triomphante de l’obscurantisme
Les Lumières prônent l’usage de la raison en insistant sur la création de nouvelles techniques, l’observation empirique et l’expérimentation pour fonder la connaissance du corps, de l’âme et de l’esprit, sains et malades. Elle marque le passage d’une médecine dogmatique à une médecine expérimentale.
Il nous faut insister que les Lumières ne forment pas seulement un ensemble de découvertes, de concepts ou de nouveaux usages, mais surtout une narration fondatrice qu’il faut nommer « le mythe de la Raison triomphant de l’obscurantisme » – qui, par sa puissance évocatrice et ses réussites, a façonné la manière dont les mathématiques, la physique, la chimie, la biologie et la médecine ont été constituées comme sciences modernes.
Dans le célèbre Discours préliminaire de l’Encyclopédie, D’Alembert (1717-1783) critique ouvertement le tribunal de l’Inquisition lors du procès de Galilée en soulignant avec brio que la Raison doit triompher :
« Un tribunal devenu puissant dans le midi de l’Europe, dans les Indes,
dans le Nouveau Monde, mais que la foi n’ordonne point de croire,
ni la charité d’approuver, ou plutôt que la religion réprouve,
quoique occupé par ses ministres, et dont la France n’a pu s’accoutumer encore à prononcer le nom sans effroi, condamna un célèbre astronome pour avoir soutenu le mouvement de la terre, et le déclara hérétique (…). C’est ainsi que l’abus de l’autorité spirituelle réunie à la temporelle
forçait la raison au silence ;
et peu s’en fallut qu’on ne défendit au genre humain de penser. »
La rédaction de l’Encyclopédie ou plus exactement Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, par une Société de Gens de lettres, se situe sans cesse dans la contestation des abus de l’autorité spirituelle de l’Eglise. Ces abus furent rendus évidents par la prise de conscience de l’erreur que fut la condamnation de Galilée en 1633 à cause des nombreuses preuves du mouvement elliptique de la Terre dans la première moitié du XVIIIe siècle.
Michel Foucault (1926-1984), dans Naissance de la clinique : une archéologie du regard médical, analyse la transformation de la médecine au XVIIe et XVIIIe siècles. Il montre que cette évolution dépasse une avancée scientifique avec l’émergence d’un nouveau « regard », le regard clinique qui réorganise le savoir. Le corps devient alors un objet spatialisé, presque géométrique, un observable froid, que le médecin peut accéder à ses secrets.
Histoire de la douleur de Roselyne Rey (1951-1995) publié en 1993, montre comment le rationalisme et le mécanisme des Lumières ont transformé la médecine. La douleur cesse alors d’être un signe spirituel pour arriver à être transformé en un phénomène électro-mécanique. Si le corps est une machine idéalisée issue de la physique mathématique alors la douleur n’est qu’un signal physiologique dans un système nerveux. Inspirée par la certitude mathématique, les médecins cherchent à comprendre ce mécanisme pour maîtriser la douleur ouvrant la voie à l’anesthésie.
Dans La Dialectique de la Raison (Dialectique de l’Aufklärung), Max Horkheimer (1895-1973) et Theodor W. Adorno (1903-1969) abordent le concept du récit mythique des Lumières. Ils soutiennent que la Raison des Lumières, dans sa volonté de domination totale de la nature par sa mathématisation, devient elle-même un mythe. Ils explorent comment cette raison réduit tout à La Fonction ou à une quantité d’une Grandeur, grandeur créée par Pierre Varignon (1654-1722). Cette critique de cette puissance évocatrice montre aussi les dangers de ce récit, ce qui dépasse le cadre de cet article.
En final, en 1990, Ian Hacking (1936-2023) publie The Taming of Chance (traduit par L’Émergence de la probabilité). Il montre comment l’essor des probabilités et des statistiques à la fin du XVIIIe siècle notamment avec Condorcet (1743-1794) n’était pas exclusivement un dispositif technique, mais une nouvelle façon de concevoir le monde.
Encore maintenant, en médecine, le mythe que tout peut s’expliquer par le calcul des probabilités a entrainé l’émergence de la santé publique, de l’épidémiologie et des premiers essais cliniques par exemple pour clore les débats sur l’inoculation de la variole, puis de la vaccine.
Le corps individuel puis via les statistiques les corps sociaux sont tous réduits à de la chair à canon pour les banques de données. La probabilité, symbole de la rationalité mathématique, arrive à triompher avec les multicouches de perceptrons qui en est l’aboutissement actuel. Pour démontrer que cette pensée reste très dangereuse, citons uniquement le paradoxe de Joseph Bertrand (1822-1900) publié dans son ouvrage Calcul des probabilités en 1889. Ce paradoxe démontre le fait qu’une probabilité peut ne pas être bien définie si la méthode de sélection aléatoire n’est pas clairement et explicitement spécifiée. La vie de ce brillant mathématicien, secrétaire perpétuel pendant très longtemps de l’Académie des sciences au XIXe siècle reste hélas peu documentée comme s’il était tombé dans l’oubli10F[11].
Tout est calculable ?
Ainsi il ne faut jamais oublier que ces systèmes de multicouche de perceptron et malgré les données manquantes, convergent vers le cas le plus probable. Lorsqu’une multicouche converge pendant sa phase d’entraînement, il tend vers un minimum de sa fonction de coût ou fonction d’erreur. Cette fonction mesure à quel point les prédictions du réseau sont erronées par rapport aux valeurs attendues dans les données d’entraînement. L’objectif de l’entraînement est de trouver l’ensemble de poids, c’est-à-dire les paramètres du modèle qui minimise cette erreur. L’énorme problème est que le minimum global, le point où l’erreur est la plus faible sur l’ensemble reste à découvrir. Dans la pratique, ces multicouches convergent le plus souvent vers un minimum local.
Imaginons une carte de la Corse à la géographie si exceptionnelle avec son paysage montagneux (la fonction du coût/erreur) où l’entraînement (nommée « descente de gradient ») consiste à descendre la pente pour atteindre le point le plus bas. Un minimum local est comme le fond d’une vallée : c’est un point plus bas que tous ses points voisins immédiats. Mais ce n’est pas un des points les plus bas de toute la carte comme le contour de l’île avec le niveau de la mer. En final il existe une multiplicité de solution pour ces multicouches pseudo-neuronales qui s’avèrent extrêmement très sensibles aux moindres petits changements.
Nous touchons au cœur du cœur des Lumières et en même temps de toutes les techniques numériques, y compris l’IA. Un des centres du mythe des Lumières repose sur la croyance que tout peut être calculé avec des contrôles de l’erreur à partir de l’aléatoire de l’altérité de chaque individu jusqu’aux plus grandes communautés sociales comme les ~8 milliards du grand village planétaire. Ce dogme fondateur que TOUT peut être calculé et d’arriver à un minimum local, est-il démontrable ?
Au contraire, il a été démontré que tout n’est pas calculable. L’idée que « tout peut être calculé » y compris les tables de mortalité si chères à Condorcet, les phénomènes physiques et chimiques, le vivant, la médecine, l’intelligence, les phénomènes religieux, l’Art, consiste en une hypothèse philosophique souvent appelée thèse de Church-Turing « forte » ou computationnalisme.
Il y a presque 100 ans, Alan Turing (1912-1954) a prouvé mathématiquement qu’il est impossible de concevoir un programme informatique universel qui pourrait analyser n’importe quel autre programme et déterminer à l’avance s’il va « boucler à l’infini » » ou s’il pourra « s’arrêter » et transmettre un résultat. Il existe des questions précises auxquelles aucun algorithme ne pourra jamais répondre comme toute classe de problème « indécidable ». Mais ce magnifique résultat est-il si important ? L’IA suppose que l’intelligence humaine est limitée à cause des limites de son système nerveux central comme le nombre de Dunbar en est la conséquence directe [Mottin, 2004]. Elle pose comme fondement que l’intelligence humaine est calculable. Mais par quelle machine ?
« L’hypo-thèse » de Church-Turing dite version faible pose le principe premier qu’un raisonnement humain cerné par des algorithmes avec contrôle des erreurs peut être calculé par une machine de Turing. L’IA fait le pari que la cognition humaine est une procédure mécanisable et donc programmable (en dehors du rêve, dernière fonction vitale dont on ignore les fonctions [Mottin, 2003]).
Au delà du monde de l’informatique, le logicien Kurt Gödel (1906-1978), dans le cadre des mathématiques générales, a démontré des limites fondamentales de celles-ci. Son théorème d’incomplétude prouve que dans TOUT système mathématique abouti, il existera toujours des énoncés qui sont vrais, mais qu’il est impossible de le prouver à l’intérieur de ce système.
Une approche qui consiste à considérer plusieurs stratégies de diverses IA et d’en faire une forme de moyenne, n’est pas non plus une solution pour arriver à tout calculer. Nous avons démontré que dans certains cas très généraux l’utilisation de l’opérateur moyennisation n’est pas valide [Mottin, 2010].
Pour finir, l’erreur actuelle de ces computationnalismes, base de toutes les IA, est de considérer l’intelligence humaine à l’échelle de la cognition d’un seul cerveau. Et même à cette échelle, nous avons donné une liste des difficultés majeures. La réalité se fonde de manière plus large sur la cognition sociale et le nombre de Dunbar. Avec les développements des réseaux sociaux cette cognition sociale atteindra prochainement la limite des 10 milliards d’individus connectés entre eux mais aussi avec les communautés des serveurs d’IA. Les implications pour la médecine seront très importantes et à l’image de la réalité augmentée, la tentation de l’homme augmenté apparait déjà avec les prothèses neuronales de communication directe entre notre matière cérébrale et les ordinateurs. L’humanité est-elle en train de vivre un des événements extrêmes de son histoire depuis la maitrise du feu, et l’apparition du livre imprimé ?
L’homme- éthéré
Les chambardements de l’invasion de l’IA permettent de réaliser ce rêve de la mathématisation de l’univers entier et de toutes les formes de connaissance, y compris en médecine. La loi fondamentale des Lumières du tout est transformable en nombre, ne fait pas qu’envahir tous les pans de nos vies. Elle accède à une nouvelle loi d’une autre nature, jusqu’à la monnaie et la monétique, « tout est codage ».
De plus le nouveau monde numérique, le metavers avec tous ses réseaux, produit de plus en plus d’expériences immersives. Le « logos », le verbe, la pensée logique, minimise le « sarx », la chair sanglante, le poids du corps, l’odeur. Cette transformation conduit à la nouvelle narration de l’homme-éthéré.
Le cas du livre imprimé
Tous les livres papier connaissent-ils un nouvel autodafé ? Contrairement à d’autres médias comme la musique ou la vidéo qui ont été massivement numérisés sans media charnel, le livre imprimé montre une résilience surprenante.
Qu’il me soit permis ici de laisser mon cœur battre. Beaucoup de lecteurs semblent encore rester très attachés à la matière du livre. L’expérience sensorielle de faire corps avec le livre reste un plaisir unique. Le bonheur de tourner les pages, les annoter dans la marge qui ne réclame que cela, de se laisser remplir par l’odeur du papier et de l’encre, caresser la texture de la couverture et de sa reliure. Le livre devient une partie de moi. Nous le collectionnons jusqu’à l’exposer dans sa bibliothèque. Et voyant sa tranche en un regard furtif, nous revivons nos instants poétiques uniques. Dès fois nous l’offrons comme on donne un sourire mais toujours avec un pincement au cœur. Que l’homme-éthéré n’oublie jamais cette maxime et ses voisines11F[12] , une des plus célèbres de ce phare baudelairien, Blaise Pascal :
Quand on veut poursuivre les vertus jusqu’aux extrêmes de part et d’autre, il se présente des vices qui s’y insinuent insensiblement, dans leurs routes insensibles, du côté du petit infini ; et il s’en présente, des vices, en foule du côté du grand infini, de sorte qu’on se perd dans les vices, et on ne voit plus les vertus. On se prend à la perfection même.
L’homme n’est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui, veut faire l’ange fait la bête.
Nous ne nous soutenons pas dans la vertu par notre propre force, mais par le contrepoids de deux vices opposés, comme nous demeurons debout entre deux vents contraires : ôtez un de ces vices, nous tombons dans l’autre.
L’Ange symbolise l’homme avec sa capacité de créer la science, d’aspirer à la loyauté et la noblesse de cœur, de contempler l’infini, d’essayer de ressembler au Créateur. Il se rapproche de l’ange, créature spirituelle et pure intelligence. La Bête symbolise l’homme esclave de ses instincts corporels, de succomber à la colère, des maladies et de la mort, que la médecine désire vaincre à tout prix. Il se réduit lui-même à un misérable jouet de ses désirs, ce qui le rapproche de la bête.
Espérons que le livre charnel, chargé de valeur sentimentale, sauvera l’homme-éthéré.
Conclusion
Actuellement nous assistons déjà à d’extraordinaires réussites spectaculaires des nombreuses techniques IA en médecine et dans tous les soins du corps. L’IA et l’ensemble du monde numérique incarnent donc l’aboutissement de la rationalisation de notre univers. Cette technique utilise des méthodes algorithmiques fondées sur les probabilités et statistiques créées lors des Lumières pour analyser des données massives pour dire et prédire. Ce progrès technique poursuit sans relâche l’objectif de rendre l’art de la médecine moins subjectif afin d’aboutir à l’ultime idée de la « Preuve mathématique », héritière triomphante des Lumières. Avec la tentation de l’homme amélioré, et les réussites sur les découvertes des processus de vieillissement, l’homme-machine deviendra-t-il un hybride aspirant à devenir perpétuel voir éternel ?
[1] Warren McCulloch, Walter Pitts, 1943; A logical calculus of the ideas immanent in nervous activity. The bulletin of mathematical biophysics, 5(4), 115–133;
[1] Warren McCulloch, Walter Pitts, 1943; A logical calculus of the ideas immanent in nervous activity. The bulletin of mathematical biophysics, 5(4), 115–133; https://link.springer.com/article/10.1007/BF02478259. Rosenblatt, F., 1958; The perceptron: A probabilistic model for information storage and organization in the brain. Psychological Review, 65(6), 386–408; https://doi.org/10.1037/h0042519
[2] Remarque : les années de naissance et de mort seront séparées par ce symbole et non le signe de la négativité/soustraction des nombres relatifs à réserver pour les années Avant Jésus-Christ.
[2] Remarque : les années de naissance et de mort seront séparées par ce symbole et non le signe de la négativité/soustraction des nombres relatifs à réserver pour les années Avant Jésus-Christ.
[3] Fontenelle, 1740 ; Œuvres de Mr de Fontenelle « éloges des académiciens de l’Académie royale des sciences, mort depuis l’an 1699 », volume 6, pp. 239-248 ; https://books.google.fr/books?id=iNJJAAAAcAAJ
[3] Fontenelle, 1740 ; Œuvres de Mr de Fontenelle « éloges des académiciens de l’Académie royale des sciences, mort depuis l’an 1699 », volume 6, pp. 239-248 ; https://books.google.fr/books?id=iNJJAAAAcAAJ
[4] Fontenelle, 1740 ; Œuvres de Mr de Fontenelle « éloges des académiciens de l’Académie royale des sciences, mort depuis l’an 1699 », volume 6, pp. 239-248 ; https://books.google.fr/books?id=iNJJAAAAcAAJ
[4] Fontenelle, 1740 ; Œuvres de Mr de Fontenelle « éloges des académiciens de l’Académie royale des sciences, mort depuis l’an 1699 », volume 6, pp. 239-248 ; https://books.google.fr/books?id=iNJJAAAAcAAJ
[5] Jean Lecomte. Giovanni Alfonso Borelli (1608-1679) De motu Animalium — on the movements of animals — traduit du latin en anglais par P. Maquet, Berlin, New York, 1989. In: Bulletin de la Classe des sciences, tome 75, 1989. pp. 270-272.
www.persee.fr/doc/barb_0001-4141_1989_num_75_1_63353
[5] Jean Lecomte. Giovanni Alfonso Borelli (1608-1679) De motu Animalium — on the movements of animals — traduit du latin en anglais par P. Maquet, Berlin, New York, 1989. In: Bulletin de la Classe des sciences, tome 75, 1989. pp. 270-272.
www.persee.fr/doc/barb_0001-4141_1989_num_75_1_63353
[6] https://www.courrierinternational.com/article/energie-google-relance-une-centrale-nucleaire-aux-etats-unis-pour-nourrir-le-boom-de-l-ia_236783
[6] https://www.courrierinternational.com/article/energie-google-relance-une-centrale-nucleaire-aux-etats-unis-pour-nourrir-le-boom-de-l-ia_236783
[7] https://pauseai.info
[7] https://pauseai.info
[8] https://presse.curie.fr/dr-sarah-watson-laureate-du-prix-lexpress-de-linnovation-therapeutique/?lang=fr
[8] https://presse.curie.fr/dr-sarah-watson-laureate-du-prix-lexpress-de-linnovation-therapeutique/?lang=fr
[9] https://www.newclin.com
[9] https://www.newclin.com
[10] https://information.tv5monde.com/international/robots-tueurs-des-drones-autonomes-turcs-ont-attaque-des-combattants-libyens-35843
[10] https://information.tv5monde.com/international/robots-tueurs-des-drones-autonomes-turcs-ont-attaque-des-combattants-libyens-35843
[11] Hartong Jacques, le paradoxe de Bertrand Tirage au hasard d’une corde dans un cercl ; L’ouvert, 83, 1996. https://bibnum.publimath.fr/IST/IST96059.pdf
[11] Hartong Jacques, le paradoxe de Bertrand Tirage au hasard d’une corde dans un cercl ; L’ouvert, 83, 1996. https://bibnum.publimath.fr/IST/IST96059.pdf
[12] Blaise Pascal, Pensées, fragment 358 dans l'édition Brunschvicg, 1897.
[12] Blaise Pascal, Pensées, fragment 358 dans l'édition Brunschvicg, 1897.
Bibliographie liée à l’auteur
—[Mottin,2020] Stéphane Mottin ; « Décryptage d’un code d’un recueil factif inédit « remède et secrets chimiques et galéniques » daté de 1669 et lié à la famille Gérentet de Sury-le-Comtal », Bull. Diana, t. LXXIX, n°1, 2020, p. 45-99.
—[Mottin,2013] François Ramaz, Stéphane Mottin. Biophotonique générale. 2013, Collection Intégrations des savoirs et des savoir-faire, dirigée par Stéphane Mottin. Editeur MRCT-CNRS, pp.560 ; 978-2918701118.
https://www.sudoc.fr/167518739
—[Mottin,2010] Stéphane Mottin, Grigory Panasenko, & Sivaji Ganesh, (2010); Multiscale Modeling of Light Absorption in Tissues: Limitations of Classical Homogenization Approach. PLoS ONE, 5(12), e14350.
https://doi.org/10.5281/zenodo.439034
En open/libre science, https://doi.org/10.5281/zenodo.439034
—[Mottin,2004] Clémentine Vignal, Nicolas Mathevon, & Stéphane Mottin; Audience drives male songbird response to partner’s voice. Nature 430, 448–451 (2004). https://doi.org/10.1038/nature02645
En open/libre science, https://doi.org/10.5281/zenodo.439023
—[Mottin,2003] Stéphane Mottin, Pierre Laporte, Raymond Cespuglio; Inhibition of NADH oxidation by chloramphenicol in the freely moving rat measured by picosecond time-resolved emission spectroscopy. J Neurochem. 2003 Feb;84(4):633-42.
doi: 10.1046/j.1471-4159.2003.01508.x.
En open/libre science, https://doi.org/10.5281/zenodo.439021
[1] Warren McCulloch, Walter Pitts, 1943; A logical calculus of the ideas immanent in nervous activity. The bulletin of mathematical biophysics, 5(4), 115–133; https://link.springer.com/article/10.1007/BF02478259. Rosenblatt, F., 1958; The perceptron: A probabilistic model for information storage and organization in the brain. Psychological Review, 65(6), 386–408; https://doi.org/10.1037/h0042519
[2] Remarque : les années de naissance et de mort seront séparées par ce symbole et non le signe de la négativité/soustraction des nombres relatifs à réserver pour les années Avant Jésus-Christ.
[3] Fontenelle, 1740 ; Œuvres de Mr de Fontenelle « éloges des académiciens de l’Académie royale des sciences, mort depuis l’an 1699 », volume 6, pp. 239-248 ; https://books.google.fr/books?id=iNJJAAAAcAAJ
[4] Laignel-Lavastine,1949 ; Histoire générale de la médecine, de la pharmacie, de l’art dentaire et de l’art vétérinaire tome 3, pp. 165 ; ouvrage publié sous la direction du docteur Laignel-Lavastine, http://www.sudoc.fr/010491759
[5] Jean Lecomte. Giovanni Alfonso Borelli (1608-1679) De motu Animalium — on the movements of animals — traduit du latin en anglais par P. Maquet, Berlin, New York, 1989. In: Bulletin de la Classe des sciences, tome 75, 1989. pp. 270-272.
www.persee.fr/doc/barb_0001-4141_1989_num_75_1_63353
[6] https://www.courrierinternational.com/article/energie-google-relance-une-centrale-nucleaire-aux-etats-unis-pour-nourrir-le-boom-de-l-ia_236783
[7] https://pauseai.info
[8] https://presse.curie.fr/dr-sarah-watson-laureate-du-prix-lexpress-de-linnovation-therapeutique/?lang=fr
[9] https://www.newclin.com
[10] https://information.tv5monde.com/international/robots-tueurs-des-drones-autonomes-turcs-ont-attaque-des-combattants-libyens-35843
[11] Hartong Jacques, le paradoxe de Bertrand Tirage au hasard d’une corde dans un cercl ; L’ouvert, 83, 1996. https://bibnum.publimath.fr/IST/IST96059.pdf
[12] Blaise Pascal, Pensées, fragment 358 dans l’édition Brunschvicg, 1897.