Mots-clés :
Institutionnalisation, Innovation sociale, Middleground, ESS, Politiques Publiques Territoriales.
Title:
Institutional Social Innovation in Service of Territorial Social Transformation: The Case of Toulouse Espace Couture Workshop
Abstract:
This research examines the mechanisms of social innovation institutionalization within territorial public policies, through a longitudinal case study of Toulouse Espace Couture, a workshop dedicated to economic integration and eco-responsible fashion, located in a working-class neighborhood of Toulouse. Supported by an intermediary organization (Première Brique) and co-piloted by a local authority (Toulouse Métropole) and a social and solidarity economy (SSE) actor, this project exemplifies a trajectory of social innovation deeply rooted in a territorial ecosystem.
Drawing on Cohendet’s theoretical framework of the Middleground, this study demonstrates how the encounter between institutional actors (upperground) and creators (underground) takes place within an intermediate level—the Middleground—that fosters the emergence, diffusion, and legitimization of social innovation. The analysis reveals that institutionalization is not a top-down process, but rather a dynamic co-construction based on cooperation, collective learning, and mediation among stakeholders. As a hybrid third place, Toulouse Espace Couture transforms social representations, enhances local skills, and strengthens social diversity, while supporting transitions toward more sustainable modes of consumption and production.
This research contributes to the debate on the trajectories of social innovation by showing that its institutionalization can reconcile territorial embeddedness, social transformation, and the renewal of institutional arrangements, while preserving its transformative capacity.
Keywords:
Institutionalization, Social innovation, Middleground, social and solidarity economy, territorial public policies.
À travers l’analyse de la trajectoire de Toulouse Espace Couture, un atelier de couture éco-responsable implanté dans un quartier populaire, nous mettons en lumière les mécanismes de son institutionnalisation dans le territoire. Dans la littérature, la notion d’innovation sociale apparaît porteuse d’une ambivalence, entre les innovations sociales réparatrices, qui viennent compenser et/ou corriger les externalités négatives du marché et les innovations sociales transformatrices, qui proposent des modèles en rupture avec l’économie capitaliste, porteuses d’ambitions de transformations économiques, démocratiques et sociales. Pour certains auteurs, le processus d’institutionnalisation de l’innovation sociale entraîne la neutralisation de la capacité transformatrice de l’innovation sociale en raison des compromis passés avec la puissance publique et le marché. Pour d’autres, le processus d’institutionnalisation représente une chance pour dynamiser l’économie, la régénérer et permettre des évolutions du système. Notre article s’intéresse à un projet d’innovation sociale institutionnel, marqué par un attachement fort à la notion de solidarité[1] et identifie, à travers sa trajectoire, des effets de transformations sociales dans le territoire, c’est-à-dire, des transformations des pratiques, des règles, des normes, des représentations et de la culture notamment.
Notre analyse emprunte une approche par le middleground, initiée et proposée par Cohendet et al.[2], afin de comprendre les mécanismes qui favorisent la créativité des villes à partir des dynamiques observées dans les villes de Montréal et Barcelone. Il s’agit de situer les acteurs dans trois strates distinctes, ou trois grounds : un upperground où sont positionnés les acteurs institutionnels publics et privés (les collectivités, les universités, les grandes entreprises du territoire par exemple ; les créateurs et les innovateurs, sont pour leur part situés dans l’underground ; le middleground agit alors comme un ground intermédiaire, une plateforme où se connectent ces différents acteurs, habituellement éloignés. Ces connections, ces inter relations s’opèrent dans les quatre composantes du middleground qui sont les évènements, les espaces, les projets et les lieux. La rencontre des acteurs institutionnels et des créateurs au niveau du middleground génère alors des dynamiques favorables à la créativité et donc à l’innovation. Les innovations vont alors poursuivre une trajectoire à travers le middleground jusqu’à leur entrée sur le marché. Cette approche est encore peu mobilisée pour analyser l’innovation sociale et ses trajectoires. Dans le prolongement des travaux récents de Romain Slitine, Didier Chabaud et Nadine Richez-Battesti[3], notre analyse propose un nouvel éclairage des spécificités du processus d’institutionnalisation d’une innovation sociale en identifiant, à travers sa trajectoire entrepreneuriale, les mécanismes de transformation sociale dans le territoire qu’elle accompagne.
Une innovation sociale institutionnelle
Toulouse Espace Couture est un projet implanté dans un tiers-lieu éphémère, le Collectif Abbal, Espace du Lac, situé dans un Quartier Politique de la Ville (QPV) : le quartier de la Reynerie. C’est un vaste atelier de couture associatif donnant accès à des ateliers de couture, à une gamme d’équipements professionnels et à une mercerie solidaire, privilégiant l’utilisation de textiles et accessoires récupérés et recyclés dans une démarche éco-responsable. Cinq créatrices en micro-entreprise louent des ateliers particuliers. L’association organise des ateliers thématiques de soutien aux entrepreneurs et entrepreneuses. Toulouse Espace Couture développe une activité commerciale. Outre l’animation de la mercerie solidaire, l’association répond à des commandes et propose un service de retouches pour les particuliers. Enfin, Toulouse Espace Couture invite ses adhérents et les couturières accueillies à participer à différents évènements publics de valorisation de leurs créations.
Ce projet émerge depuis le dispositif Fabrique à Initiatives, porté par Première Brique, une organisation intermédiaire de soutien aux projets entrepreneuriaux d’innovation sociale, co-portée par une collectivité, Toulouse Métropole et un acteur de l’économie sociale et solidaire (ESS), France Active MPA-Occitanie. Il s’inscrit dans le cadre d’un programme de rénovation urbaine du quartier de la Reynerie à Toulouse. Une étude de faisabilité met en lumière la dynamique du secteur de la création textile dans la métropole et les savoirs faire de couturières présentes dans le territoire en notant leurs difficultés à trouver un modèle économique soutenable. Enfin, il s’agit de favoriser les achats responsables et la relocalisation des emplois. Le projet s’oriente vers la création d’un « espace de transition » entre une activité bénévole et l’intégration dans le marché de l’emploi. Ainsi, l’atelier couture a pour ambition de répondre aux besoins d’émancipation économique des femmes du quartier, en s’appuyant sur leurs compétences, leur créativité et leur dynamisme dans le tissu associatif local. Ce projet trouve un écho dans l’histoire de la ville. En effet, Toulouse connait au XIXe siècle l’essor d’une petite industrie de fabrication de chaussures, de chapellerie et de confection qui emploie environ neuf mille ouvrières à l’aiguille à la fin du siècle[4] et qui va trouver un nouvel élan après la Seconde Guerre mondiale.
Les collectivités territoriales sont associées au projet avec un double objectif : apporter un soutien opérationnel et inspirer d’autres initiatives du même type, portées par la puissance publique. Première Brique se positionne comme un acteur de médiation et de facilitation entre les besoins des habitantes qui sont associées à l’élaboration du projet, la création de solutions relevant de l’ESS et les compétences des collectivités. Toulouse Espace Couture est finalement constitué en association loi 1901. Les activités sont articulées autour de trois grands pôles : l’animation d’un espace de travail partagé ; l’accompagnement à la constitution de collectifs de professionnels de la couture ; un atelier d’insertion de confection. La mise en œuvre du projet est confiée à une entrepreneuse sélectionnée par Première Brique à partir d’un appel à projet. Elle a pour mission de poursuivre l’étude de faisabilité, lancer l’expérimentation, coordonner le projet et gérer l’entreprise dans une logique d’entrepreneuriat social et de performance environnementale[5]. Pour Première Brique : « Ça aurait pu être un service public, très concrètement, ou un service dans le cadre d’une collectivité. Mais là, ça émane d’un acteur comme nous, et on génère le projet, on trouve les locaux, on embauche la personne. Voilà, maintenant, ça y est, ça vit tout seul. »
La rencontre de deux projets d’innovation sociale
À travers un engagement bénévole dans le quartier de Bellefontaine, situé à proximité de la Reynerie, la candidate, styliste et couturière de métier, avait également identifié le potentiel des couturières dans ces quartiers et engagé un travail d’enquête, avec l’objectif de monter un atelier de couture dans les quartiers du Mirail, à travers un chantier d’insertion. C’est dans cette phase d’exploration qu’elle prend connaissance du projet Toulouse Espace Couture, qui semble très proche de ses propres objectifs. Pour l’entrepreneuse « Là, le projet est déjà fait. Parce que je pense que si j’avais dû le monter toute seule, ce projet-là, ça aurait mis au moins quatre ans, bien tassés. J’ai juste eu à postuler. On a été quatre porteuses de projet à postuler et j’ai eu la chance d’être prise. »
Elle bénéficie d’un accompagnement de quelques semaines par le dispositif Fabrique à Initiatives, puis elle est suivie dans le cadre du Parcours Adress animé par Le Mouvement Associatif. En 2024, le Dispositif Local d’Accompagnement (DLA) prend le relai de l’accompagnement. La rencontre entre une créatrice, sensible aux enjeux sociaux et environnementaux, et un dispositif institutionnel d’innovation sociale illustre la dynamique du middleground. En effet, Toulouse Espace Couture naît de l’articulation entre deux logiques : celle d’une initiative individuelle portée par une expérience métier, un engagement écologique et une volonté d’émancipation économique, et celle d’une innovation institutionnelle impulsée par un acteur intermédiaire, Première Brique, qui structure, outille et légitime le projet dans un cadre collectif et territorial.
Le processus d’accompagnement joue ici un rôle de médiation : il transforme une idée ancrée dans une pratique artisanale en un projet d’innovation sociale reconnu par les acteurs publics. Le middleground se manifeste ainsi dans l’espace d’intermédiation entre l’entrepreneuse située au niveau de l’underground, et les institutions locales de l’upperground. Le projet se construit à l’interface de l’action publique et de l’initiative individuelle, produisant une forme d’innovation sociale hybride, à la fois territorialisée, inclusive et institutionnalisée.
L’implantation dans un tiers-lieu d’occupation transitoire : un espace d’innovation territoriale et d’expérimentation sociale
Le lieu de réalisation du projet est fixé par Première Brique au sein d’un tiers lieux d’occupation transitoire, l’Espace Abbal, géré et animé par l’Agence Intercalaire constituée en SCOP et dont l’objet social est d’activer des lieux temporairement vacants afin d’y accueillir des activités utiles au territoire.

Vue de l’atelier Toulouse Espace Couture
Il s’agit, pour l’Agence Intercalaire, de tester des dynamiques territoriales ou des projets susceptibles « d’améliorer le futur, pour pouvoir influencer l’environnement de demain » s’inscrivant dans une logique d’utilité sociale, de gouvernance démocratique et d’ancrage territorial. Elle est membre du réseau national des Plateaux Urbains et bénéficie de l’appui et de l’expertise de structures pionnières comme Les Grands Voisins (Paris). Les ambitions du lieu sont de réduire les écarts entre les quartiers, de valoriser les parcours de réussite et de favoriser la transition écologique dans les quartiers populaires, en dépassant le simple cadre de l’expérimentation. L’arrivée de Toulouse Espace Couture dans les locaux a lieu le 1er décembre 2021. Si le loyer est attractif, la location de cinq ateliers à des créatrices permet à l’entrepreneuse de couvrir les coûts du local. Les créatrices ainsi accueillies participent aux évènements publics et peuvent être sollicitées pour contribuer à l’activité commerciale de Toulouse Espace Couture.
L’implantation au sein de l’Espace Abbal illustre la manière dont les tiers lieux transitoires peuvent intervenir dans les dynamiques du Middleground. Ce lieu hybride, à la fois espace de travail, de création et de socialisation, permet la rencontre entre des acteurs issus de l’économie sociale et solidaire, des entrepreneurs indépendants, les habitants de la ville et des institutions publiques. Il constitue un cadre d’expérimentation privilégié pour la mise en œuvre de nouvelles formes d’action collective. L’Agence Intercalaire participe à la construction d’un écosystème d’innovation sociale situé, ancré dans un quartier populaire, qui articule les objectifs de la transition écologique avec ceux de l’inclusion économique. Dans cette perspective, l’Espace Abbal est un dispositif d’intermédiation territoriale où se redéfinissent les relations entre acteurs publics, structures d’accompagnement, entrepreneurs et publics concernés.
Toulouse Espace Couture : un tiers-lieu dans un tiers-lieu
L’installation de Toulouse Espace Couture entraîne une dynamique d’ouverture et de mise en réseau essentielle à la consolidation du projet. L’atelier se positionne lui-même comme un tiers-lieu, labellisé et répertorié par France Tiers-Lieux, favorisant la mutualisation des ressources et la coopération entre couturières. C’est un lieu d’intermédiation au cœur du tissu local, où se croisent acteurs de l’économie sociale et solidaire, habitants, institutions et entreprises. Dans un environnement caractérisé par la précarité économique et l’isolement des travailleurs indépendants, la dirigeante développe une stratégie fondée sur la coopération, la visibilité et la diversification des partenariats. Ce « tiers-lieu dans un tiers-lieu » constitue ainsi un lieu et un espace pour la construction de réseaux, l’animation de processus d’apprentissage, l’émergence de projets et l’élaboration de sens partagé.
Construire un réseau d’acteurs ressources
Pour accompagner le développement du projet et structurer la gouvernance, l’entrepreneuse va tisser son propre réseau. Elle parvient à identifier les ressources locales, ce qui la conduit à embaucher une figure du quartier comme animatrice de l’atelier : « Ça, ça a été une bonne dynamique aussi pour amener des personnes du quartier, parce qu’elle est un peu célèbre, on va dire, Madame K. ». Elle va nouer divers partenariats comme avec la coopérative d’utilité sociale, Égalitère, qui soutien et accompagne l’entrepreneuriat féminin dans une perspective d’économie sociale et durable. Elle intègre ainsi un réseau d’entrepreneuses issues du secteur textile et engagées dans une démarche zéro déchet. De cette rencontre émerge l’idée de créer un rendez-vous hebdomadaire dans les locaux de Toulouse Espace Couture : Les Rendez-vous de l’Entrepreneuriat. Quatre organisations de l’écosystème d’accompagnement de l’entrepreneuriat rejoignent cette initiative, dont Égalitère et l’ADIE, afin de répondre aux besoins spécifiques des entrepreneuses, notamment d’ordre administratif, juridique ou comptable. Enfin, la dirigeante mobilise son réseau personnel, constitué à travers la scolarité de ses enfants : « C’est comme ça que l’on se fait le réseau et que je connais plein de gens différents. Et après, je sympathise très, très vite aussi. Donc ça, c’est une grande chance. ». Ainsi, les ressources qu’elle mobilise relèvent de l’ancrage territorial ainsi que de la qualité de son capital relationnel personnel, mis au service de la dynamique entrepreneuriale et de la consolidation du projet. L’entrepreneuse a su activer des liens institutionnels, professionnels et personnels pour ancrer la dynamique du projet dans son environnement local. Ce processus témoigne d’une capacité à coproduire de nouvelles formes de soutien en dehors des dispositifs formels d’accompagnement, en s’appuyant sur des espaces de solidarité et sur la logique du réseau.
Les autoentrepreneuses accueillies par Toulouse Espace Couture ont, pour la plupart, été accompagnées par des dispositifs de couveuses de microentreprises, dans le cadre de reconversions professionnelles, amorcées à la suite du confinement sanitaire, donnant une nouvelle orientation à leur trajectoire professionnelle en s’inscrivant dans une dynamique collective. Les trajectoires des entrepreneuses accueillies par Toulouse Espace Couture mettent en évidence la fonction essentielle du tiers-lieu comme espace de socialisation professionnelle. En leur offrant un cadre collectif et bienveillant, l’atelier permet de rompre l’isolement structurel associé à la microentreprise individuelle et de renforcer le sentiment d’appartenance à une communauté d’actrices économiques locales. Toulouse Espace Couture devient ainsi un lieu d’apprentissage par les échanges, fondé sur la coopération et la transmission informelle des savoir-faire : « J’aime vraiment les moments où je sais qu’il y a du monde. On peut échanger, se montrer mutuellement ce qu’on fait, se demander des conseils. Ça fait vraiment évoluer les choses. ». Ces expériences montrent également que l’accompagnement ne se limite pas à un soutien technique ou administratif : il s’agit d’un processus relationnel, où la coopération, le partage d’expériences et la mutualisation des savoirs favorisent la montée en compétences et la consolidation des parcours. Ainsi, Toulouse Espace Couture est un espace d’intermédiation entre des trajectoires singulières et un écosystème territorial plus large, contribuant au développement d’une économie de la proximité et de la solidarité. Les créatrices en microentreprise peinent à identifier et accéder aux ressources nécessaires au développement de leur activité. Dans ce contexte, les rencontres informelles proposées au sein de Toulouse Espace Couture ou dans d’autres lieux de socialisation professionnelle jouent un rôle crucial d’apprentissage continu et de consolidation des parcours : « Finalement, ici, on se côtoie entre nous. On en est plus ou moins au même moment de l’entrepreneuriat. Il y a quand même les Jeudis de l’entrepreneuriat, où on arrive à avoir quelques petites billes. Donc je me dis que je m’en sors comme ça. ».
L’expérience de Toulouse Espace Couture permet d’observer des effets de transformation dans la proximité. Par un processus d’apprentissage collectif, les adhérentes développent de nouvelles compétences, reconfigurent leur parcours professionnel et personnel, et renforcent leur posture entrepreneuriale. Pour les créatrices en microentreprise, l’atelier constitue un espace ressource, à la fois matériel et symbolique, propice à la création, à la valorisation de leurs productions et à la recherche d’opportunités économiques. Enfin, la stratégie impulsée par la dirigeante — articulant production écoresponsable, recyclage et techniques d’upcycling — confère au projet une identité forte et distinctive dans le champ de l’innovation sociale et de la mode durable. Ainsi l’atelier illustre la fonction du tiers-lieu comme espace de recomposition des dynamiques entrepreneuriales et sociales. En favorisant la coopération entre des entrepreneuses aux trajectoires diverses, l’atelier contribue à la création d’un capital social collectif, fondé sur l’entraide, la mutualisation des ressources et la reconnaissance mutuelle des compétences. Ce lieu hybride, à la fois professionnel, social et symbolique, soutient un processus qui dépasse le simple cadre économique. Il agit comme un dispositif, où la montée en compétences, la prise de confiance et la construction d’un réseau local deviennent des leviers essentiels d’autonomisation. Ainsi, l’atelier est un espace où se reconfigurent les frontières entre travail, apprentissage et engagement collectif, participant au développement d’une économie de proximité porteuse de transformation sociale. Cette dynamique révèle un déplacement de la dirigeante et des créatrices accueillies de l’underground vers le middleground où sont connectés différents acteurs et réseaux ressources, à partir d’un lieu, autour de projets et d’évènements qui sont autant d’espaces de construction de sens.
Une démarche éco responsable levier de transformations
La démarche écoresponsable constitue un apport spécifique de la dirigeante au projet. Elle s’appuie sur une maturité accrue de l’environnement économique et social à l’égard de ces enjeux ainsi que sur le cadre réglementaire, en particulier les lois AGEC[6] qui pénalisent les industries de la mode et du textile qui détruisent leur production : « On a donc des entreprises qui nous appellent maintenant pour qu’on vienne récupérer. ».
Si certaines entrepreneuses étaient familières de cette démarche, pour d’autres, la sensibilisation aux enjeux environnementaux et aux impacts de la surproduction textile s’est opérée à travers leur participation au projet. Cette sensibilisation s’opère davantage par la pratique que par le discours : « On n’en parle pas tant que ça, mais ici c’est naturel de réutiliser des tissus. C’est dans la pratique. ». L’attention portée aux impacts environnementaux se diffuse également auprès de la clientèle, des adhérents et des réseaux personnels favorisant ainsi une évolution des pratiques. Au-delà de sa dimension écologique, le recyclage constitue une ressource économique : il permet d’accéder à des matières premières à faible coût et favorise un retour à une pratique artisanale et indépendante dans un secteur largement industrialisé : « Dans le secteur de la couture, tout ce qui est emploi en ce moment, c’est de l’industriel. Alors ça, c’est hors de question que j’y retourne. ». C’est donc un enjeu économique majeur pour les créatrices, en réduisant les coûts de production et en renforçant leur autonomie entrepreneuriale. L’upcycling devient ainsi un levier économique, social et symbolique, inscrit au cœur du modèle de Toulouse Espace Couture. Il permet d’articuler contraintes environnementales et préoccupations économiques locales, répondant ainsi aux attentes d’un territoire où les ressources des ménages demeurent limitées.
L’analyse du projet Toulouse Espace Couture met en lumière l’importance de la démarche écoresponsable dans la consolidation du modèle entrepreneurial. Cette démarche s’impose comme un vecteur d’innovation sociale, articulant transformation environnementale, inclusion économique et apprentissage collectif. On assiste à un déplacement des logiques de production vers des pratiques plus durables et plus accessibles, tout en générant de nouvelles formes de coopération. En intégrant les principes de l’économie circulaire, le projet contribue à la redéfinition des pratiques professionnelles dans un secteur traditionnellement dominé par l’industrialisation et la standardisation du travail. Par la mutualisation des ressources et la mise en valeur des pratiques d’upcycling, Toulouse Espace Couture favorise la diffusion d’une culture écologique populaire, adaptée aux réalités économiques des quartiers populaires. Ainsi, la démarche écoresponsable devient une ressource à partir de laquelle se reconfigurent les rapports entre production, consommation et responsabilité territoriale. L’entrepreneuse et les créatrices deviennent des actrices de la transition écologique, capables de produire du changement à la fois dans les pratiques, les représentations et les structures économiques locales.
L’approche écoresponsable de Toulouse Espace Couture, permet de développer de nouveaux réseaux régionaux et de participer à des dynamiques nationales autour de la mode responsable. En effet, pour défendre un modèle de production vertueux, Toulouse Espace Couture s’inscrit dans plusieurs réseaux nationaux, tels que la Fédération de la Mode Circulaire[7], et entretient, au niveau régional, des liens avec d’autres initiatives de l’ESS, comme Les Nouvelles Grisettes, un tiers-lieu montpelliérain. Les récentes réglementations encadrant le secteur de la mode et ses impacts environnementaux constituent un levier stratégique pour dynamiser les pratiques d’upcycling et distinguer Toulouse Espace Couture dans ce domaine : « C’est l’occasion d’avoir beaucoup de visibilité. L’Espace Couture, c’était tout petit, mais on a poussé les murs et fait entendre un peu le nom de l’Espace Couture partout. On a maintenant de très bons partenaires sur le recyclage textile en Occitanie. De belles choses se passent. ».
Toulouse Espace Couture, un espace d’intermédiation sociale et culturelle
Toulouse Espace Couture est un carrefour de rencontres entre les habitants d’un quartier stigmatisé et ceux issus de quartiers du centre-ville, contribuant ainsi à modifier les représentations réciproques et à lever certaines réticences : « Je pense que ça déconstruit pas mal les mentalités de certaines personnes qui n’osent pas rentrer. Puis, après, elles viennent, elles commencent à faire leurs créations et elles en sont hyper fières. On voit l’évolution de certaines personnes et c’est fabuleux. ». En effet, les échanges interculturels sont un enjeu central du projet, car ils permettent de faire évoluer les représentations sociales comme celle de la mixité entre femmes et hommes. Le quartier est souvent perçu comme un « quartier musulman » où une culture de séparation genrée des espaces et des rôles reste ancrée. « À la fois, je ne vais pas brusquer non plus toutes les mentalités et tout changer d’un coup… Voilà, comment faire évoluer ces choses-là ? Là, c’est un gros, gros questionnement. ». La possibilité, pour les femmes, d’avoir une activité économique en dehors du foyer serait perçue comme un signe de faiblesse de l’époux, censé subvenir seul aux besoins de la famille. Par le dialogue et l’échange, ces questions sont mises en discussion et ainsi, les comportements de part et d’autre peuvent évoluer.
Les relations entre les habitantes du quartier et les institutions sont difficiles. Les associations sont perçues comme des organisations gérées par « des Blancs avec des noms qui sonnent bien français. ». Le fait que l’Espace Abbal soit implanté dans un ancien Centre communal d’action sociale (CCAS), et que Toulouse Espace Couture occupe l’espace autrefois dédié à l’accueil du public, a suscité une certaine appréhension. Cependant, pour l’Agence Intercalaire, cette localisation est un atout stratégique.
« Nous, on a quand même envie d’ouvrir un peu plus le lieu aux habitants. Et justement, l’espace couture, c’est très bien pour ça, parce que c’est le premier lieu qu’on voit quand on arrive depuis la place. C’est un lieu ouvert au public, ça permet de faire une belle entrée, plus concrète que des gens qui travailleraient sur leurs ordinateurs. » (PP 2).
L’activité économique des habitantes, rendue visible au cœur du quartier de la Reynerie, dans un espace ouvert sur la place principale, participe à une évolution des normes sociales sur le travail des femmes. L’accès à un espace d’émancipation par la création, autrefois perçu comme un lieu de contrôle social, favorise une réappropriation symbolique et concrète de l’espace public par les habitantes. Ces nouvelles pratiques, fondées sur la mixité sociale et culturelle, permettent la confrontation entre différentes représentations et contribue à construire un sens commun et partagé. Ainsi, les lieux participent à des processus de transformation sociale par l’innovation sociale et contribuent à la construction du territoire symbolique en favorisant les connexions avec les habitants d’un quartier populaire de la ville dans un lieu d’innovation sociale.
L’expérience de Toulouse Espace Couture au sein du tiers-lieu transitoire de l’Espace Abbal illustre le rôle structurant des lieux d’intermédiation territoriale dans les dynamiques d’innovation sociale. Ces espaces favorisent à la fois la rencontre entre des univers sociaux éloignés, la création de synergies économiques et sociales, et la construction d’un réseau d’acteurs ancrés dans le territoire. En permettant aux habitantes du quartier, aux entrepreneuses et aux structures de l’économie sociale et solidaire de coopérer dans un cadre commun, le tiers-lieu contribue à la transformation des représentations, à la visibilité des initiatives locales et au renforcement des capacités collectives d’action.
Développer un projet institutionnel et territorial d’innovation sociale : hybridation des ressources et du modèle organisationnel
Le développement de Toulouse Espace Couture illustre également les défis propres aux projets d’innovation sociale portés à la fois par des acteurs individuels et par des organisations intermédiaires. Ancré dans un écosystème d’innovation sociale dense, le projet repose sur une hybridation des ressources, combinant financements publics, contributions associatives, activités marchandes et partenariats. Cette pluralité de ressources et d’acteurs induit un modèle organisationnel en construction, situé à la croisée de logiques économiques, sociales et politiques. Il s’agit de trouver un équilibre entre autonomie entrepreneuriale et inscription territoriale, entre expérimentation locale et reconnaissance institutionnelle. Toulouse Espace Couture incarne une forme d’innovation sociale institutionnelle, produite par des arrangements entre plusieurs logiques : associative, entrepreneuriale et publique.
L’acquisition des compétences entrepreneuriales : l’accès aux ressources comme moteur de la consolidation de réseaux
La dirigeante opère une transition du statut de créatrice située au niveau de l’underground à celui de dirigeante d’une entreprise située au niveau du middleground. Elle doit déléguer désormais l’animation quotidienne de l’atelier et les activités de couture pour mettre sa propre créativité au service de la conception et de la structuration du projet entrepreneurial : « Le développement de projet, en plus, je pense que c’est là où toute ma créativité a du sens. ». L’accompagnement, dans le cadre des dispositifs institutionnels restent contraints et limités, aussi elle va accéder à de nouvelles ressources en participant à des concours et appels à projets, pour développer ses compétences et consolider un modèle entrepreneurial singulier. Cette stratégie de diversification des soutiens traduit une capacité d’adaptation et une forme de précarité structurelle : pour pallier l’insuffisance des dispositifs d’accompagnement, l’entrepreneuse compose avec des ressources temporaires, dispersées et souvent conditionnelles. Cette stratégie conduit à l’élargissement et à la consolidation de réseaux d’acteurs engagés dans le soutien au projet entrepreneurial. Les acteurs des réseaux sont à leur tour mobilisés pour l’animation des ateliers collectifs organisés par Toulouse Espace Couture au bénéfice des créatrices accueillies, lesquels constituent un espace d’apprentissage complémentaire, où les entrepreneuses partagent leurs expériences, mutualisent leurs connaissances et consolident progressivement leurs capacités à piloter une activité économique autonome. C’est un modèle entrepreneurial fondé sur des mécanismes de coopération, de partage de la ressource et de solidarité.
Les statuts de l’ESS en tension avec le modèle entrepreneurial
Les statuts juridiques de la loi ESS 2014, dont le statut associatif, impliquent des mécanismes de délibération et de décision partagées au sein d’une gouvernance collective. S’ils sont porteurs d’un projet de gouvernance démocratique du projet entrepreneurial, ils peuvent freiner l’agilité nécessaire au développement entrepreneurial d’un projet en phase de structuration : « Je me rends compte que pour faire évoluer un projet rapidement, mine de rien, j’étais bien contente quand même de cette prise de décision toute seule. ». On observe néanmoins des dynamiques collectives et participatives dans la mise en œuvre du projet et le cadre associatif est un espace de socialisation et d’apprentissage collectif pour les créatrices et bénévoles. Leur participation aux instances de gouvernance – notamment à l’assemblée générale, est souvent une première expérience d’engagement associatif, perçue comme un espace de découverte et de convivialité : « C’est la première fois que je suis au sein d’une association. J’ai l’impression que je découvre aussi un autre monde que je ne connaissais pas. Moi, c’est vraiment le côté convivial qui me plaît beaucoup, ce côté entraide. ». La participation aux espaces de gouvernance constitue un processus d’apprentissage démocratique, amenant progressivement les membres à prendre conscience des enjeux collectifs liés au développement du projet et de leur rôle dans celui-ci.
Ici, le projet entrepreneurial repose sur une hybridation des ressources et des modèles organisationnels, à la croisée du monde associatif, entrepreneurial et public. Ainsi, notre analyse conduit à interroger l’adaptation des statuts juridiques de l’ESS aux réalités des modèles entrepreneuriaux hybrides. Ces derniers reposent sur une forte autonomie stratégique et sur l’engagement de quelques acteurs clés, indispensables à la performance et à la pérennité des projets. Le défi consiste alors à trouver des arrangements institutionnels capables de concilier l’agilité entrepreneuriale nécessaire au développement économique avec les principes démocratiques et redistributifs portés par l’économie sociale et solidaire.
La recherche de l’équilibre économique : un parcours d’hybridation des ressources pour une très petite entreprise
Le projet va bénéficier de différentes aides financières et partenariales dans ses deux premières années d’existence. Dans la cadre du programme Quartier Politique de la Ville (QPV) la Métropole et la préfecture soutiennent le projet. Toulouse Espace Couture va également bénéficier d’un soutien de la Métropole dans le cadre d’un dispositif « Agir pour l’Emploi » qui réunit différents dispositifs de soutien à l’emploi sur le territoire (la mission locale, le plan local pour l’insertion et l’emploi). Le Fonds de Rebonds est accordé à l’association par le département ainsi qu’un financement de France Active MPA Occitanie dans le cadre du dispositif « La Place de l’émergence » soutenu par la Région Occitanie. Toulouse Espace Couture obtient le label Tiers-lieu par la Région Occitanie, ce qui lui permet d’accéder à des fonds d’investissement pour équiper le local en machines industrielles. La fondation Vinci et AG2R La Mondiale constituent les premiers financements privés obtenus par l’association. L’entrepreneuse engage des actions de communication pour faire connaître Toulouse Espace Couture et ainsi développer son réseau et renforcer la notoriété de l’association. Il s’agit d’acquérir une crédibilité auprès des financeurs mais également de soutenir la négociation de contrats commerciaux. En définitive, le développement de Toulouse Espace Couture repose sur une mobilisation de ressources publiques, privées et partenariales, témoignant de la capacité de l’entrepreneuse à mobiliser depuis le middleground, des acteurs situés au niveau de l’upperground à travers différents dispositifs en articulant différents registres : entrepreneurial, social, environnemental. Dans ce contexte, la communication, la visibilité et l’ancrage dans les réseaux de l’ESS sont des leviers nécessaires à la reconnaissance du projet et à sa pérennité sur le territoire.

Schéma 1- Dispositifs de soutien au projet Toulouse Espace Couture depuis l’approche du middleground
Source : Auteur
Si les dispositifs d’accompagnement structurent les trajectoires des projets d’innovation à travers des outils de gestion et une ingénierie spécifique[8], tous ne sont pas exclusivement dédiés à l’innovation sociale. Certains sont ancrés dans les principes de l’économie sociale et solidaire, tandis que d’autres répondent principalement à des logiques marchandes fondées sur la performance économique. Les candidatures à ces dispositifs ont un coût important pour les entrepreneurs qui engagent un effort d’adaptation et de mise en conformité avec différents attendus institutionnels. Ces dispositifs façonnent des trajectoires entrepreneuriales hybrides, en amenant les porteurs de projet à articuler la logique marchande tournée vers la rentabilité avec la logique publique centrée sur l’utilité sociale. Ici, l’analyse de Toulouse Espace Couture montre que la complémentarité des ressources et l’articulation des différentes logiques institutionnelles s’opèrent au niveau middleground.
Conclusion
Le cas de Toulouse Espace Couture, projet d’innovation sociale conçu par une organisation intermédiaire, Première Brique, dans le cadre du dispositif Fabrique à Initiatives, met en lumière les dynamiques d’institutionnalisation de l’innovation sociale situées au niveau du middleground. Accueilli dans un tiers-lieu transitoire, le projet montre la capacité des organisations intermédiaires à articuler l’action publique et l’initiative citoyenne, en reliant les acteurs du local (habitants, associations, micro-entrepreneuses) et ceux de l’upperground (collectivités, institutions, financeurs). La trajectoire de ce projet, adossé à la coopération et une solidarité forte, montre que l’institutionnalisation de l’innovation sociale ne relève pas d’un processus descendant, impulsé uniquement par les politiques publiques, mais d’une coproduction progressive, issue des interactions, des apprentissages et des médiations entre les acteurs du territoire. Les entrepreneuses deviennent elles-mêmes des agents d’institutionnalisation, en contribuant à la reconnaissance, à la diffusion et à la légitimation de l’innovation sociale dans les structures économiques et politiques locales. Toulouse Espace Couture apparaît ainsi comme un espace d’intermédiation au service d’un objectif de transformation du territoire. Le projet contribue à modifier les représentations sociales, à valoriser les compétences locales et à renforcer la mixité sociale. Il transforme les pratiques et répond aux besoins d’un territoire et de ses habitantes. Mais l’analyse de cette trajectoire révèle également les tensions inhérentes aux modèles entrepreneuriaux hybrides de l’innovation sociale qui entraînent la mise en œuvre de stratégies pour articuler différentes logiques dans le modèle organisationnel et pour accéder aux ressources nécessaires à la pérennité et au développement de l’entreprise à travers la constitution de réseaux et l’enrôlement d’acteurs divers dans l’accompagnement du projet. Ainsi, l’approche par le middleground nous révèle un processus d’institutionnalisation, en perpétuel renouvellement qui participe à la construction territoriale de l’innovation sociale et à la production de transformations sociales dans le territoire.
[2] Patrick Cohendet, David Grandadam, et Laurent Simon, « Rethinking urban creativity: Lessons from Barcelona and Montreal », City, Culture and Society, Vol. 2, n° 3, 2011, p. 151‑158.
[2] Patrick Cohendet, David Grandadam, et Laurent Simon, « Rethinking urban creativity: Lessons from Barcelona and Montreal », City, Culture and Society, Vol. 2, n° 3, 2011, p. 151‑158.
[3] Romain Slitine, Didier Chabaud et Nadine Richez-Battesti, « Le processus d’intermédiation comme levier de l’innovation sociale », Management international, Vol. 28, n° 4, 2024, p. 14‑25.
[3] Romain Slitine, Didier Chabaud et Nadine Richez-Battesti, « Le processus d’intermédiation comme levier de l’innovation sociale », Management international, Vol. 28, n° 4, 2024, p. 14‑25.
[4] Jean-Marc Olivier, « L’industrie dispersée dans la ville : le cas toulousain au fil du XIXe siècle », in Les territoires de l’industrie en Europe (1750-2000) : Entreprises, régulations et trajectoires, Jean-Claude Daumas, Pierre Lamard et Laurent Tissot (dir.), Besançon, Presses universitaires de Franche-Comté, « Les Cahiers de la MSHE Ledoux », 2007, p. 57‑70.
[4] Jean-Marc Olivier, « L’industrie dispersée dans la ville : le cas toulousain au fil du XIXe siècle », in Les territoires de l’industrie en Europe (1750-2000) : Entreprises, régulations et trajectoires, Jean-Claude Daumas, Pierre Lamard et Laurent Tissot (dir.), Besançon, Presses universitaires de Franche-Comté, « Les Cahiers de la MSHE Ledoux », 2007, p. 57‑70.
[5] Appel à porteur·teuse de projet pour la création et le développement du projet : Toulouse Espace Couture, Première Brique, publié le 15 juin 2021, https://www.premiere-brique.fr/2021/06/15/appel-a-porteur-teuse-de-projet-toulouse-espace-couture/
[5] Appel à porteur·teuse de projet pour la création et le développement du projet : Toulouse Espace Couture, Première Brique, publié le 15 juin 2021, https://www.premiere-brique.fr/2021/06/15/appel-a-porteur-teuse-de-projet-toulouse-espace-couture/
[6] Loi février 2020 : loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (modification janvier 2022)
[6] Loi février 2020 : loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (modification janvier 2022)
[7] Fédération de professionnels de la mode et de promotion de la circularité dans la mode et de modèles plus durables, https://federationmodecirculaire.fr/
[7] Fédération de professionnels de la mode et de promotion de la circularité dans la mode et de modèles plus durables, https://federationmodecirculaire.fr/
[8] Patrick Gilbert et Nathalie Raulet-Croset, Lire le management autrement : le jeu des dispositifs, Caen, Éditions EMS, « management & société », 2021.
[8] Patrick Gilbert et Nathalie Raulet-Croset, Lire le management autrement : le jeu des dispositifs, Caen, Éditions EMS, « management & société », 2021.
[1] Jean-Louis Laville, L’économie sociale et solidaire : pratiques, théories, débats, Paris, Points, 2016.
[2] Patrick Cohendet, David Grandadam, et Laurent Simon, « Rethinking urban creativity: Lessons from Barcelona and Montreal », City, Culture and Society, Vol. 2, n° 3, 2011, p. 151‑158.
[3] Romain Slitine, Didier Chabaud et Nadine Richez-Battesti, « Le processus d’intermédiation comme levier de l’innovation sociale », Management international, Vol. 28, n° 4, 2024, p. 14‑25.
[4] Jean-Marc Olivier, « L’industrie dispersée dans la ville : le cas toulousain au fil du XIXe siècle », in Les territoires de l’industrie en Europe (1750-2000) : Entreprises, régulations et trajectoires, Jean-Claude Daumas, Pierre Lamard et Laurent Tissot (dir.), Besançon, Presses universitaires de Franche-Comté, « Les Cahiers de la MSHE Ledoux », 2007, p. 57‑70.
[5] Appel à porteur·teuse de projet pour la création et le développement du projet : Toulouse Espace Couture, Première Brique, publié le 15 juin 2021, https://www.premiere-brique.fr/2021/06/15/appel-a-porteur-teuse-de-projet-toulouse-espace-couture/
[6] Loi février 2020 : loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (modification janvier 2022)
[7] Fédération de professionnels de la mode et de promotion de la circularité dans la mode et de modèles plus durables, https://federationmodecirculaire.fr/
[8] Patrick Gilbert et Nathalie Raulet-Croset, Lire le management autrement : le jeu des dispositifs, Caen, Éditions EMS, « management & société », 2021.