Résumé :
Abstract :
Le présent travail aborde l’héritage des lumières en poursuivant l’exploration du thème des laïcités, initiée à travers notre article « Présence de l’imaginaire du sacré dans l’espace politique corse : le cas des débats à l’Assemblée de Corse (mandature 2010-2015)[1]» publié dans la revue Lumi à l’issue du colloque Religions et Laïcités d’octobre 2024. C’est, plus précisément, l’analyse de la singularité de la laïcité corse qui sera ici approfondie, à travers l’étude d’un évènement historique : la visite du pape François dans l’île. À cette occasion – et lors des mois qui l’ont suivie – l’originalité de la relation entre politique et religion en Corse s’est manifestée de façon saillante et a connu une visibilité inédite, mettant en lumière une laïcité singulière.
Cette laïcité a été abondamment commentée, particulièrement lors de la visite papale. Elle se caractérise, notamment, par les intenses relations entre les membres du clergé et les représentants politiques, socio-économiques, médiatiques, membres des autres religions, etc. ; ainsi que par la fameuse religiosité populaire, objet du colloque organisé par l’évêché de Corse les 14 et 15 décembre 2024.
Cette laïcité, nous l’abordions sous un angle un peu différent au sein du travail ci-dessus mentionné. Nous y explorions plus spécifiquement la présence du sacré dans l’espace politique corse, à travers l’étude des discours et pratiques politiques contemporaines. C’est ainsi que nous observions la présence de figures identitaires et politiques, très fortement liées à des symboles religieux.
Nous analyserons ici la présence de cette symbolique tant identitaire que religieuse lors de la visite papale.
Avant cela, nous proposons au lecteur quelques précisions préalables relatives tant à la question de la laïcité qu’à la définition de l’imaginaire politique, au cœur de ce travail.
Le terme de laïcité est ici entendu, dans le fil de l’héritage des Lumières, comme séparation entre l’ordre ecclésial et l’ordre politique. Toutefois, cette séparation n’implique pas l’absence de relation entre politique et sacré. En effet, si la religion relève évidemment du sacré, tout le sacré n’est pas religieux, et l’ordre politique lui-même peut être sacralisé. Il s’agit d’ailleurs là d’un fondement historique essentiel du politique, y compris dans un cadre républicain.
Avant de poursuivre, rappelons brièvement ce que nous entendons par « imaginaire politique ». L’imaginaire est le filtre à travers lequel l’homme perçoit le réel, l’interprète, lui donne du sens, y vit et y agit. Ce filtre se compose d’un ensemble d’images mentales, de représentations, de croyances, de valeurs, d’expériences qui influent sur notre rapport au monde et nos actions, individuelles comme collectives.
Lorsque l’on étudie un imaginaire politique, c’est bien entendu la dimension collective qui nous intéresse. Concernant l’imaginaire politique corse -que nous explorons ici dans son rapport au sacré-, il convient de préciser qu’il n’est pas vécu de la même manière par toute la population demeurant en Corse. Il n’est évidemment pas partagé par la partie de cette population arrivée dans l’île très récemment et qui n’en a pas encore reçu l’influence culturelle. Y compris parmi les Corses, d’origine et d’adoption, qui partagent les mêmes traits culturels, il existe une pluralité d’imaginaires (individuels, familiaux, de groupes sociaux, etc.) qui s’intègrent dans un imaginaire collectif complexe. Celui-ci n’est jamais ni univoque, ni figé dans l’espace et le temps. L’imaginaire est, par essence, pluriel et évolutif. Il convient donc de l’aborder avec précaution et c’est ce que nous tenterons de faire ici.
C’est donc au sein de cet imaginaire politique complexe que nous avons observé la présence de figures sacrées, ou sacralisées, où politique et religieux sont entremêlés. Cet imaginaire est l’un des ressorts de la laïcité corse qui est l’objet du présent travail.
Observons à présent comment ces figures ont été parties prenantes de la visite papale et des événements qui l’ont suivie.
La première figure sacralisée que nous dégagions dans nos précédents travaux est celle de la Corse. Elle apparait, dans l’imaginaire politique étudié, comme un « monde en soi », sacralisé. En élargissant le champ d’exploration, il est tout à fait évident qu’elle occupe la position centrale dans les représentations de son peuple. Elle est sacralisée en tant que telle, comme figure symbolique supérieure aux éléments qui la composent. Nous l’illustrions, dans notre précédent article, avec un exemple du domaine musical : le chant du groupe culturel Chjami Aghjalesi A tè la Corsica Regina. La figure de la Corse y est personnifiée -on s’adresse directement à elle- et sacralisée : les mots « A tè la Corsica Regina » joignent et confondent l’île et sa sainte patronne : la Vierge Marie. Ce procédé est également à l’œuvre lors de l’événement qui nous intéresse. C’est notamment le cas dans le visuel réalisé pour l’occasion. Comme nous pouvons l’observer sur l’image ci-dessous, les deux seules figures représentées sont la Vierge et la Corse, sacralisée par le patronage de Marie – dont elle adopte la couleur, fusionnant ainsi symboliquement avec celle-ci-, et son association au symbole de la croix. Ce sont bien ces deux personnages, ainsi reliés, qui auront la charge d’accueillir « Papa Francescu in Corsica ».
Figure 1 : Visuel réalisé pour la venue du pape François dans l’île.
Remarquons que la Vierge est dans l’île l’une des figures religieuses les plus célébrées, comme en témoigne notamment la ferveur populaire lors des célébrations de la Nativité de la Vierge le 8 septembre.
L’un des secteurs qui nous semble tout à fait significatif en matière d’exaltation de figures sacralisées est celui de la création, qui en Corse, depuis des années 2010, s’est fortement emparé de cette thématique. Nous y consacrions un développement dans notre précédent article. Nous nous contenterons d’observer ici l’importance de la Vierge dans cette symbolique en présentant un exemple parmi de très nombreux autres : celui d’une création de la marque A signadora où l’on perçoit comment représentations identitaires et religieuses sont entremêlées.
Figure 2 : Vêtement de la marque A Signadora présentant la Vierge avec des paroles extraites du Dio vi Salvi Regina, mêlant ainsi symbolique religieuse et politique.
Ici, la Vierge est associée aux paroles de l’hymne de la Corse, le Dio vi Salvi Regina. Celui-ci était à l’origine un chant religieux, et aurait été érigé en hymne national par la Cunsulta d’Orezza de 1735[2]. Il renvoie donc tant à l’imaginaire religieux qu’à l’imaginaire politique[3]. De manière générale, dans tous les espaces sociaux étudiés, la présence centrale de cet hymne est un autre vecteur de la sacralisation de la figure de la Corse. Nous savons par ailleurs que les emblèmes jouent un rôle essentiel dans la sacralisation politique, en Corse comme ailleurs. Cela a largement été démontré par différents chercheurs ; notamment par l’historien Pierre Nora qui a observé le rôle joué par cette symbolique dans ce qu’il appelle la « religion républicaine » française[4].
En l’occurrence, l’hymne de l’île occupe une place essentielle dans l’imaginaire politique corse. Le Dio vi Salvi Regina était également à l’honneur lors de la venue du pape dans l’île. Il résonnait notamment en fond sonore du clip d’annonce officielle de l’événement par les deux cardinaux insulaires. La Corse était ainsi symboliquement présente sur la place Saint-Pierre, d’où était filmée cette vidéo. Signalons également l’intense émotion qui s’est emparée de la foule lorsque le Dio vi Salvi Regina a été entonné à la fin de la messe du pape au Casone.
Lors de la visite papale, un autre emblème a été mis à l’honneur par la foule présente à Ajaccio, a bandera, le drapeau corse. Le drapeau est sans doute l’un des symboles suscitant le plus fort sentiment d’appartenance au peuple corse. À travers a bandera, c’est la Corse elle-même qui est représentée. Une des illustrations les plus parfaites de ce phénomène est issue -comme c’est souvent le cas- du domaine musical, avec la chanson de Voce ventu, Ti vecu o la mio Bandera, dont voici un extrait.
Ti vecu o la mio bandera
In ogni monte sculpitu
In ogni larice, ogni leccia
In ogni castagnu feritu
Si per mè a scorza ardita
Di l’arburu sempre arrittu
O la mio bandera, O la mio bandera[5]
Avec ces mots, c’est la Corse qui est présente dans la bandera ; la Corse, sa terre, son peuple.
Le peuple corse a donc spontanément choisi d’accueillir le Saint-Père avec son symbole le plus fort, son drapeau.
Les albums photos et journaux[6] commémorant l’événement ont fait une place importante aux images de bandere flottant dans le vent. Pourtant, il convient de remarquer la présence encore plus massive des drapeaux réalisés pour l’occasion avec le visuel de l’événement, que nous avons précédemment analysé. La Corse qui accueillait le Saint-Père était ainsi symboliquement présente à travers sa bandera[7], mais également avec cette image associant l’île à la Vierge. Cela est tout à fait significatif de l’importance du patronage de la Vierge dans le phénomène de sacralisation de l’île.
Nous nous permettons une parenthèse pour remarquer la proximité, de ce point de vue, entre la Corse et l’Italie. En effet, la Sainte Marie occupe une place importante dans la culture italienne[8].
Si l’on fait, à nouveau, une incursion dans le domaine musical, on le remarque même dans des succès très récents, où la figure de Marie (accompagnée de celle de Jésus, ou de Dieu) est mise au service de revendications féministes à travers des chansons résolument transgressives[9].
Si la Corse n’use pas, à l’heure actuelle, de cette figure de manière transgressive, une certaine similarité est toutefois à remarquer dans l’importance de la figure de la Vierge.
Cette parenthèse refermée, nous pouvons revenir à l’événement nous intéressant ici : la Corse et son peuple accueillant le Saint-Père le 15 décembre 2024. La précision « et son peuple » est fondamentale. Car c’est bien le peuple corse qui avait l’honneur de recevoir le Saint-Père. Signalons qu’à l’annonce de sa venue, nombreux sont les journalistes, commentateurs ou politiques à avoir parlé « d’honneur pour la Corse et le peuple corse »[10].
C’est donc bien le peuple corse qui recevait le Saint-Père, le peuple corse dans toutes ses composantes générationnelles, des plus jeunes -retenons les mots du pape : « Avete visto la quantità di bambini [11]? », aux plus âgés – nous pensons à la présence de la doyenne d’Ajaccio, Jeannette Mari.
Toutes les tendances politiques étaient également présentes, tant à la conclusion du colloque sur la religiosité populaire en Méditerranée qu’à la messe au Casone. Les élus de tous les territoires de l’île y assistaient et s’étaient largement investis pour permettre à leurs administrés de se rendre à Ajaccio.
Relevons également l’immense mobilisation populaire : des milliers de personnes s’étant déplacées en bus puis à pied depuis l’entrée de la ville, prouvant ainsi leur grande motivation. Grande motivation des fidèles et plus largement de la population, car parmi la foule, tous n’étaient pas catholiques. C’est d’ailleurs également le cas lors des autres manifestations religieuses de l’île[12], ce qui illustre la dimension culturelle de ces évènements.
Signalons aussi la grande mobilisation dans les territoires où écrans géants, crèches et autres symboles avaient été installés pour permettre à ceux ne pouvant se déplacer de vivre ce moment en communion.
L’importance de la venue du pape pour les territoires s’est également manifestée à travers l’installation de panneaux, voire de monuments, y compris dans des lieux parfois fort éloignés d’Ajaccio. Observons ici les panneaux -encore présents lorsque nous écrivons ces lignes- posés à Migliacciaru dans le Fium’orbu, ou encore le monument érigé à Meria, dans le Cap corse.
Figure 3: Panneau Habemus Papam Diu Vi Salve Regina posé à Migliacciaru.
Figure 4 : Monument : Le 15 décembre 2024, Pour la venue du pape François en Corse, à Meria.
Autre élément d’importance, la réponse à l’appel de l’évêché de la part des commerçants ajacciens. C’est ainsi que de très nombreuses crèches ont été installées dans les vitrines, encouragées par le Vicaire Général d’Ajaccio. Là encore, il s’agit bien de l’expression d’une forme singulière de laïcité.
Figure 5 : Crèches et messages de bienvenue à Ajaccio.
Autre illustration de cette laïcité, la réponse d’autres communautés religieuses à l’appel aux dons pour financer l’évènement, lancé par l’Église de Corse. Nous pensons notamment à l’Association des bienfaiteurs marocains de Corse qui a consenti un don très important de 10 000€. Cette participation est le témoignage de la dimension non seulement cultuelle mais également culturelle de cet événement.
Toujours sur cette question de la laïcité corse, le moment qui nous en semble le plus illustratif est la lecture -religieuse- faite par la présidente de l’Assemblée de Corse, à la messe au Casone. Reconnaissons que du point de vue de la laïcité française, cela avait de quoi surprendre, voire choquer. Rien de tel dans l’île où ce moment a été ressenti comme parfaitement naturel.
Constatons un autre élément essentiel, cette lecture -la première de la messe- a été faite en langue corse, langue qui était également fortement présente durant cette journée (messages à l’attention du Saint-Père de la part des fidèles, chants corses à l’honneur, affichage « A Pace » au Casone, visuel de la journée « Papa Francescu in Corsica », etc.).
Le peuple corse accueillait le Saint-Père avec ses symboles mais aussi avec sa langue[13]. En somme, la Corse recevait le pape en étant elle-même et en lui offrant le meilleur d’elle-même.
Avant de conclure, intéressons-nous quelques instants aux mois qui ont suivi cet événement historique où cette laïcité corse a trouvé à se manifester.
Nous le savons, ce voyage sera pour le pape François, le dernier.
Durant sa fin de vie, puis au moment de son décès, la Corse a été de nouveau en communion avec François. C’est ainsi qu’à sa mort, un hommage populaire lui était rendu au Casone, dont les images ne sont pas sans rappeler celles du 15 décembre. La société civile a également témoigné son émotion, comme nous l’illustrons ici avec ces images des supporters de l’Athletic Club Ajaccien (ACA).
Figure 6 : Hommage des supporters de l’ACA au pape François.
À l’Assemblée de Corse, des journées de deuil ont très vite été décrétées. Cela n’a suscité aucune polémique, à l’inverse de ce qui s’est produit dans l’hexagone[14].
Les drapeaux de l’Assemblée de Corse ont également été mis en berne. Dans l’histoire récente de l’île, les deux derniers précédents en la matière ont eu lieu à l’occasion des décès d’Edmond Simeoni, puis d’Yvan Colonna[15]. Ces deux figures apparaissent comme éminemment symboliques, voire sacralisées dans l’île. On peut alors se demander si le pape François ne rejoint pas actuellement le Panthéon des héros insulaires. Si l’on se penche, comme nous l’avons fait précédemment, sur le domaine de la création et de la mode, il convient de remarquer que François fait désormais partie des personnages apparaissant sur les articles proposés par les créateurs insulaires[16], aux côtés d’autres figures sacralisées, comme l’illustrent les images 7 et 8 présentées ci-dessous :
Figure 7 : Œuvre de l’artiste Marcè Lepidi Acquaviva où l’on retrouve, entre autres, le pape François et Napoléon.
Figure 8 : L’hommage de la marque L’Oru, au moment du décès du pape François.
Il conviendra d’observer ce phénomène au sein de la société corse dans les prochains mois et années pour confirmer ou infirmer cette hypothèse.
Ce que nous pouvons déjà observer est l’écho du message de solidarité porté par le pape François dans l’île, qui a probablement joué un rôle dans l’attachement des Corses à ce pape, valorisant des valeurs proches des leurs[17].
Cela s’observe notamment avec la création de nouvelles confréries[18], ayant une volonté claire de renouer avec le rôle historique de ces organisations : rôle non seulement religieux, mais aussi social. C’est ainsi que la confrérie étudiante San Gregoriu nouvellement créée, affirme clairement ses intentions de lutter contre la précarité étudiante, aux côtés de l’association Aiutu studientinu[19]. C’était également le cas de la volonté d’aide aux personnes âgées portée par la confrérie d’Ucciani recréée en septembre dernier et présentée ainsi lors du journal télévisé de Via stella :
« Avant-hier était intronisée la confrérie Sant’Antoninu, confrérie mixte de 17 membres, qui était restée inactive depuis 1922. C’est en décembre dernier que les habitants ont eu le déclic, au moment de la venue du pape en Corse. Beaucoup de monde et beaucoup de projets à venir car en plus de perpétuer la foi, les consœurs et confrères d’Ucciani veulent contribuer à la vie sociale et aider les anciens[20]. »
Dans les mois qui ont suivi la visite du pape, un autre événement d’importance est à souligner, le pèlerinage des Corses pour le Jubilé. Ils étaient 1200 à Rome en mai dernier. Hasard du calendrier, ce déplacement prévu de longue date a eu lieu en même temps que la messe d’inauguration du Pontificat de Léon XIV, le dimanche 18 mai. On peut souligner le nombre important de Bandere présentes à Rome pour l’occasion[21]. Notons également la présence d’un drapeau corse pour la fumée blanche et l’Habemus Papam prononcé par le cardinal Mamberti, mais aussi le jour de Pâques pour ce qu’on ignorait être la dernière apparition du pape François.
Enfin, avant de conclure, présentons quelques éléments plus constants dans le temps, illustratifs de cette laïcité.
Signalons par exemple les relations importantes entre l’Église, les représentants politiques, mais aussi les représentants économiques et les médias. Le terme de « relation » ne signifie pas qu’il y ait confusion entre les différentes sphères, mais bien qu’il existe un véritable dialogue entre elles. C’est ainsi que les prêtres sont fréquemment invités dans les médias. Nous pensons par exemple à la chronique Padre Nicoli[22], sur Ici RCFM.
Nous pensons également à l’organisation récurrente de messes en l’honneur de héros de l’histoire de l’île. C’est ainsi que le 6 avril dernier, à l’occasion du tricentenaire de la naissance de Pasquale Paoli, une messe anniversaire[23] était célébrée à Morosaglia par le cardinal Bustillo. Un mois plus tard, comme tous les 5 mai, c’est à Ajaccio que la messe était donnée par le Vicaire général Constant, pour commémorer la mort de Napoléon.
L’important, du point de vue qui est le nôtre ici, est surtout la communication énergique réalisée par l’Église et les médias concernant ces événements, comme l’illustrent les images ci-dessous.
Figure 9 : Communication de l’Église de Corse au sujet de la messe anniversaire de la mort de Napoléon.
Cela nous semble illustratif du rôle joué par l’Église dans la sacralisation des symboles politiques de l’île, et donc de l’interrelation entre les différents espaces sociaux.
À cet égard, et pour conclure sur une note humoristique, faisons mention de cette affiche commandée par l’Église de Corse, à l’occasion de l’Épiphanie.
Figure 10 : Affiche réalisée par Julien Osty et commandée par l’Église de Corse.
Lors de la visite du pape François, et durant les mois qui ont suivi, la laïcité corse a ainsi trouvé à s’exprimer avec une intensité inédite, du fait du caractère historique de l’évènement. Nous avons pu observer, à cette occasion, l’interrelation entre sacré de nature religieuse et sacralisation politique, mais également l’importance culturelle du religieux.
Comment ne pas voir que l’on est ici assez loin de la « laïcité-combat » dont le professeur Jacques Viguier rappelle qu’elle repose sur « une certaine méfiance par rapport à des religions, qui apparaitraient excessivement prosélytes, insusceptibles alors de respecter les principes fondamentaux sur lesquels repose la République française »[24].
Cette laïcité corse singulière, et cette façon de vivre le sacré, sont le fruit d’une histoire et d’un imaginaire spécifique.
Elle a été théorisée d’un point de vue scientifique, notamment lors du colloque international organisé en octobre 2024 par la revue Lumi[25].
Elle a été affirmée politiquement, notamment lors de la session de l’Assemblée de Corse précédant la venue du pape.
Elle a été reconnue par le pape lui-même avec ces mots « Vous êtes un exemple vertueux en Europe[26] ».
Surtout, il s’agit d’une laïcité vécue et partagée, issue d’une culture et d’une manière singulière d’être au monde.
[1] Revue Lumi, n°5, Religions et laïcités, janvier 2025.
[1] Revue Lumi, n°5, Religions et laïcités, janvier 2025.
[2] C’est cette même Cunsulta qui aurait ...
[2] C’est cette même Cunsulta qui aurait placé l’île sous la protection de la Vierge Marie. C’est, du moins, ce que la mémoire en a retenu. Quant à ce qui est des fondements historiques, cela fait aujourd’hui l’objet de débats entre historiens, certains doutant même que cette Cunsulta se soit réellement tenue.
[3] Et en particulier à l’imaginaire des révolutions de Corse, ainsi qu’à l’imaginaire paoliste (lié à la période d’indépendance de l’île sous Pasquale Paoli). Cet imaginaire est aujourd’hui très présent dans l’île, comme en témoignent les très nombreuses célébrations ayant lieu en 2025, pour commémorer le...
[3] Et en particulier à l’imaginaire des révolutions de Corse, ainsi qu’à l’imaginaire paoliste (lié à la période d’indépendance de l’île sous Pasquale Paoli). Cet imaginaire est aujourd’hui très présent dans l’île, comme en témoignent les très nombreuses célébrations ayant lieu en 2025, pour commémorer le tricentenaire de la naissance de celui qui est considéré comme U babbu di a patria (Le père de la patrie) : cycles de conférences, fresques à son effigie, résidence de création, etc.
[4] Les lieux de mémoire, sous la direction de Pierre Nora, 3 t., 7 vol., Gallimard, 1984-1992.
[4] Les lieux de mémoire, sous la direction de Pierre Nora, 3 t., 7 vol., Gallimard, 1984-1992.
[5] Trad. :
Je te vois mon drapeau
Dans chaque mont sculpté
Dans chaque pin, chaque chêne
Chaque châtaigner blessé
Tu es pour moi l’écorce hardie
De l’arbre toujours debout
O mon drapeau, O mon drapeau
[5] Trad. : Je te vois mon drapeau
Dans chaque mont sculpté
Dans chaque pin, chaque chêne
Chaque châtaigner blessé
Tu es pour moi l’écorce hardie
De l’arbre toujours debout
O mon drapeau, O mon drapeau
[6] Notamment l’album photo édité par l’Église de Corse (« Papa Francescu in Corsica, l’album photo », Église de Corse, mars 2025), et le hors-série de Corse-matin « Parmi les....
[6] Notamment l’album photo édité par l’Église de Corse (« Papa Francescu in Corsica, l’album photo », Église de Corse, mars 2025), et le hors-série de Corse-matin « Parmi les siens, Papa Francescu in Corsica, XV XII MMXXIV », avril 2025.
[7]Sur cette question des drapeaux, le sociolinguiste Romain Colonna remarque : « L’expression de cette identité s’est faite aussi à travers les milliers de drapeaux corses tout au long de la journée qui ont jalonné le parcours du pape et ont été ...
[7]Sur cette question des drapeaux, le sociolinguiste Romain Colonna remarque : « L’expression de cette identité s’est faite aussi à travers les milliers de drapeaux corses tout au long de la journée qui ont jalonné le parcours du pape et ont été agités pendant toute la messe finale. Point de bleu-blanc-rouge, pas un seul drapeau français de toute la journée. Sans doute que ce jour-là, au moment où les Corses, croyants ou non, accueillaient et rentraient en communion avec le Pape, avaient-ils besoin de l’exprimer ainsi, paisiblement ». (Romain Colonna, « Visita di u Papa in Corsica: la paix des langues a-t-elle eu lieu ? », Rivista Robba, mai 2025, Visita di u Papa in Corsica: la paix des langues a-t-elle eu lieu ?
[8] Voir à ce sujet l’article du conférencier TEDX Gesù Antonio Baez, « L’amore di una madre: gli italiani e la Madonna », Site Italy Segreta, septembre 2023, L'amore di una madre: gli italiani e la Madonna - Italy...
[8] Alexis de Tocqueville, L'Ancien Régime et la Révolution, 1856 ; Edmond Burke, Reflections on the Revolution in France, 1790 ; Germaine de Staël, Considérations sur les principaux événements de la Révolution française, depuis son origine jusques et compris le 8 juillet 1815, ouvrage posthume publié par M. le duc de Broglie et M. le baron de Staël, Paris, 3 volumes, 1818.
[9] Nous pouvons citer, entre autres, Maschio d’AnnaLisa Scarrone (extrait: Ma te lo giuro su Maria L'amore cieco è una teoria (...) Ma perdona i miei peccati come ha fatto Gesù - Trad. : Mais je te le jure sur Marie L’amour aveugle est une théorie (...) Mais pardonne mes péchés comme l’a fait Jésus) ou le très transgressif Ave Maria de Margherita Vicario (extrait : Ave Maria in piena disgrazia tu portami via tra le tue braccia -Trad.: Ave Maria en pleine disgrâce emmène-moi entre tes bras)...
[9] Nous pouvons citer, entre autres, Maschio d’AnnaLisa Scarrone (extrait: Ma te lo giuro su Maria L'amore cieco è una teoria (...) Ma perdona i miei peccati come ha fatto Gesù - Trad. : Mais je te le jure sur Marie L’amour aveugle est une théorie (...) Mais pardonne mes péchés comme l’a fait Jésus) ou le très transgressif Ave Maria de Margherita Vicario (extrait : Ave Maria in piena disgrazia tu portami via tra le tue braccia -Trad.: Ave Maria en pleine disgrâce emmène-moi entre tes bras).Cette observation mériterait d’être approfondie par une recherche scientifique plus étayée qui n’est évidemment pas l’objet du présent article.
[10] Note sur la notion de peuple corse : bien qu'étant un marqueur du mouvement nationaliste moderne, signalons qu'elle est employée par l'ensemble de la classe....
[10] Note sur la notion de peuple corse : bien qu'étant un marqueur du mouvement nationaliste moderne, signalons qu'elle est employée par l'ensemble de la classe politique insulaire. Citons, à titre d'exemple, quelques mots de du témoignage de l'un des chefs communistes de la résistance dans l'île, Léo Micheli, lors du procès de militants nationalistes devant la Cour de sureté de l’État en 1979 : « Ils témoignent tous ici, à leur manière, qui n’est pas la mienne, qu'ils sont, que nous sommes le Peuple Corse. Issus de la terre de Corse ou d’ailleurs, ils font aujourd'hui, avec bien d’autres, le Peuple Corse. (…) Oui, on a rappelé tout à l’heure que j’avais, dans la clandestinité, sous l'Occupation, participé avec d’autres, à lancer un appel aux armes, que j’avais été appelé, au nom de mon Parti, à rédiger le 1er Mai 1943, un "Appel au Peuple Corse" dans lequel il préconisait ceci : "la Libération de la Corse doit être, en premier lieu, l'œuvre du Peuple Corse lui-même". Ce qui d'ailleurs fut fait ! », témoignage de Léo Micheli publié par Rivista Robba, octobre 2023, Léo Micheli et le peuple corse.
[11] Pape François, discussion avec les journalistes lors du vol retour Ajaccio-Rome.
[11] Pape François, discussion avec les journalistes lors du vol retour Ajaccio-Rome.
[12] Sur cette question, voir les travaux d’Anghjulina Antonetti.
[12] Sur cette question, voir les travaux d’Anghjulina Antonetti.
[13] Sur la question linguistique et notamment sur le plurilinguisme en usage durant cette journée, nous renvoyons le lecteur à l'article de Romain Colonna, précédemment cité (Romain Colonna, « Visita di u Papa in Corsica : la paix des langues a-t-elle eu lieu ? », op.cit.).
[13] Sur la question linguistique et notamment sur le plurilinguisme en usage durant cette journée, nous renvoyons le lecteur à l'article de Romain Colonna, précédemment cité (Romain Colonna, « Visita di u Papa in Corsica : la paix des langues a-t-elle eu lieu ? », op.cit.).
[14] Évoquons, à titre d’exemple, les mots du député Alexis Corbière, cité par BFM TV le 23 avril 2025 : « Je salue le pape et les nombreux combats qu'il menait notamment en faveur des plus démunis. Mais la France est une...
[14] Évoquons, à titre d’exemple, les mots du député Alexis Corbière, cité par BFM TV le 23 avril 2025 : « Je salue le pape et les nombreux combats qu'il menait notamment en faveur des plus démunis. Mais la France est une République laïque et je ne suis pas favorable à ce que les drapeaux soient mis en berne pour la disparition d’une autorité religieuse ».
[15] Le premier est généralement considéré comme le père du nationalisme corse moderne, tandis que le second est souvent considéré comme un innocent condamné et tué, ce qui en fait – pour de nombreux Corses – une figure christique.
[15] Le premier est généralement considéré comme le père du nationalisme corse moderne, tandis que le second est souvent considéré comme un innocent condamné et tué, ce qui en fait – pour de nombreux Corses – une figure christique.
[16] Comme c'est le cas des héros de l'île, de Pasquale Paoli à Edmond Simeoni (voir à ce sujet la remise à la mode du tee-shirt « Autonunia » porté par Edmond Simeoni à Aleria, auquel le journal Corse-matin consacrait un article le 5 septembre dernier : « Aleria 1975 : le tee-shirt devenu une icône », Settimana, 5 septembre 2025).
[16] Comme c'est le cas des héros de l'île, de Pasquale Paoli à Edmond Simeoni (voir à ce sujet la remise à la mode du tee-shirt « Autonunia » porté par Edmond Simeoni à Aleria, auquel le journal Corse-matin consacrait un article le 5 septembre dernier : « Aleria 1975 : le tee-shirt devenu une icône », Settimana, 5 septembre 2025).
[17] Au sujet de la valeur solidarité dans l’île, voir l’un de nos précédents articles : « Les représentations mentales et sociales...
[17] Au sujet de la valeur solidarité dans l’île, voir l’un de nos précédents articles : « Les représentations mentales et sociales des informations stratégiques en matière de modèles de développement : Le cas du Plan d’Aménagement et de Développement Durable de la Corse de 2015 », Conférence Internationale sur l’Intelligence Stratégique et Développement Insulaire, Université de Corse, Corte, 2 juin 2022.
[18] Même si nous savons que le regain des confréries dans l'île est bien antérieur à la visite du pape et qu'elles étaient d'ailleurs à l'honneur le 15 décembre.
[18] Même si nous savons que le regain des confréries dans l'île est bien antérieur à la visite du pape et qu'elles étaient d'ailleurs à l'honneur le 15 décembre.
[19] « Corte : la confrérie universitaire de San Gregoriu créée », Corse net infos, 11 mars 2025, Corte : la confrérie universitaire de San Grégoriu créée
[19] « Corte : la confrérie universitaire de San Gregoriu créée », Corse net infos, 11 mars 2025, Corte : la confrérie universitaire de San Grégoriu créée
[20] Corsica Sera, Via stella, 04 septembre 2025.
[20] Corsica Sera, Via stella, 04 septembre 2025.
[21] Bandere dont nous avons précédemment exposé la signification.
[21] Bandere dont nous avons précédemment exposé la signification.
[22] Chronique hebdomadaire du père Georges Nicoli.
[22] Chronique hebdomadaire du père Georges Nicoli.
[23] Comme c’est le cas chaque année, mais avec moins de médiatisation.
[23] Comme c’est le cas chaque année, mais avec moins de médiatisation.
[24] Jacques Viguier, « Soliloque iconoclaste sur la laïcité-combat, 28 avril 2024, Questions constitutionnelles. Revue de droit constitutionnel, https://questions-constitutionnelles.fr/soliloque-iconoclaste-sur-la-laicite-combat/
[24] Jacques Viguier, « Soliloque iconoclaste sur la laïcité-combat, 28 avril 2024, Questions constitutionnelles. Revue de droit constitutionnel, https://questions-constitutionnelles.fr/soliloque-iconoclaste-sur-la-laicite-combat/
[25] Voir notamment les travaux de Pierre-François Marchiani, Anghjulina Antonetti, Battista Acquaviva, Erick Miceli, Sébastien Quenot, Caroline Rose Torres, Thibaut Dauphin, Don-Mathieu Santini et Jean-Guy Talamoni.
[25] Voir notamment les travaux de Pierre-François Marchiani, Anghjulina Antonetti, Battista Acquaviva, Erick Miceli, Sébastien Quenot, Caroline Rose Torres, Thibaut Dauphin, Don-Mathieu Santini et Jean-Guy Talamoni.
[26] Discours du Saint-Père, Palais des Congrès et d’Exposition d’Ajaccio, dimanche 15 décembre 2024.
[26] Discours du Saint-Père, Palais des Congrès et d’Exposition d’Ajaccio, dimanche 15 décembre 2024.
[1] Revue Lumi, n°5, Religions et laïcités, janvier 2025.
[2] C’est cette même Cunsulta qui aurait placé l’île sous la protection de la Vierge Marie. C’est, du moins, ce que la mémoire en a retenu. Quant à ce qui est des fondements historiques, cela fait aujourd’hui l’objet de débats entre historiens, certains doutant même que cette Cunsulta se soit réellement tenue.
[3] Et en particulier à l’imaginaire des révolutions de Corse, ainsi qu’à l’imaginaire paoliste (lié à la période d’indépendance de l’île sous Pasquale Paoli). Cet imaginaire est aujourd’hui très présent dans l’île, comme en témoignent les très nombreuses célébrations ayant lieu en 2025, pour commémorer le tricentenaire de la naissance de celui qui est considéré comme U babbu di a patria (Le père de la patrie) : cycles de conférences, fresques à son effigie, résidence de création, etc.
[4] Les lieux de mémoire, sous la direction de Pierre Nora, 3 t., 7 vol., Gallimard, 1984-1992.
[5] Trad. :
Je te vois mon drapeau
Dans chaque mont sculpté
Dans chaque pin, chaque chêne
Chaque châtaigner blessé
Tu es pour moi l’écorce hardie
De l’arbre toujours debout
O mon drapeau, O mon drapeau
[6] Notamment l’album photo édité par l’Église de Corse (« Papa Francescu in Corsica, l’album photo », Église de Corse, mars 2025), et le hors-série de Corse-matin « Parmi les siens, Papa Francescu in Corsica, XV XII MMXXIV », avril 2025.
[7]Sur cette question des drapeaux, le sociolinguiste Romain Colonna remarque : « L’expression de cette identité s’est faite aussi à travers les milliers de drapeaux corses tout au long de la journée qui ont jalonné le parcours du pape et ont été agités pendant toute la messe finale. Point de bleu-blanc-rouge, pas un seul drapeau français de toute la journée. Sans doute que ce jour-là, au moment où les Corses, croyants ou non, accueillaient et rentraient en communion avec le Pape, avaient-ils besoin de l’exprimer ainsi, paisiblement ». (Romain Colonna, « Visita di u Papa in Corsica: la paix des langues a-t-elle eu lieu ? », Rivista Robba, mai 2025, Visita di u Papa in Corsica: la paix des langues a-t-elle eu lieu ?
[8] Voir à ce sujet l’article du conférencier TEDX Gesù Antonio Baez, « L’amore di una madre: gli italiani e la Madonna », Site Italy Segreta, septembre 2023, L’amore di una madre: gli italiani e la Madonna – Italy Segreta – Cultura , qui interroge le rôle maternel de la figure de la Vierge en Italie.
[9] Nous pouvons citer, entre autres, Maschio d’AnnaLisa Scarrone (extrait: Ma te lo giuro su Maria L’amore cieco è una teoria (…) Ma perdona i miei peccati come ha fatto Gesù – Trad. : Mais je te le jure sur Marie L’amour aveugle est une théorie (…) Mais pardonne mes péchés comme l’a fait Jésus) ou le très transgressif Ave Maria de Margherita Vicario (extrait : Ave Maria in piena disgrazia tu portami via tra le tue braccia -Trad.: Ave Maria en pleine disgrâce emmène-moi entre tes bras).
Cette observation mériterait d’être approfondie par une recherche scientifique plus étayée qui n’est évidemment pas l’objet du présent article.
[10] Note sur la notion de peuple corse : bien qu’étant un marqueur du mouvement nationaliste moderne, signalons qu’elle est employée par l’ensemble de la classe politique insulaire. Citons, à titre d’exemple, quelques mots de du témoignage de l’un des chefs communistes de la résistance dans l’île, Léo Micheli, lors du procès de militants nationalistes devant la Cour de sureté de l’État en 1979 : « Ils témoignent tous ici, à leur manière, qui n’est pas la mienne, qu’ils sont, que nous sommes le Peuple Corse. Issus de la terre de Corse ou d’ailleurs, ils font aujourd’hui, avec bien d’autres, le Peuple Corse. (…) Oui, on a rappelé tout à l’heure que j’avais, dans la clandestinité, sous l’Occupation, participé avec d’autres, à lancer un appel aux armes, que j’avais été appelé, au nom de mon Parti, à rédiger le 1er Mai 1943, un « Appel au Peuple Corse » dans lequel il préconisait ceci : « la Libération de la Corse doit être, en premier lieu, l’œuvre du Peuple Corse lui-même ». Ce qui d’ailleurs fut fait ! », témoignage de Léo Micheli publié par Rivista Robba, octobre 2023, Léo Micheli et le peuple corse.
[11] Pape François, discussion avec les journalistes lors du vol retour Ajaccio-Rome.
[12] Sur cette question, voir les travaux d’Anghjulina Antonetti.
[13] Sur la question linguistique et notamment sur le plurilinguisme en usage durant cette journée, nous renvoyons le lecteur à l’article de Romain Colonna, précédemment cité (Romain Colonna, « Visita di u Papa in Corsica : la paix des langues a-t-elle eu lieu ? », op.cit.).
[14] Évoquons, à titre d’exemple, les mots du député Alexis Corbière, cité par BFM TV le 23 avril 2025 : « Je salue le pape et les nombreux combats qu’il menait notamment en faveur des plus démunis. Mais la France est une République laïque et je ne suis pas favorable à ce que les drapeaux soient mis en berne pour la disparition d’une autorité religieuse ».
[15] Le premier est généralement considéré comme le père du nationalisme corse moderne, tandis que le second est souvent considéré comme un innocent condamné et tué, ce qui en fait – pour de nombreux Corses – une figure christique.
[16] Comme c’est le cas des héros de l’île, de Pasquale Paoli à Edmond Simeoni (voir à ce sujet la remise à la mode du tee-shirt « Autonunia » porté par Edmond Simeoni à Aleria, auquel le journal Corse-matin consacrait un article le 5 septembre dernier : « Aleria 1975 : le tee-shirt devenu une icône », Settimana, 5 septembre 2025).
[17] Au sujet de la valeur solidarité dans l’île, voir l’un de nos précédents articles : « Les représentations mentales et sociales des informations stratégiques en matière de modèles de développement : Le cas du Plan d’Aménagement et de Développement Durable de la Corse de 2015 », Conférence Internationale sur l’Intelligence Stratégique et Développement Insulaire, Université de Corse, Corte, 2 juin 2022.
[18] Même si nous savons que le regain des confréries dans l’île est bien antérieur à la visite du pape et qu’elles étaient d’ailleurs à l’honneur le 15 décembre.
[19] « Corte : la confrérie universitaire de San Gregoriu créée », Corse net infos, 11 mars 2025, Corte : la confrérie universitaire de San Grégoriu créée
[20] Corsica Sera, Via stella, 04 septembre 2025.
[21] Bandere dont nous avons précédemment exposé la signification.
[22] Chronique hebdomadaire du père Georges Nicoli.
[23] Comme c’est le cas chaque année, mais avec moins de médiatisation.
[24] Jacques Viguier, « Soliloque iconoclaste sur la laïcité-combat, 28 avril 2024, Questions constitutionnelles. Revue de droit constitutionnel, https://questions-constitutionnelles.fr/soliloque-iconoclaste-sur-la-laicite-combat/
[25] Voir notamment les travaux de Pierre-François Marchiani, Anghjulina Antonetti, Battista Acquaviva, Erick Miceli, Sébastien Quenot, Caroline Rose Torres, Thibaut Dauphin, Don-Mathieu Santini et Jean-Guy Talamoni.
[26] Discours du Saint-Père, Palais des Congrès et d’Exposition d’Ajaccio, dimanche 15 décembre 2024.